La vie avec Depay, c'est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quel Memphis on va tomber. La mère de Forrest Gump aurait pu glisser cette métaphore à l'oreille de tous les supporters lyonnais tant l'attaquant néerlandais de l'OL n'est pas toujours facile à suivre. Avec lui, tout est possible. Il est capable de renverser un match de son talent. A lui tout seul, d'un geste ou même de plusieurs actions d'éclat décisives en moins de 90 minutes, il peut offrir une rencontre sur un plateau à son entraîneur. Mais trois jours plus tard, il peut être que l'ombre de ce joueur étincelant en enchaînant les mauvais choix, en forçant les actions individuelles et en manquant de justesse technique. Voilà le Docteur Memphis et le Mister Depay de l'OL.

Son triplé contre Dijon (4-1) et sa prestation fantomatique à Bordeaux (0-0) l'ont encore rappelé pour débuter cette nouvelle saison de L1. Car ce n'est pas un épiphénomène dans la carrière de Depay sur les bords du Rhône. Les sorties où il a revêtu le costume de héros de la soirée ne manquent. Son triplé pour offrir le C1 à l'OL contre Nice en mai 2018 (3-2) après avoir fini la saison en trombe ou encore sa prestation contre Toulouse (3-2) la saison passée quand il a sauvé les Gones font ainsi partie de ces soirs là où l'ancien Mancunien a pris l'OL sur ses épaules pour l'amener à la victoire. Mais il y a aussi les autres soirs. Ceux où il fait pâle figure. C'est tout le paradoxe de ce joueur talentueux régulièrement montré du doigt pour son attitude désinvolte sur le terrain.

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Memphis Depay et Rudi Garcia lors de Lyon - Dijon, en Ligue 1, le 28 août 2020

Crédit: Getty Images

Depay et "les intermittents du spectacle"

Ce n'est pas nouveau. En novembre 2018, Bernard Lacombe avait déjà tenu à avertir le Néerlandais. "Il a beaucoup de talent, mais il faut faire attention. J’appelle ces gens-là 'les intermittents du spectacle', avait lancé celui qui était alors conseiller de Jean-Michel Aulas sur RMC. Ce n’est pas très gentil, mais il y a un peu de vérité dans ça. Il est capable de retourner un match. Il faut voir le talent qui est le sien. Quand tu veux jouer dans un grand club, le talent c’est une chose. Mais il faut l’exprimer et l’exprimer sur la durée." Depuis, il y a eu de mieux par période. Avant sa rupture du ligament croisé antérieur en décembre dernier, Depay avait ainsi été décisif dans la qualification de l'OL pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions - avec cinq buts en cinq matches lors de la phase de groupes -. Mais sur la même période, il a aussi eu des trous d'air en L1.

Le problème, c'est que Depay a besoin d'être bien dans sa peau. D'être en confiance pour montrer son meilleur profil. Et en ce moment, il a de quoi avoir la tête ailleurs. Entre le match à Dijon et celui de vendredi dernier contre les Girondins, les rumeurs sur un intérêt du Barça se sont en effet intensifiées. Or, il touche là l'un de ses rêves du doigt. "Je veux aller dans un club comme le Real Madrid, le FC Barcelone, Chelsea, Manchester City, le Paris-SG ou le Bayern Munich. Je veux aller dans une ville qui me convient et dans une équipe qui veut vraiment jouer au football", avait lancé le Batave en janvier 2019 au magazine néerlandais Helden.

Forcément, Depay, qui n'a plus qu'un an de contrat, ne doit pas être focus à 100% sur ses objectifs avec l'OL. Là, il est en droit de s'imaginer à Barcelone. Où il pourrait en plus trouver une situation idéale avec Ronald Koeman, celui qui a su le rendre si spécial en le plaçant dans l'axe avec la sélection néerlandaise pour le métamorphoser en leader offensif d'exception. Cependant l'affaire est loin d'être réglée, d'autres noms circulent en Catalogne. Et il faudra sûrement attendre les derniers jours du mercato pour être vraiment fixé. En attendant, Rudi Garcia ne sait pas sur quel Depay il pourra compter. Mais ce n'est finalement pas si nouveau que ça à l'OL.

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