"J'ai suivi bêtement, comme un âne". A la barre, les supporters de l'OM se succèdent et tentent de se justifier devant le tribunal correctionnel de Marseille, où 14 d'entre eux comparaissent mercredi pour les incidents survenus le 30 janvier à la Commanderie. "Je ne pensais pas que ça allait dégénérer autant, assure Mehdy, un chômeur de 25 ans en polaire bleue. J'ai pris des photos, je me suis dit : 'C'est le moment de voir la Commanderie de l'intérieur'". "La prison, c'est vraiment horrible, je ne sors pas de ma cellule", ajoute le jeune homme qui reconnaît avoir participé à la manifestation mais nie toute dégradation.
Âgés de 19 à 37 ans, les 14 prévenus, dont 4 comparaissent détenus, viennent de Marseille pour une minorité, et d'ailleurs en France pour la plupart : Arles, Mâcon, Haute-Marne ou région parisienne. Poursuivis pour avoir participé à un groupement en vue de préparer des violences ou dégradations de biens, et pour certains pour avoir commis des dégradations en réunion, ils encourent 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende.
J'ai vu la possibilité d'un début de dialogue avec les dirigeants
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Interrogés mercredi matin, quatre supporters ont joué la carte de la naïveté. "Pourquoi avoir porté des lunettes, une capuche et avoir été vêtu de noir ?", demande la présidente à Denis, 37 ans, un intérimaire de Montceau-les-Mines, avant de rappeler qu'il a déjà été interdit de stade pour détention de fumigène. "J'étais pas un des leaders, j'ai vu la possibilité d'un début de dialogue avec les dirigeants", rétorque cet "amoureux" de l'OM

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Certains fans ont pénétré dans les locaux de la Commanderie par la vitre brisée du vestiaire de l'ex-entraîneur, André Villas-Boas. Des bureaux ont été dégradés, Alvaro Gonzalez, qui n'a pas souhaité être entendu, "a probablement été blessé à la hanche", énumère la présidente. Le club a chiffré le coût des dégradations à "plusieurs centaines de milliers d'euros". Durant les incidents, sept policiers ont été légèrement blessés et trois de leurs véhicules dégradés.
"Ce dossier est vide", a estimé, pour sa part, en marge de l'audience, Me Nicolas Besset, qui défend deux prévenus et estime les suites judiciaires "complètement disproportionnées". L'enquête a conduit à l'interpellation de cinq autres supporters qui seront jugés le 22 mars dont Christophe Bourguignon, responsable des Ultras (CU84). Depuis, la pression autour du club marseillais n'est pas retombée : réunis il y a quelques jours pour une rare conférence de presse commune, les six groupes de supporters ont de nouveau demandé le départ de Jacques-Henri Eyraud. La direction du club, elle, a menacé de rompre la convention qui lie l'OM et les six associations.
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