Navas a-t-il quelque chose à se reprocher ?

Non, au contraire. La venue de Donnarumma, tout frais vainqueur de l'Euro 2020 et élu meilleur joueur de la compétition, répond clairement à une logique d'opportunité et rien d'autre. Le gardien italien était libre et le PSG a saisi l'occasion de mettre la main sur l'un des joueurs les plus prometteurs à son poste pour les années à venir. Sa signature ne vient pas répondre à une question de niveau du portier costaricien. La satisfaction des dirigeants parisiens à son égard s'était d'ailleurs matérialisée par une prolongation de contrat en avril dernier de l'ancien madrilène jusqu'en 2024. Elle était justifiée.
Euro 2020
Donnarumma, "le grand gardien de demain" est déjà la référence d'aujourd'hui
10/07/2021 À 22:02
La plus-value apportée par Navas à un poste où Paris a longtemps souffert de ne pas avoir un élément vraiment fiable a été criante au plus haut niveau, c’est-à-dire celui de la Ligue des champions. Il a été l'un des grands artisans du parcours du PSG jusqu'à la finale la saison passée et aux demi-finales durant cet exercice, un stade de la compétition que le club de la capitale n'avait jamais atteint sous l'ère QSI avant son arrivée. Il lui a été reproché une réaction trop tardive sur le premier but de Manchester City en demi-finale aller (1-2) ? A la limite, c'est l'exception qui confirme la règle, sa seule "pseudo-erreur" dans une carrière parisienne immaculée.

"La différence par rapport à 2017, c’est Navas"

Navas souffre-t-il d'un manque de reconnaissance ?

Ce n'est pas comme si Navas n'avait jamais vécu ça. Être irréprochable au plus haut niveau et voir son club embaucher un autre gardien d'envergure internationale, c'est une situation qu'il a déjà connue au Real Madrid. Le Costaricien avait pourtant tenu un rôle déterminant sur les sacres européens du club merengue en 2016, 2017 et 2018. Mais cela n'avait pas empêché la Maison Blanche de débourser 35 millions d'euros pour recruter Thibaut Courtois dans la foulée de la brillante Coupe du monde du Belge en Russie.
Revivre une situation comparable au PSG peut légitimement ressembler à une injustice pour Navas. Qu'un tel phénomène se produise à deux reprises laisse surtout l'impression que le portier de 34 ans reste invariablement sous-coté. Qu'il n'est jamais estimé à sa juste valeur malgré tous les miracles qu'il peut réaliser dans une saison. Et il faut voir au-delà de la partie visible de l'iceberg. Son professionnalisme, son influence positive dans le vestiaire, sa sérénité qu'il parvient à faire rejaillir sur sa défense sont autant d'éléments qui rendent d'autant plus incompréhensible le manque de reconnaissance à son égard.

Thibaut Courtois et Keylor Navas lors de Real-PSG

Crédit: Getty Images

Navas peut-il conserver sa place de numéro un ?

La logique voudrait que ce soit le cas. Déjà parce que Navas est installé dans ce rôle qu'il a parfaitement tenu depuis deux saisons. Aussi parce qu'il dispose d'une expérience en Ligue des champions qui fait défaut à Donnarumma. Une compétition qu'il a donc remportée à trois reprises et dans laquelle il a fait 60 apparitions avec le Real et le PSG. L'Italien, lui, attend encore de jouer ses premières secondes en C1. Compte tenu des ambitions parisiennes dans cette épreuve, il apparaît plus logique que Navas conserve son statut de numéro un. "Cette arrivée, ce n'est pas lui faire un cadeau, Donnarumma n'arrive pas faire pour faire numéro 2", annonce cependant Christophe Lollichon, en charge du développement des gardiens à Chelsea..
Cette expérience qui fait défaut à Donnarumma sur la plus grande scène européenne, c'est au PSG qu'il doit l'acquérir. Et si le club francilien a consenti un effort conséquent sur son salaire, estimé à 10 millions d'euros par an, c'est qu'il est prêt à lui offrir cette perspective. Quitte à reléguer Navas au rang de numéro 2 ? L'idée de la direction parisenne est d'installer une concurrence saine. Même si elle risque de mettre l'entraîneur Mauricio Pochettino dans une situation plutôt inconfortable pour gérer ses gardiens. "Moi, j'aime quand la hiérarchie est claire avec un numéro un et un numéro deux et, à la rigueur, des compétitions qu'on définit à l'avance, explique Lollichon. Depuis que Paris a une hiérarchie claire, ça marche."

Le duel : Donnarumma-Navas, qui est le meilleur ?

Un départ de Navas est-il envisageable ?

C'est la solution ultime. Car un prêt éventuel de Donnarumma, un temps envisagé, ne semble plus d'actualité. L'hypothèse d'un départ de Navas a de quoi faire réfléchir le PSG. Il permettrait déjà d'éviter une cohabitation incertaine entre deux numéros un potentiels pour le rôle de dernier rempart. Elle permettrait surtout à Paris d'alléger sa masse salariale. En additionnant les émoluments de Navas (12 millions d'euros par an), Donnarumma (10 millions d'euros par an) et Sergio Rico (2,5 millions d'euros par an), elle avoisine ainsi les 25 millions d'euros annuels, rien que pour ses trois premiers gardiens, car Paris en a encore d'autres sous contrat. C'est vertigineux.
La signature de Donnarumma, si elle répond aussi à une question d'opportunité, laisse aussi penser que Navas n'incarne plus l'avenir du PSG à 34 ans. Et même si sa prolongation récente laissait plutôt croire l'inverse. "On pouvait encore imaginer Navas faire deux ans à ce niveau étant donné son hygiène de vie", souligne Lollichon. Les dirigeants parisiens écouteront certainement les propositions d'éventuels prétendants pour le portier costaricien désormais. Pour l'instant, ils n'ont pas l'air de se bousculer au portillon. Mais l'ancien Madrilène peut à son tour devenir une belle opportunité sur le marché des gardiens. Similaire qui s'était présentée à Paris en 2018. Et dont il n'a jamais eu à se plaindre de l'avoir saisie.

Keylor Navas a prolongé son contrat avec le PSG jusqu'en 2024

Crédit: Getty Images

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