Cela fait quelques années que ça dure, mais à l’OL, désormais, pour trouver des sourires et des satisfactions, c’est du côté de l’équipe féminine qu’il faut se tourner. Pendant qu’Ada Hegerberg et sa bande fêtent encore leur 8e titre de championnes d’Europe, les Gones, eux, prennent le temps de faire le vide, pour repartir de l’avant après une saison où ils en auront vu de toutes les couleurs.
De cette décevante 8e place, la pire du club en première division depuis 1997, à l’élimination pénible en quart de finale de la Ligue Europa face à West Ham (un cuisant 3-0 encaissé à domicile après un nul frustrant 1-1 à Londres), au départ en catastrophe du directeur sportif Juninho en plein cœur de la saison, c’est peu dire que rien n’a tourné rond pour les Rhodaniens.
Ligue 1
Bosz touché par la confiance d’Aulas : "J’espère pouvoir lui rendre avec des points"
19/04/2022 À 16:34

De frustrations en déceptions

Des débordements de supporters face à l’OM, qui ont coûté un point au club en Ligue 1, ou chez le Paris FC en 32e de finale de la Coupe de France aux nombreuses anicroches dans le groupe (affaire Marcelo, Aouar - Paqueta, ou Dubois - Boateng), la sérénité n'aura respiré à aucun niveau dans les rangs lyonnais. Et à l'image du champion du monde allemand annoncé partant, le recrutement séduisant sur le papier s'est avéré être une somme de déceptions.

Une saison en enfer : de Costil à Yilmaz, le onze des naufragés de la L1

L’autre grosse prise des septuples champions de France l’été dernier, Xherdan Shaqiri, aura passé seulement six mois dans la capitale des Gaules, 2 buts en 11 apparitions en Ligue 1 au compteur avant d'emmener ses crampons en direction de la MLS. L’entraîneur, Peter Bosz, arrivé avec la promesse d’un jeu séduisant mais surtout, avec l’ambition de faire retrouver à Lyon la gagne et un trophée qui lui échappe depuis 2012, est lui aussi passé à côté de son premier exercice en France.
Il est loin d’être le seul responsable, mais derrière un discours qui a suscité pas mal d’attentes, il n’a, comme ses prédécesseurs, pas été capable de fédérer ses troupes afin d’apporter de la régularité à une équipe talentueuse, taillée pour le podium et qui n’en voit que l’ombre, à l’issue de cette saison. De ce marasme, sont ressorties deux surprises et une satisfaction, toutes venues du centre de formation : les éclosions du défenseur Castello Lukeba et du latéral droit Malo Gusto, ainsi que la prise de pouvoir de Maxence Caqueret au milieu de terrain.

Passations de pouvoir

C’est sur cette ossature, à laquelle peut s’ajouter Anthony Lopes, auteur pour sa part d’une bonne saison dans ses buts, que l’OL, qui s’apprête à une refondation d’ampleur, va s’appuyer. "Nous avons trébuché, mais surtout nous sommes en train de nous relever, nous avons appris et nous sommes plus que jamais debout, encore plus solides si vous êtes avec nous", déclarait ainsi Jean-Michel Aulas le 10 mai dans une lettre ouverte aux fans.
Président de l’OL depuis 1987, il a vu les deux actionnaires principaux du club, l’historique Pathé emmené par Jérôme Seydoux, l’homme qui l’a accompagné dans les nombreux succès du début des années 2000, et IDG, annoncer leur intention de vendre leurs parts. Si "JMA" ne va pas quitter le navire de sitôt, il s’attelle donc, déjà, à leur trouver des remplaçants, pour entamer dans les meilleures dispositions des manœuvres plus amples.
"Ce changement n’est pas la pierre angulaire du projet (…) mais c’est indissociable de notre politique car il faut avoir les moyens de nos ambitions. Ca va amener une arrivée de cash importante", disait le boss lyonnais. Tout d’abord, l’OL va-t-il conserver Peter Bosz ? Engagé jusqu’en juin 2023, le Néerlandais semble avoir les faveurs d’Aulas, qui a estimé que "ce serait une erreur de changer", tout en attendant de voir avec les nouveaux investisseurs : "la moindre des choses sera de leur faire confirmer ce choix", avait ainsi nuancé le patron rhodanien lors de l’officialisation de la prolongation de Caqueret jusqu’en 2026.

Paqueta, Aouar, même Dembélé... liquidation totale

Sur le terrain, en revanche, les supporters des demi-finalistes de la Ligue des champions 2020 ne devraient plus trop reconnaître leur équipe la saison prochaine. Cela tombe bien, car ils le souhaitaient. Personne ou presque (hormis les joueurs cités plus haut) n’est épargné par les rumeurs de départ, même Karl Toko-Ekambi, qui a fait le boulot sur son couloir gauche, ou Moussa Dembélé, auteur d’une fin de saison canon, et qui s’est arrêté à 21 réalisations en Ligue 1.
L’ancien international espoirs français, à qui il ne reste plus qu’un an de contrat et qui susciterait la convoitise de plusieurs clubs anglais, pourrait être lâché en cas d’offre suffisante, même si Bosz aimait son état d’esprit et en avait fait le vice-capitaine. Lucas Paqueta, qui a nettement moins bien fini après une première année et demie au presque-parfait avec l’OL, est annoncé du côté de Newcastle, où il rejoindrait son ami Bruno Guimaraes.
Quand il y a des difficultés, il faut revenir aux basiques et s’appuyer sur ce que l’OL sait faire
Alors que Jason Denayer était en fin de contrat, qu’Emerson et Tanguy Ndombele ne verront pas leurs prêts être reconduits, Léo Dubois, Thiago Mendes, Houssem Aouar (qui intéresserait le Bétis Séville) ou Tino Kadewere pourraient, eux, être cédés. Seuls Henrique et Jeff Reine-Adelaïde, finalement, seraient presque assurés de poursuivre du côté du Groupama Stadium lors de la prochaine saison. Arrivé en cours de saison du Shakhtar Donetsk, en conséquence de l’invasion russe en Ukraine, le Brésilien Tetê a donné quelques satisfactions à Bosz, qui n’a pas dit s’il souhaitait le conserver, alors que son contrat se termine le 30 juin.

L'ADN local comme outil de séduction

"Quand il y a des difficultés, il faut revenir aux basiques et s’appuyer sur ce que l’OL sait faire", exposait aussi Aulas mi-mai, tandis que Vincent Ponsot, directeur général d’OL Groupe, disait vouloir "s’appuyer sur ce socle qu’est la formation. On veut retrouver cet attachement au club et qui amène à la performance, en s’appuyant sur notre jeunesse qui a beaucoup de maturité". Comme à l’époque où l’équipe emmené par Lacazette, Tolisso, Umtiti, Ghezzal ou Fekir faisait bien plus rêver les fans. Ce n'est pas un hasard d’ailleurs si, ces derniers mois, un retour des deux premiers cités est évoqué dans le Rhône.

L’OL le veut : Lepenant, surnommé "Lampard", plus proche de Kanté

Parmi ces jeunes concernés, le milieu de terrain Florent Da Silva, qui s’est distingué lors de son prêt ces six derniers mois à Villefranche en National, est fortement pressenti pour prendre du galon. Mohamed El Arouch, grand artisan de la victoire de l’OL en coupe Gambardella, la première pour le club depuis 1997, devrait lui aussi intégrer plus régulièrement l'équipe l’an prochain. La première recrue attendue côté lyonnais, c'est le milieu de terrain caennais Johann Lepenant, 19 ans, opposé à l’OL en finale de la Gambardella. Et il ne faut pas oublier Rayan Cherki, absent depuis février dernier en raison d’une fracture au métatarse et qui pourrait se voir confier plus de responsabilités, à seulement 19 ans, l’an prochain.
Pour être plus régulier, on a besoin de discipline. Et la discipline, c’est sur le terrain, mais aussi et surtout en dehors
Cenz Özkacar, le défenseur turc devenu titulaire indiscutable à Louvain, en Jupiler Pro League, où il était prêté cette saison, aura une carte à jouer dans un secteur où, hormis Lukeba, tout reste flou. A moins que Bosz recherche plus d’expérience. "Pour être plus régulier, on a besoin de discipline", a affirmé l’ancien joueur du Sporting Toulon dans une récente interview donnée au Progrès. "Et la discipline, c’est sur le terrain, mais aussi et surtout en dehors du terrain. Sur le terrain, avec mes principes de jeu, il faut de la discipline, sinon…", a prévenu le coach de 58 ans.

La mine de la pépite El Arouch, les larmes de Caen : Revivez le sacre de l'OL

Alors que, plombé par ses mauvais résultats sportifs, l’OL n’aura pas forcément une grande surface financière pour recruter, et que le club devra sûrement vendre avant d’attirer des joueurs, l’été s’annonce mouvementé pour l’institution lyonnaise. Le portier Remi Riou a ouvert le bal en signant pour 2 ans, le 24 mai. "Je comprends l’impatience des supporters, disait encore Bosz au Progrès. On a bien analysé cette saison, on ne peut pas accepter que ça arrive encore une fois. On va tout faire pour arriver là où l’OL doit être". Car leur (im)patience a des limites.
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