On a beau dire que cela ne sert à rien. Que, de toute manière, il est impossible de confronter les époques et que cela revient, au fond, à comparer les choux et les carottes. Il n'empêche, on aime tous ça. Et tout le monde a, hier comme aujourd'hui, son avis sur la question. Mardi, quand l'information est apparue devant vos yeux, une once de curiosité vous a envahi. Bien évidemment, vous n'avez pas résisté bien longtemps. Vous avez cliqué et découvert que Raï avait été élu meilleur joueur de l'histoire du Paris Saint-Germain.

Comme à chaque fois, vous avez pesé le pour et le contre. Comme toujours, vous vous êtes demandé : d'accord, mais devant qui ? Et puis vos prunelles se sont posées sur le patronyme d'un autre capitaine emblématique du club de la capitale, brésilien lui aussi mais d'Europe : Safet Susic. Deuxième, le milieu de terrain bosnien, figure parisienne des années 80, ne dépareille pas. Enfin, à la troisième place, un ovni, à tous les sens du terme : Ronaldinho. Ronaldinho, devant Zlatan Ibrahimovic, premier joueur estampillé QSI de ce classement organisé par le club à l'occasion du cinquantenaire du PSG.

Ligue 1
Rai élu meilleur joueur de l'histoire du PSG devant Susic et Ronaldinho
29/09/2020 À 16:44

Il y a tant à dire de ce quatuor de tête, tant à dire aussi, de la perception de chacun, des souvenirs, de l'impact d'un nom et d'un joueur dans l'imaginaire collectif. Et, à cet égard, Ronaldinho est forcément un cas à part. Quand Raï incarne le PSG conquérant des années 90, puissance respectée du Vieux Continent avec ses cinq demi-finales européennes de suite et une C2, quand Susic symbolise le décollage du club et ses premiers titres alliés à une classe unique, Ronaldinho n'a pas grand-chose à offrir, collectivement parlant. Sinon des coups d'éclats ici et là, bien rares mais suffisamment marquants. Des souvenirs, simplement.

La place de Ronaldinho sur le podium a quelque chose de baroque, parce que son impact réel sur le Paris Saint-Germain est inversement proportionnel au souvenir qu'il a laissé auprès des supporters, amoureux du champion du monde 2002. Deux ans au club, une victoire en Coupe Intertoto et une fin en eau de boudin. C'est peu, comparé à l’implacable machine Zlatan, qui a gagné tout ce qui était possible et inimaginable sur le sol national. Comme toutes les stars de l'ère QSI.

D'aucuns diront que les votants n'ont pas bien lu la question et se sont prononcés sur le meilleur joueur ayant porté les couleurs du club, ce qui pourrait expliquer la présence de Ronaldinho sur les hauteurs de ce classement. C'est une hypothèse qui tient sur ses deux jambes et que l'on aurait tort d'écarter. Ce scrutin ne serait pas le premier où chacun vient avec sa réponse, faisant fi de la question posée.

Il y avait quelque chose avant

Mais cette troisième place de Ronaldinho, tout autant que les présences de Raï et de Susic aux trois premières places, rappelle aussi combien le cœur est un impondérable et, tel un chien dans un jeu de quilles, balaye nos certitudes et les évidences quand vient l’heure des choix. Ça ne dit pas que c'était mieux avant QSI, mais ça rappelle qu'il y avait bien quelque chose avant, n'en déplaise à qui vous savez. Et que le temps qui passe ne minore pas les accomplissements, il aurait même tendance à les sublimer. On appelle ça la nostalgie.

Avant, le PSG était moins riche. Sauf en termes d'émotions. Si l'adage dit à tort que l'on ne retient que les vainqueurs, le cœur, lui, a ses raisons que la raison ignore. Dans dix ans, quand le PSG mènera probablement la même consultation pour fêter ses 60 ans, le temps propulsera certainement quelques-uns des Parisiens de la décennie écoulée bien plus haut qu’ils ne le sont aujourd’hui. Parce que le temps aura fait son œuvre. Le PSG version QSI a aujourd'hui un gros désavantage : l’époque a fait de la critique et de l'immédiateté le maître-étalon. Le recul viendra avec le temps. Les souvenirs aussi. La nostalgie avec. Ainsi que les honneurs.

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