Dany Nounkeu (36 ans) profite de son séjour en France pour ne pas perdre une miette des derniers évènements qui ont agité l’Olympique de Marseille. Et les premiers jours du mois de juillet lui ont permis de ressortir la boîte à souvenirs quand il a appris la nomination du croate Igor Tudor (44 ans) à la place du bouillonnant argentin Jorge Sampaoli, démissionnaire sur fond de désaccord avec sa direction sur la politique de recrutement.
L’ancien international camerounais, qui évoluait la saison dernière à Arta/Solar 7 (Djibouti), a joué pendant six mois sous les ordres du nouvel entraîneur de l’OM, lors de la saison 2016-2017 à Karabükspor (Turquie), jusqu’au départ de l’ex défenseur de la Juventus Turin au Galatasaray Istanbul, en janvier 2017. "Comme tout le monde, je ne m’attendais pas au départ de Sampaoli. Mais je ne suis pas vraiment surpris que Marseille ait choisi Tudor, car je pense qu’il a le profil pour réussir là-bas. L’OM a fait un bon choix. Il a l’habitude des clubs où il y a une forte pression, et personnellement, je garde un bon souvenir de lui, tant humainement que sportivement."
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Nounkeu : "On a tout de suite compris qu’on allait souffrir"

En ce chaud mois de juin 2016, Igor Tudor débarque à Karabükspor en même temps que celui qu’il désignera plusieurs comme capitaine. "Il arrivait du PAOK Salonique (Grèce), moi de Bursaspor. Nous avions d’ailleurs signé notre contrat le même jour, et nous avions pu échanger quelques mots en anglais. Puis nous étions partis en stage à Bolu, une ville où les températures en été sont moins élevées, et là, nous avons tout de suite compris qu’on allait souffrir et beaucoup travailler", restitue l’ex défenseur du Galatasaray et du Besiktas.
Le Croate soumet ses joueurs à un intense travail foncier, probablement un héritage de ses années passées à la Juventus (1998-2007), un programme alourdi par de nombreux matches amicaux. "Il arrivait dans un club dont le budget était sans doute un des plus modestes de Süper Lig, et l’effectif venait d’être renouvelé. Il voulait qu’on soit au top physiquement pour qu’on ne soit pas dépassés dès le début du championnat. Moi, je n’avais jamais autant disputé de matches amicaux lors d’une préparation.On a quitté le stage rincés !" Et le Croate savait aussi qu’il jouait une importante carte personnelle, soucieux de prouver à ses nouveaux dirigeants qu’ils ne s’étaient pas trompés en l’embauchant.

Igor Tudor

Crédit: Getty Images

Aux deux – et parfois trois – entraînements quotidiens, viennent s’ajouter de nombreux matches amicaux. Rapidement, Tudor imprime son style, fait d’exigence, de travail et de sacrifices. "Même après le stage, et une fois le championnat commencé, on travaillait beaucoup. Ses séances étaient toujours très intenses. Il nous faisait beaucoup courir, c’est vrai, mais Tudor, ce n’est pas uniquement ça. Il aime que son équipe joue bien et on touchait aussi beaucoup le ballon. Évidemment, comme il ne nous laissait pas beaucoup de repos, que nous étions fatigués, certains joueurs faisaient la gueule et n’appréciaient pas ses méthodes, qu’ils jugeaient trop dures."
Mais il n’est pas fermé au dialogue, comme le soutient Nounkeu. "C’est un homme très intelligent, Il sait écouter, et à l’époque, il avait un staff de qualité, dont un préparateur physique qui savait quand des joueurs étaient trop fatigués. En fait, Tudor est un gros bosseur, il donne beaucoup et il attend la même chose de ses joueurs."
Trop, peut-être, selon Mustapha Yatabaré (36 ans), qui joue à Sivasspor (Turquie). "C’était l’armée (rires). Franchement, il nous faisait beaucoup travailler, il est dur, strict, assez têtu, ce n’était pas toujours facile", embraye l’ancien joueur de Guingamp. Mais par contre, c’est un coach avec qui on apprend beaucoup. Oui, on souffre, parfois on lui en veut, mais au final, je suis content d’avoir travaillé sous les ordres d’un coach qui a avait fait une belle carrière de joueur en Italie !"

Yatabaré : "J’attends de le voir à l’œuvre dans un grand club"

Ses méthodes musclées lui avaient permis, lors de son bref passage à Karabüspor, d’obtenir des résultats presque inespérés au vu des ambitions initiales du club du Nord de la Turquie, et à lui-même de convaincre Galatasaray de le faire venir sur les rives du Bosphore. "On avait battu Trabzonspor (4-0) notamment. Comme on était bien préparés physiquement, on savait subir. Et il était très difficile de nous marquer un but quand on avait ouvert le score."

Igor Tudor

Crédit: Getty Images

Dany Nounkeu se souvient également d’un technicien exigeant de ses joueurs beaucoup de mobilité, de courses, d’apport offensif des défenseurs et de travail défensif des attaquants, mais pas figé sur ses principes de jeu :
"Il sait s’adapter aux qualités et aux défauts de son effectif. Par exemple, alors qu’on jouait souvent en 4-4-2, il avait tenté de nous faire jouer à cinq derrière, mais ça n’avait pas pris. Je lui en avais parlé. Il sait écouter. Comme j’avais une expérience de plusieurs années dans le championnat turc, je faisais partie de ceux sur lesquels il s’appuyait parfois, mais à la fin, c’est toujours lui qui décide. Je ne sais pas quel système il souhaite utiliser à Marseille, mais moi, je suis convaincu qu’il va réussir, même dans un vestiaire où il y a pas mal d’internationaux. Il saura gérer les égos, mais aussi la pression, il a quand même entraîné le PAOK et Galatasaray, où c’est très chaud aussi"
Mustapha Yatabaré est quant à lui plus nuancé quant aux chances de voir Tudor s’imposer à Marseille. "Je pense qu’entre son passage à Karabükspor et sa signature à l’OM, il a évolué et s’est amélioré, notamment dans sa communication, car il pouvait parfois donner l’impression de ne pas assez écouter les joueurs, même s’il a un côté chambreur. C’est un homme intelligent, cultivé, travailleur, qui a su bien faire jouer Vérone la saison dernière. A Karabük, on pratiquait surtout en contre-attaque. A Marseille, les joueurs et les supporters vont vouloir un jeu de possession. Il peut réussir à l’OM, s’il parvient i à bien s’adapter au contexte. Je l’espère pour lui car je l’aime bien, mais j’attends de le voir à, l’œuvre dans un grand club…"
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