En France, de plus en plus d'entraîneurs se laissent séduire par la mode du système à trois défenseurs centraux, bonne pour le "spectacle" mais qui réclame du temps aux joueurs pour bien l'intégrer.
La tendance est telle que Didier Deschamps a bouleversé son plan de jeu champion du monde en 2018, le 4-2-3-1, pour basculer vers le 3-4-1-2. Son pari tactique a fonctionné, puisque l'équipe de France a remporté la Ligue des nations en octobre. En juin, Chelsea a gagné la Ligue des champions dans un schéma similaire, façonné par Thomas Tuchel.
Aujourd'hui, la moitié des formations du championnat de France (Ligue 1) ont rejoint le mouvement, parmi lesquelles des gros budgets (Marseille, Monaco) et des plus petits (Lens, Angers, Strasbourg, Lorient). "On sent qu'il y a quelque chose qui frémit là-dessus", acquiesce l'entraîneur de Lorient, Christophe Pélissier. Dans le football, la mode, "ça vient, ça repart...", relativise auprès de l'AFP Elie Baup, l'ancien technicien de l'OM et de Bordeaux. "Le premier à avoir fait ça, c'est Alberto Zaccheroni en Italie pour contrer le 4-4-2 d'Arrigo Sacchi", le charismatique technicien de l'AC Milan, double vainqueur de la C1 (1989, 1990), rappelle-t-il.
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Des pistons entraînants

C'est peut-être un détail pour les non-initiés, mais passer d'une ligne de quatre défenseurs (deux centraux et deux latéraux) à une de trois centraux, avec deux pistons pour jouer sur les côtés, veut dire beaucoup. Si un slogan suffisait à résumer la pensée des partisans de la défense à trois, ce serait "défendre mieux pour attaquer mieux". "Certains entraîneurs préfèrent jouer à cinq derrière pour mieux défendre. Moi, je l'utilise pour mieux attaquer. Ça permet notamment d'avoir une meilleure première relance", assure à l'AFP l'entraîneur de Reims, Oscar Garcia.
Le début de saison emballant de la Ligue 1, avec seulement trois 0-0 après dix journées, soit le plus faible total des soixante dernières années, selon le statisticien Opta, conforte cette idée. "C'est un schéma plutôt offensif, grâce aux pistons qui jouent assez haut. Ça crée de la mobilité, du spectacle", décrypte Baup, aujourd'hui consultant pour BeIN Sports.

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Au PSG, le piston s'appelle Achraf Hakimi. En équipe de France, Théo Hernandez. Ces latéraux nouvelle génération, au profil plus offensif que défensif, donnent le tempo offensif de l'équipe. Ces joueurs qui vont sans cesse entre l'attaque et le repli défensif, coulissant comme le piston d'un moteur, détiennent la clé de l'efficacité de la défense à trois.
Leur placement "va permettre beaucoup d'autres choses, comme le retour d'un numéro 10 en meneur de jeu, comme on l'a vu chez les Bleus, avec Antoine Griezmann", explique Patrick Pereira, féru de tactique qui livre son analyse sur les réseaux sociaux pour la Ligue.

"Dur à mettre en place"

Pour l'entraîneur du Paris SG Mauricio Pochettino, qui cherche comment faire briller Neymar, Kylian Mbappé et Lionel Messi ensemble, l'option est sur la table, surtout depuis que Sergio Ramos est arrivé cet été. Cependant, la blessure longue durée du défenseur central espagnol a repoussé le début de l'expérimentation. Le PSG a perdu un temps précieux, d'autant que ce système est plus difficile à absorber, notamment pour coordonner les trois défenseurs centraux.

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"Ça demande beaucoup de réglages, beaucoup de travail avec les joueurs sur le terrain et en vidéo. C'est pour ça qu'on dit que c'est un système qui est dur à mettre en place mais une fois qu'il est acquis, il est très intéressant", reconnaît Pélissier. Ce système présente aussi des failles inhérentes, liées au positionnement haut des pistons qui laisse des espaces derrière eux. "La difficulté, c'est que les pistons ont beaucoup de travail. Ils ont tout le côté pour eux et quelquefois, c'est difficile physiquement pour eux", admet Garcia.
Pour Elie Baup, la clé, c'est "les renversements de jeu, c'est-à-dire jouer sur les côtés, là où les pistons n'ont pas le temps de revenir." Le système classique à quatre derrière aurait ainsi encore des beaux jours devant lui... Ce qui compte, de toutes les façons, rappelle l'entraîneur d'Angers Gérald Baticle, "c'est l'animation des structures". Et Christophe Pélissier de conclure : "Si on reste figé sur notre système, c'est difficile de mettre l'adversaire en difficulté. Il faut du mouvement. Ce n'est pas le système qui gagne les matches".
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