Cette fois-ci, c'est peut-être la bonne. Si Tiémoué Bakayoko a régulièrement été annoncé du côté du PSG par le passé, l'ancien Monégasque n'a jamais semblé aussi proche de rejoindre la capitale. Le joueur n'a pas fait de mystère sur sa volonté de jouer pour le club de sa ville natale. Et les négociations vont bon train entre Paris et Chelsea selon les informations du Parisien. Si les Blues acceptaient l'idée privilégiée par les dirigeants franciliens d'un prêt gratuit avec option d'achat non obligatoire, il n'y aurait plus vraiment d'obstacles au transfert de l'international français (1 sélection).

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22/09/2020 À 22:03

Bakayoko, 26 ans, pourrait ainsi être l'élu sans avoir été le premier choix du PSG. Pour renforcer son milieu de terrain, Leonardo visait surtout Sergej Milinkovic-Savic. Mais le directeur sportif parisien doit composer avec la réalité du marché et les conséquences économiques de la crise sanitaire. Paris, qui doit d'ailleurs dégraisser dans cette optique, ne peut pas répondre aux exigences financières de la Lazio pour son Serbe. La piste menant au joueur de Chelsea, qui n'entre pas dans les plans de son entraîneur Frank Lampard, est plus abordable. C'est un compromis économique. Mais pas seulement.

Projection et domaine aérien : un profil différent

Bakayoko, ce serait aussi un compromis technique qui répondrait globalement aux critères recherchés par la direction parisienne. Il s'inscrit davantage dans un registre "box-to-box" que les milieux actuels de l'effectif du PSG, notamment par sa faculté à se projeter vers l'avant et apporter un surnombre dans les phases offensives. Il offrirait également un plus dans la percussion avec une capacité à gagner des mètres balle au pied, avec un subtil mélange de technique et de puissance. Des qualités différentes de celles proposées par Marco Verratti, Ander Herrera, Idrissa Gueye ou Leandro Paredes.

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La taille, c'est un autre avantage présenté par Bakayoko par rapport aux quatre joueurs précédemment cités. Son apport dans le jeu aérien est précieux de manière générale et sur les coups de pied arrêtés en particulier. Paris manque justement d'arguments dans ce domaine, encore davantage depuis les départs de Thiago Silva et d'Edinson Cavani cet été. Bakayoko offrirait 189 centimètres bienvenus pour le PSG, tant sur le plan défensif qu'offensif. Même si l'ancien monégasque n'est pas réputé pour marquer beaucoup de buts (11 en 228 matches sur l'ensemble de sa carrière).

Relayeur ou sentinelle : une flexibilité tactique

Thomas Tuchel n'aurait pas vraiment de difficulté à intégrer Bakayoko dans son onze de départ, quel que soit le schéma tactique choisi par le technicien allemand. Le milieu français s'était révélé lors de la formidable saison de Monaco en 2016-17 au sein du 4-4-2 de Leonardo Jardim, un système similaire à celui utilisé le plus souvent par l'entraîneur parisien. Bakayoko formait un duo complémentaire avec Fabinho à la récupération dans une configuration qui lui convenait parfaitement, avec une liberté de mouvement permise par la couverture du Brésilien.

Tiémoué Bakayoko et Fabinho sous le maillot de Monaco en 2016

Crédit: Getty Images

Il semblait alors que Bakayoko s'inscrivait plutôt dans un registre de relayeur que de sentinelle. Il a corrigé cette impression durant son passage à l'AC Milan. Dans le 4-3-3 mis en place par Gennaro Gattuso, le joueur formé à Rennes était la plupart du temps aligné devant la défense. Il avait su se montrer performant dans ce rôle malgré les difficultés rencontrées par le club lombard à l'époque. Le Français donne aussi cette option à Tuchel, qui avait privilégié le 4-3-3 lors du Final 8 avec Marquinhos en sentinelle. Une flexibilité tactique non négligeable, car le Brésilien pourrait être définitivement repositionné en défense centrale si Paris ne recrute pas dans ce secteur.

Echec et erreurs payées cash : la part de risque

Bakayoko a un profil qui a de quoi séduire le PSG. Mais il aurait tout à prouver s'il s'engageait avec le club de la capitale tant sa carrière n'a pas connu la trajectoire jusqu'ici. Il sort certes de deux saisons plutôt abouties dans des clubs prestigieux au creux de la vague, l'AC Milan, où les tifosi rossoneri lui avaient même composé une chanson, et Monaco. Mais son passage à Chelsea, où il devait franchir un cap après avoir été recruté pour 40 millions d'euros à l'ASM en 2017, reste un échec. Le Français a eu sa chance chez les Blues, dans un club aux exigences comparables à celles du PSG, et n'a pas su la saisir.

Difficile de définir les raisons de cet échec, même si une blessure au genou n'a pas favorisé son expérience londonienne. Mais Bakayoko sait ce que payer ses erreurs veut dire. Comme cette relance mal assurée qui avait entraîné un penalty pour l'Espagne lors de sa première sélection avec les Bleus en mars 2017 (0-2). Il n'en a plus connu depuis. Ou ces deux avertissements reçus en cinq minutes qui lui ont valu une expulsion avec Chelsea face à Watford (4-1) en février 2018. Les Blues n'ont plus vraiment compté sur lui après ça. Sûr de sa force et de son jeu, Bakayoko est pétri de talent à l'image de sa première touche de balle. Mais il prend parfois trop de risques dans des zones où le moindre écart se paie cash. C'est tout ce qu'il devrait corriger s'il signait au PSG.

Avec Guillaume Maillard-Pacini

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