Il a tout pour plaire. Premier argument : Jonathan Clauss est l’une des révélations de la Ligue 1 en 2021. Deuxième atout de poids : il joue piston (droit). Poste et terme des plus à la mode. De quoi générer beaucoup d’agitation autour de cet élément important du RC Lens, qui a fait son trou sur le tard dans le football professionnel. Clauss (29 ans) s’est longtemps cherché et le fameux enjeu de son positionnement sur le terrain n’y est pas pour rien.
"J’ai été formé ailier et à quatorze ans on m’a dit : ‘C’est un peu limite, niveau gabarit’. J’allais un peu moins vite, j’étais un peu moins costaud… les autres ailiers étaient des ‘bombes’, déjà, à quatorze ans, c’était incroyable, raconte le joueur de 1,78 m, dans un entretien accordé à Prime Vidéo. On m’a mis latéral. Je jouais où on me faisait jouer, je ne me prenais pas la tête." Quinze années plus tard, il s’épanouit dans le compromis : "Aujourd’hui, j’allie les deux en tant que piston."
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"Ça me rend plus sexy, c’est sûr !"

Quand on lui demande si le piston est la version "plus sexy" du latéral, Clauss répond, dans un grand sourire : "Moi, ça me rend plus sexy, c’est sûr !" Au point de toquer à la porte de l’équipe de France ? "Buzz, pas buzz… ce n’est pas ça qui va m’amener à sélectionner un joueur, ou pas", avait répondu un Didier Deschamps de plus en plus séduit par le 3-4-1-2, en marge de l’annonce de sa liste pour les matches de novembre dernier. Tout en précisant : "[Clauss] fait partie des joueurs que l’on suit."

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Samedi, l’exposition médiatique ne sera pas digne d’une rencontre internationale, mais tout de même notable. Les Sang et Or reçoivent le Paris Saint-Germain, à 21h. Soit l’affiche de la 17e journée de L1, entre le 5e et le leader. Sur le pré, les deux meilleurs passeurs décisifs du championnat devraient s’affronter : Kylian Mbappé et Jonathan Clauss, sept offrandes chacun.
Le temps de la formation inaboutie au RCSA paraît loin pour ce dernier, qui a bourlingué pendant une dizaine d’années dans l’antichambre du haut niveau, entre France et Allemagne. "Après Strasbourg (2010, NDLR), pendant cinq ans, je n’avais plus du tout en tête de passer pro. Je voulais juste gagner un peu d’argent et me faire plaisir le dimanche", a-t-il ainsi confié à Free Ligue 1 en octobre, parlant de la période où il distribuait des prospectus : "J’avais un chariot… je me sentais vieux. Ce n’était pas évident, mais il fallait le faire".

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"L’envie ? On l’oublie en soirée"

Interrogé sur son avènement express, Clauss revendique la paternité de son déclic : "Le génie (mot qui lui a été suggéré dans la question, NDLR), je l’ai toujours eu, je pense… L’envie d’y arriver, je l’ai perdue en cours de route. Mais quand j’ai décidé de m’y remettre, je me suis pris en main." Puis, relancé sur la baisse de motivation qu’il venait d'évoquer, il a ajouté, sur le ton de l’humour : "L’envie ? On l’oublie en soirée."
Son discours respire plus la spontanéité que la confiance en soi exacerbée, mais Jonathan Clauss admet qu’il doit se méfier des louanges. "J’ai peut-être pu, inconsciemment, me sentir trop bon, expliquait-il ainsi à Prime Vidéo, fin septembre. Quand on enchaîne les bonnes prestations, quand son nom ressort souvent alors qu’on n’a pas l’habitude… on finit par se dire : ‘Je suis juste bien, dans ma zone de confort, j’en fais peut-être un peu moins, tranquille, et de toute façon ce week-end je vais être bon."

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C’est lorsque cet écueil pointe le bout de son nez que Franck Haise, son entraîneur, intervient. Clauss lui en est reconnaissant : "Quand on en fait un peu moins à l’entraînement, le coach réagit. On se dit d’abord : ‘Pour qui il se prend ?’ Mais finalement, il a totalement raison. Cela me permet de ne pas me reposer sur mes acquis, de faire les efforts… même quand je n’en ai pas envie." De quoi conserver le gros volume de jeu qui le caractérise.

Un piston… un vrai !

Parce que Clauss n’est pas devenu un "sur-athlète", en termes d’explosivité, de puissance. Le "défaut" qui l’a contraint à descendre d’un cran sur le terrain à l’adolescence n’appartient pas totalement au passé. Mais son aptitude à arpenter le couloir droit lensois est remarquable. Endurance, placement (défensif comme offensif), qualité des appels : vous avez là le combo de base du poste, qu’on l’appelle "piston" ou "latéral dans un système à trois centraux".
Reste à être bon dans le dernier geste. Et c’est là que Jonathan Clauss se démarque, avec notamment des centres très précis. Bon tireur de coups de pied arrêtés, il est parfois aussi à la finition : ses 5 buts dans l’élite en 2021 en attestent. Crever l’écran et avoir un rôle tactique en vogue ne suffisent pas à faire carrière. C’est sur la durée qu’il sera jugé. Mais samedi, il pourrait bien reprendre un petit coup de "buzz".
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