Où serait le Stade Rennais sans la Ligue des champions ?
Par Glenn Ceillier
Publié 22/12/2020 à 22:36 GMT+1
LIGUE 1 – Avant de recevoir Metz (19h00), le Stade Rennais reste sur trois victoires en trois matches depuis la fin de la Ligue des champions. Le club breton, qui a affiché une triste moyenne de points en championnat durant la C1, a subi l'impact de la Coupe d'Europe. Mais compte bien maintenant en tirer profit.
Steven Nzonzi avec le Stade Rennais, 2020
Crédit: Getty Images
C'est un vieux serpent de mer au Stade Rennais. L'équipe bretonne est un club de séries, positives ou négatives depuis quelques années. Mais l'avantage, c'est qu'elle connait la recette. Et comment sortir des pires spirales. "Nous avons connu dans le passé des périodes plus compliquées, explique Adrien Hunou. On sait qu'une saison est constituée de hauts et de bas. Qu'il ne faut pas tirer des leçons trop vite. Ne pas oublier d'où on vient. Et continuer à faire les efforts". En novembre, les protégés de Julien Stéphan n'avaient ainsi pas de raison de tirer la sonnette d'alarme. Surtout qu'ils avaient cette fois-ci une excuse toute trouvée avec la Ligue des champions.
Le Stade Rennais a subi de plein de fouet sa première expérience sur la plus grande scène du Vieux Continent. Pendant les quelques semaines de son aventure compliquée en C1, le club breton, qui tournait à 2.1 points lors des sept premières rencontres de la L1 disputées avant le coup d'envoi de la saison européenne, a végété dans son championnat domestique. Six matches en L1 ont eu lieu, pour un total de quatre revers et une seule victoire. Soit 0.66 point par rencontre. Un maigre bilan pour un club qui a largement investi cet été pour disposer d'un effectif assez large pour jouer sur les deux tableaux. Mais ça en dit beaucoup sur l'impact de la Ligue des champions pour un novice. Et peut-être encore plus cette saison.
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Eduardo Camavinga (Rennes)
Crédit: Getty Images
Si excitante soit-elle et si lucrative aussi, la Ligue des champions présente un sérieux défi pour chaque nouveau pas forcément armé pour s'y plonger. Pression médiatique, enchaînement des rencontres, duels d'un autre niveau, les effectifs laissent des forces en Europe tant sur le plan physique que mental et le payent ensuite sur la scène nationale. Avec cette C1 singulière en raison de la pandémie du Covid-19 et des matches presque toutes les semaines, le Stade Rennais n'a pas pu relever le challenge comme il l'espérait.
Si l'aventure en Ligue des champions a été compliquée avec cinq revers et un nul, les Rouge et Noir ne pensaient cependant peut-être pas en faire autant les frais en L1. Car ils ont ainsi dû attendre la dernière journée de la phase de poules de la Ligue des champions pour remettre la marche avant en championnat et enchaîner trois victoires en trois matches. Comme un symbole de l'effet C1. "Ily a eu énormément de rotations avec tous les matches que l'on a eu à faire, constate Julien Stéphan. Là, on a davantage de constance dans les compositions d'équipes, même s'il y a des ajustements en fonction de ce que l'on veut mettre en place et des caractéristiques de l'adversaire. Le fait qu'il y ait moins de rotations permet d'avoir plus d'automatismes, plus de continuité. On en tire les bénéfices en ce moment".
Sans les exigences de la C1, Rennes retrouve ses atouts, sa solidité défensive mais aussi une efficacité certaine. Et pointe à nouveau sa tête en championnat avec une cinquième place riche en promesses. Car au final malgré ce passage difficile lié à la C1, le Stade Rennais n'a pas à rougir de son bilan. "Avoir 28 points après la 16e journée, c'est le deuxième meilleur total jamais réalisé sous l'ère Pinault (ndlr : 1998). Le record, c'était 29 points en 2008-2009, se défend Stéphan. Ça montre bien la qualité sur le plan comptable du début de saison qu'on est en train de réaliser avec une Ligue des champions àgérer."
Libéré de matches européens toutes les semaines, le club d'Ille-et-Vilaine peut-il être encore plus dangereux maintenant en L1 ? "Cette Coupe d'Europe nous a aussi permis d'engranger de l'expérience. On a tous grandi même si ça a été compliqué", prévient Adrien Hunou, bien décidé à "s'en servir" pour vite… la retrouver. "On a laissé beaucoup de force avec la répétition des matches. On est passé par plusieurs états. Y a de la fatigue physique et mentale. Mais quand on est compétiteur, on a envie de jouer ce genre de match, de jouer tous les trois jours. Et de s'y installer". En attendant, il est quand même tentant de se demander où en serait Rennes cette saison sans la Ligue des champions ? "Là, c'est du foot fiction, je ne sais pas", tranche Stephan avec un sourire espiègle.
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