"Ne vous inquiétez pas, nous serons champions. Ne vous inquiétez pas !". Ces mots de Burak Yilmaz à l'issue du match nul frustrant des Dogues contre les Verts dimanche dernier (0-0) démontrent toute la détermination du "Kral", véritable talisman du LOSC cette saison. Ils transmettent aussi ce terrible sentiment de la peur du vide, de la pression avant de jouer un match déterminant. Car qu'on ne se trompe pas, généralement, si on a besoin de rappeler à un groupe de ne pas s'inquiéter, c'est qu'inquiétude, il y a.
Et cette dernière est compréhensible à l'approche de cette fin de saison historique pour Lille. Le souffle d'un poursuivant n'est jamais facile à gérer, et il pourrait presque devenir insupportable quand il s'agit de celui d'un PSG si puissant ces dernières années et déterminé à ne rien lâcher jusqu'au bout. Mbappé et consorts n'ont pas leur destin entre leurs mains, mais vont tout faire pour provoquer le destin. A Lille, la mission est de chasser la montée inévitable des attentes et de l'appréhension.
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Le champion de France reprend l'entraînement sans entraîneur
01/07/2021 À 15:25
On se lâche et on y va
Si Burak Yilmaz a eu la réaction d'un leader, l'autre homme fort de l'effectif, Benjamin André, a aussi appelé ses troupes à du relâchement. "Il ne faut pas surjouer ou en rajouter, il faut rester serein et bien concentré, a déclaré l'ancien Rennais en conférence de presse d'avant-match. La pression, c'est normal qu'elle monte. Il y a la bonne pression et la surpression. On se lâche et on y va". Plus facile à dire qu'à faire pour un groupe encore très jeune, et qui a montré de la "crispation" selon son entraîneur Christophe Galtier le week-end dernier.

"Lille serait le champion le plus improbable depuis 25 ans"

"J'avais parlé de nervosité, c'était plutôt de la crispation. J'en ai parlé évidemment à mes joueurs, a reconnu le technicien nordiste. Je les ai rassurés sur le fait qu'il fallait quatre points pour décrocher le titre et qu'ils avaient fait une certaine partie du chemin en prenant un point". Désormais, il faut donc aller s'imposer en terre angevine, face à un SCO douzième de Ligue 1, a priori loin d'être invincible à domicile, et qui restait sur cinq matches sans victoire à Raymond-Kopa avant le dernier succès contre Dijon (3-0). Sur le papier, les Lillois n'ont rien à craindre. Mais sur le papier, ils n'avaient pas grand- chose à craindre de la réception de Saint-Etienne non plus.

S'inspirer du calme montpelliérain en 2012

Pour le LOSC, il s'agit dorénavant de s'éloigner des ondes négatives. La question pour nous, observateurs, demeure celle-ci : avec un tel enjeu sur un seul match, les Lillois vont-ils avoir les pieds qui tremblent, ou vont-ils au contraire réussir à se sublimer pour aller chercher ce titre de champion de France ?

Lille OSC (LOSC)

Crédit: Imago

L'histoire donne plutôt raison au premier du championnat, puisque les dernières journées n'ont plus été le théâtre d'un changement de leader depuis 2002. Depuis le titre de l'OL acquis cette année-là, ni Lyon en 2008, ni Bordeaux en 2009, ni Montpellier en 2012 n'ont flanché au moment de conclure. En 2012, les Héraultais avaient remporté leur titre de champion à la dernière journée grâce à un succès à Auxerre (2-1) qui avait gardé le PSG à distance. Avant cette ultime journée, le milieu de terrain du MHSC Geoffrey Dernis avait déclaré pour La Voix des Sports : "L'ambiance s'annonce exceptionnelle dans la ville. Pour nous, joueurs, il n'y a pas en revanche d'euphorie particulière. On a fait le décrassage mardi matin normalement et on enchaîne sur une semaine d'entraînement normale. Pour l'instant, on n'a rien gagné". Autrement dit, les Lillois doivent tout faire pour tenter d'appréhender ce match comme une rencontre "normale".

Une saison magnifique quoi qu'il arrive ?

Et pour dédramatiser cet enjeu, Christophe Galtier a opté pour la méthode Coué, en rappelant que même en cas de final malheureux, la saison lilloise resterait aboutie. "Je ne parle pas de pression parce que la saison du LOSC est très belle. Elle est magnifique, a martelé l'entraîneur lillois. Je ne mets pas le groupe sous pression en leur disant qu'il va y avoir encore plusieurs scénarios possibles mais que, tout simplement, ils n'ont aucune inquiétude sur le fait que cette saison est déjà une magnifique saison."
Mais tout de même, après avoir occupé le fauteuil de leader pendant 18 journées en 2020-2021, on peut imaginer la déception immense des Dogues si jamais les rêves qui leur trottent dans la tête depuis des semaines se voyaient anéantis sur la pelouse d'Angers dimanche soir. Sans leur capitaine José Fonte (suspendu), il faudra aux Lillois et à leur entraîneur un supplément d'âme pour se sublimer et passer outre l'enjeu : "Il faut mettre de côté toutes les émotions, qu'elles soient familiales, personnelles, ou liées à l'environnement. On doit les occulter, être lucides et froids". C'est dans ce genre de contexte et avec ce genre de pression que les champions se forgent.

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