On en oublierait presque qu'il n'a que 18 ans. Rayan Cherki, c'est le cas classique du joueur bombardé dès son plus jeune âge comme une future star. Le Gone est clairement pétri de talent. Personne ne se prive de le dire et ne manque l'occasion de le rappeler depuis deux ans. Sa performance jeudi face à Brondby en était une. Il a signé un doublé retentissant au Danemark (1-3) pour permettre à l'OL de poursuivre un parcours européen immaculé. Il a été élu joueur de la semaine en Ligue Europa. Il tape toujours plus fort à la porte du onze de départ.
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Pour beaucoup, il aurait déjà dû y entrer. Que le jeune Lyonnais patiente encore en salle d'attente peut susciter une forme d'incompréhension. Avant Brondby, il y avait déjà des prémices. Ses débuts tonitruants au sein de l'équipe de France Espoirs en octobre, avec trois buts en deux buts matches face à l'Ukraine (5-0) et la Serbie (0-3). Cherki les confirmés il y a deux semaines en trouvant une nouvelle fois les filets face à l'Arménie (7-0). Bien que surclassé, il sait se montrer décisif quand le temps de jeu lui est donné sous le maillot des Bleuets.

L'exigence de Bosz

La question revient immanquablement : pourquoi n'en a-t-il pas davantage sous le maillot de l'OL ? Peter Bosz n'y a pas échappé après les performances de Cherki avec les Espoirs le mois dernier, comme jeudi après le doublé de son joueur face à Brondby. L'entraîneur de l'OL n'a pas changé son discours en quelques semaines. Il attend toujours plus du jeune Gone. "En première période, il n'a pas été très bon, comme l'équipe, notamment sur le pressing, a souligné l'entraîneur lyonnais jeudi. Ce n'était pas, avant la pause, ce que j'attendais."
Le technicien néerlandais a fixé un certain niveau d'exigence pour Cherki. Il peut paraître surélevé par rapport à d'autres joueurs de l'OL. Mais c'est un passage obligé dans l'apprentissage du jeune Lyonnais pour lui permettre d'exploiter pleinement son talent. "Ces deux buts ont été importants pour nous mais avec tous mes joueurs, je suis honnête, a-t-il expliqué après la victoire face à Brondby. Il y a toujours possibilité de faire mieux et Rayan a une importante marge de progression. Il n'a que 18 ans."

Un secteur offensif surpeuplé

C'est ce qui explique en partie pourquoi Cherki doit se contenter d'un temps de jeu limité. Si Bosz l'a titularisé lors des deux dernières sorties européennes de l'OL, l'entraîneur du club rhodanien l'utilise beaucoup moins en championnat. Le jeune Lyonnais n'a été aligné dans le onze de départ que deux fois et n'a joué que 20 minutes sur les trois derniers matches de Lyon en Ligue 1. "Je vois ses entraînements, comment il entre en jeu et même les matches internationaux, expliqué le Néerlandais en octobre. Et après, je choisis."

Rayan Cherki face à Brondby

Crédit: Getty Images

Justement, Bosz a le choix. Cherki doit faire face à une forte concurrence au sein de l'attaque lyonnaise malgré une polyvalence qui lui permet d'évoluer dans l'axe, en soutient d'une pointe, ou sur le côté droit comme face à Brondby. Son entraîneur a de multiples options et des joueurs plus confirmés que Cherki pour son animation offensive, de Lucas Paqueta à Houssem Aouar en passant par Karl Toko Ekambi, Islam Slimani, Xherdan Shaqiri, Tino Kadewere ou Moussa Dembélé, de retour de blessure.

La frustration, un mal pour un bien

Cherki n'en a pas moins le profil pour rendre de grands services à l'OL. Sa capacité d'élimination dans les petits espaces et son sens du but lui donnent un profil idéal pour compléter l'arsenal offensif des Gones. Dribbler et marquer n'ont jamais poser de problème au prodige rhodanien. C'est surtout dans l'effort collectif que le bât blesse. Une lacune que Rudi Garcia avait déjà pointé du doigt. Et qui semble aussi expliquer en partie la réticence de Bosz à lui donner un rôle plus important au sein de l'équipe première.
Cherki y aspire, mais il lui reste ce cap à franchir. Ce ne sera qu'une question de temps s'il se donne les moyens d'y parvenir. La précocité du Lyonnais et son talent exceptionnel balle au pied entraînent une forme d'impatience de voir plus souvent ce joueur "frisson" par excellence. Patienter en salle d'attente a quelque chose de frustrant pour un joueur toujours plus proche d'un statut de titulaire, sans parvenir encore à l'obtenir. Mais cette frustration est certainement un mal pour un bien. Car elle fait partie du métier.
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