Jusqu'ici, il n'y a pas grand-chose de neuf. Sans grande surprise. Nommé au poste d'entraîneur du PSG il y a seulement 15 jours, Mauricio Pochettino est encore dans cette phase où il prend ses marques avec son nouveau groupe. Il est encore trop tôt pour que la fameuse "patte" de l'ancien coach de Tottenham soit déjà visible. Mais certaines évolutions se dessinent déjà. En particulier la volonté d'installer un "playmaker" à sa sauce. Un joueur placé entre le milieu et l'attaque qui symbolise à la fois la liberté créative et l'effort dans le pressing.
Ce sont deux volets essentiels de la philosophie de jeu prônée par le technicien argentin. Le "playmaker" en est l'un des principaux garants. L'importance de ce rôle était déjà très nette durant le mandat de Pochettino chez les Spurs. La difficulté à le tenir aussi tant il est exigeant. Il demande un registre très large à la fois sur le plan physique et technique. Il implique de s'adapter aux autres, là où on imagine naturellement le numéro 10 comme celui auquel les autres s'adaptent. C'est toute la particularité du travail de "playmaker" tel que Pochettino le conçoit.
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15/01/2021 À 07:51

Les vertus de Verratti

Il ne semble pas y avoir de profil type pour occuper ce poste dans l'esprit de l'Argentin. Christian Eriksen, Moussa Dembélé, Erik Lamela ou Dele Alli l'ont tenu sous ses ordres à Tottenham. Tous avec des qualités intrinsèques différentes. Le tour de force de Pochettino, c'est de les avoir tous rendus globalement performants dans cette tâche si délicate. Quitte à forcer la nature de certains. Eriksen en est certainement le meilleur exemple. La capacité du Danois à être décisif a été mise en lumière. Plus que son volume de course, qui en faisait l'un des joueurs les plus actifs de la Premier League. Mais Pochettino a su en faire un marathonien sans dénaturer ses atouts offensifs.

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Ce n'est pas vraiment une surprise si l'Argentin a tenté d'installer Marco Verratti à ce poste pour ses premiers matches à la tête du PSG. L'Italien a la vision du jeu et la qualité de passe pour créer des occasions de but, et ainsi faire des différences dans les 30 derniers mètres. Il a aussi cette activité et cette capacité à lire les actions adverses qui le rendent si performants dans le pressing. Sa présence entre le milieu et l'attaque donne clairement des perspectives pour une récupération de balle plus haute et des combinaisons par du jeu court dans le camp adverse. En ce sens, c'est un profil qui s'inscrit assez bien dans le registre recherché par Pochettino pour ce rôle de "playmaker".

L'évidence Neymar

Mais pas totalement. Déjà parce qu'un joueur placé aussi haut sur le terrain doit aussi être capable de marquer et c'est justement l'une des lacunes de Verratti. Aussi parce que l'Italien est naturellement plus à l'aise au départ des phases de jeu. C'était criant lors du Trophée des champions remporté face à Marseille (2-1). Le milieu parisien a eu beaucoup de mal à se rendre disponible entre les lignes. Il était plus à l'aise quand il décrochait vers ses défenseurs pour revenir à son rôle de prédilection. C'est la limite à laquelle Pochettino s'expose avec le Petit Hibou. Il est certainement plus facile d'apprendre à défendre à un joueur offensif, qu'à attaquer à un joueur défensif.

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L'entraîneur du PSG n'a pas caché que la présence de Verratti à ce poste était aussi dictée par les absences du moment dans son effectif. C'est celle de Neymar qui vient automatiquement à l'esprit. Le génie brésilien est taillé pour un rôle de numéro 10 tant il est capable de faire la différence de multiples façons, par une passe lumineuse, un dribble venu d'ailleurs ou son instinct indéniable de buteur. Que Pochettino le fasse entrer sur l'aile gauche pour son retour de blessure face à Marseille, en conservant Verratti dans son rôle initial, répond certainement davantage au scénario de la rencontre qu'à un choix sur la durée.

Alli, la preuve ultime

Mais le doute est permis. Car Neymar ne remplit pas tous les critères pour endosser le costume de "playmaker" tel que Pochettino le conçoit. De manière générale, le Brésilien ne dégage pas l'énergie nécessaire dans le pressing et son travail reste insuffisant à la perte du ballon. Mais il a déjà montré sur certains grands rendez-vous qu'il était capable de mettre la main à la patte dans les tâches défensives. Qu'il puisse le faire sur chaque rencontre sera vraisemblablement l'un des principaux axes de travail du nouvel entraîneur parisien avec Neymar. S'il y parvenait, cela donnerait une toute autre dimension au niveau collectif du PSG.
Les intentions de Pochettino avec son stratège brésilien restent cependant à définir. Et sa volonté de faire venir Dele Alli à Paris indique que le technicien argentin cherche plutôt un joueur pour tenir ce rôle de "playmaker" qu'à renforcer d'autres secteurs de jeu, notamment la défense. Déjà intéressés l'été dernier, les dirigeants parisiens ont redoublé d'intensité dans leur travail pour attirer le milieu anglais dans la capitale. Si Alli s'est un peu perdu ces dernières années, il avait montré toute l'étendue de son talent en numéro 10 sous les ordres du nouveau coach du PSG. Cet intérêt renforcé montre aussi à quel point ce poste est crucial dans le plan de jeu de Pochettino. Sa réussite à Paris passe par sa capacité à trouver le joueur idoine pour l'occuper.

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