L'image est terrible. Dimitri Payet, les bras en croix. Sonné, choqué, peut-être même traumatisé par ce qu'il vient de vivre : une bouteille reçue en pleine tête dès la 4e minute d'OL – OM après un échauffement à avoir reçu des noms d'oiseaux. Trois mois plus tôt, à Nice, c'est déjà le capitaine de l'OM qui recevait un projectile descendu des tribunes hostiles de l'Allianz Riviera. Depuis plusieurs mois, voire plusieurs saisons, Payet est ciblé dès qu'il foule une pelouse à l'extérieur comme lors du choc face au PSG en septembre 2020 où il avait été hué de l'échauffement jusqu'à la 90e minute. Alors pourquoi un tel comité d'accueil ? Pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?
Encore sous le choc, Payet aurait "peur de tirer les corners lors des matches à l'extérieur"

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Ligue 1
Encore sous le choc, Payet aurait "peur de tirer les corners lors des matches à l'extérieur"
22/11/2021 À 21:11
D'abord, aucun joueur n'incarne autant l'OM que lui. Au club depuis neuf ans, et malgré une infidélité du côté de West Ham, il est, avec Steve Mandanda, la figure marseillaise par excellence. Au-delà de son brassard ou de son ancienneté, Payet reste surtout, saison après saison, le baromètre de cette équipe sur laquelle il a quasiment pouvoir de vie ou de mort au gré de ses performances fluctuantes. A ce titre, il symbolise ce collectif à deux vitesses, capable de soirées folles et de longues périodes arides. Payet, c'est l'OM. Le mettre à terre, c'est faire tomber l'ennemi. Le prendre en grippe, c'est tenter de faire dérailler le maître à jouer et donc l'équipe toute entière.

Dimitri Payet fête la victoire de l'OM au Parc des Princes

Crédit: Getty Images

Comme Neymar

Un peu à la manière d'un Neymar, pris en grippe lors des ambiances hostiles à Lyon, Saint-Etienne ou Marseille. Le Brésilien incarne à sa manière ce nouveau PSG construit à coups de centaines de millions et son jeu, qui se nourrit de la provocation, l'expose, lui aussi. Comme celle de Neymar, qui a dû affronter une pluie de chargeurs de téléphone, de briquets et de bouteilles au Vélodrome, la situation de Payet est d'autant plus périlleuse qu'il est celui qui se rapproche le plus des imbéciles des tribunes. En charge des corners, il entre plusieurs fois et à chaque rencontre dans la zone sensible du terrain à portée de fusils de ceux qui rêvent de son scalp.
Contrairement au Parisien, à la communication lisse pour ne froisser ni les fans ni les sponsors, Payet n'a jamais tenu sa langue. Taquin, chambreur, parfois arrogant dans la victoire, comme lors du succès au Parc en 2020, Payet s'amuse des rivalités. D'un tweet, assez drôle avouons-le sans prendre parti, il a rappelé que l'OM, lui, avait une étoile sur le maillot après la défaite du PSG en finale de la Ligue des champions à l'été 2020. "Je ne regrette pas et ça ne me met aucune pression", avait-il assumé avant de se rendre au Parc des Princes, "entre ennemis, on se charrie." Le CUP lui a réservé un accueil épicé avant banderole à la clé. Payet ne se laisse pas faire. A Nice en août, il avait réagi avec colère en retournant le projectile à l'envoyeur et la situation avait dégénéré avec des incidents graves

Tirade contre ses supporters et kiwi : il jouait l'apaisement

Avant de retrouver Rudi Garcia lors d'un OL-OM, déjà, il avait allumé son ancien entraîneur : "Ça fait bizarre de le voir dans le camp d'en face, avait-il lâché. Il y a quelques mois, quand on recevait Lyon, il avait eu une causerie sur les joueurs lyonnais, les supporters lyonnais, le président lyonnais... Ça fait bizarre qu'il postule pour ce club trois mois après..." Depuis quelques années, il s'est fait le porte-parole du peuple marseillais en absorbant ses codes, en entretenant les rivalités et il est devenu l'homme à abattre dans plusieurs stades de France.

3'58" après le début du choc OL-OM : Payet reçoit une bouteille sur la tête et s'effondre

Cette saison, avant le choc face à Paris, conscient sans doute que le bouchon avait été poussé trop loin, Payet avait pourtant appelé au calme dans une vidéo. Il n'avait pas été entendu, Neymar et Lionel Messi étant visés par des projectiles au moment de tirer les corners. Payet l'avait publiquement regretté. "Je veux remercier ceux qui ont joué le jeu parce qu'on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac. Pour d'autres, malheureusement, j'ai vu des bouteilles, des chargeurs, des briquets... Des choses que j'ai déjà vues contre moi, donc je sais ce que c'est. Des supporters ont été moins exemplaires et ils ne peuvent pas se dire supporters de l'OM", avait-il tranché. Avant le match à Lyon, où son statut d'ancien Stéphanois suffit à lui faire passer des soirées compliquées, il avait aussi joué l'apaisement : "Rien de spécial. Je fais une cure de kiwi, c'est tout."

Payet qui se moque de Neymar

Crédit: Instagram

Impardonnable

Qu'il récolte ce qu'il sème, à savoir des banderoles chambreuses ou un accueil musclé peut s'entendre et cela n'a jamais semblé le déranger. Payet peut même s'en nourrir comme en témoigne sa grosse performance au Parc en 2020 après avoir chambré Paris et dû affronter un Parc incandescent. Mais dimanche, une ligne a été franchie à partir du moment où un supporter a touché à son intégrité physique. Rien ne peut le justifier. Ni la langue bien pendue de Payet, ni son brassard, ni son talent. Absolument rien.
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