Faire payer les 15 dernières minutes d'un match, comptabiliser double les buts marqués de l'extérieur de la surface de réparation… Les propositions pour réformer le ballon rond et son mode de diffusion à la télévision ont afflué ces derniers mois pour s'adapter aux nouveaux modes de consommation du football et à un certain délaissement des jeunes pour le petit écran. Et si l'une des solutions n'existait-elle pas déjà ? Un feu indice chez vous: Tutululututututu. Les deux multiplex de Ligue 1 et de Premier League de 21 et 22 mai dernier ont provoqué un fort engouement. Le multiplex anglais a notamment réalisé sa meilleure audience pour le Championnat anglais sur Canal+ depuis janvier 2015 avec une moyenne de 544 000 spectateurs.
Les multiplex vous permettent de recréer une intensité qui n'existe pas forcément dans les matches"
Lutte pour le titre en Angleterre, lutte pour la qualification en Ligue des champions, ou pour les barrages côté français, il faut dire que niveau enjeux les passionnés ne pouvaient pas demander mieux le week-end dernier : "Ces enjeux sont fondamentaux et expliquent beaucoup du succès des multiplex", confie Arnaud Simon, président de Président In&Out Stories et ex-Senior Vice President Sport Europe du groupe Discovery.
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"Le gros avantage des multiplex, c'est qu'ils vous permettent de recréer une intensité qui n'existe pas forcément pendant les matches mêmes. Ce sont des moments qui permettent d'avoir une expérience de suivi des rencontres plus intense", analyse Arnaud Simon qui estime qu'ils pourraient être multipliés dans la saison. Amazon Prime propose déjà un multiplex de trois matches les dimanches... à 15h, un horaire pas idéal pour rester devant sa télévision
Pour Pierre Maes, consultant dans le secteur des droits sportifs, les diffuseurs n'ont aucun intérêt à en diffuser plus : "Pour une chaîne, diffuser un match - par exemple - de l’Olympique de Marseille et du PSG en même temps c’est mauvais. Au lieu d’avoir deux bonnes audiences, elles vont se cannibaliser. C’est pour ça qu’on a le phénomène inverse : les moments de programmation se sont multipliés le week-end."
Tout comme le temps faible est l'ennemi du match, la routine est l'ennemi du championnat
Pas question de proposer un multiplex dit total (avec les 10 matches) à n'importe quel moment de la saison en dehors de la première journée et/ou des deux dernières journées par équité sportive : "Il faut que tous les matches se jouent en même temps, pour qu'il n'y ait pas de calcul. Ce multiplex dit total ne peut avoir lieu qu'en tout début ou toute fin de saison. En revanche, si on parle de multiplex 'light' (trois, quatre ou cinq matches), je ne vois pas de problème d'équité sportive", analyse Arnaud Simon.
Mais pourquoi ne pas envisager de ré-événementialiser ces multiplex light dans la saison? "Les multiplex sont trop cadrés aujourd'hui. Donner la possibilité au diffuseur de s'adapter éditorialement à une histoire particulière, ça peut être intéressant", plaide Arnaud Simon qui ajoute: "Tout ça est de nature à casser la routine. Tout comme le temps faible est l'ennemi du match, la routine est l'ennemi du championnat."

Le multiplex, un enchaînement de temps forts mais morts

Le problème pour Pierre Maes est que le multiplex n'est pas un "bon" produit. On passe rapidement d'un match à l'autre, uniquement sur des temps forts mais morts (occasion, coup de pied arrêté, corner...) : "Le multiplex c’est sympa, c’est bien emballé, mais en fait c’est frustrant. Ce n’est pas un produit télé abouti. Mais, il faut reconnaître au diffuseur le talent d’emballer un produit qui n’est pas très bon à la base."
Plutôt qu'un multiplex pendant lequel le téléspectateur ne peut choisir les matches qu'il souhaite regarder, Pierre Maes propose une personnalisation de l'expérience: "Je préfère un système où je choisis un match que je vais regarder de A à Z et à la rigueur, ce qui m’intéresse c’est de recevoir des alertes sur les autres matches. Sky utilisait ça sur la Ligue des champions, le ‘goal alert’. Vous choisissiez un match et vous étiez prévenu s’il y avait un but ailleurs. Et après avec votre télécommande vous pouviez choisir de voir ce but ou pas." Re-événementialiser le football, permettre au diffuseur de s'adapter au contexte sportif, transformer l'expérience du téléspectateur… Autant de pistes qui pourraient permettre de rattraper certains décrocheurs, sans dénaturer le football.
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