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Saint-Etienne - Bordeaux - ASSE - Geoffroy-Guichard : 90 ans, 9 soirées inoubliables et… un mythe
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Publié 17/09/2021 à 23:33 GMT+2
LIGUE 1 – Cette semaine, Geoffroy-Guichard a fêté ses 90 ans. Le Chaudron est devenu en neuf décennies l'un des stades les plus iconiques du football français. Entre incandescence et renversements de situations, retour sur neuf moments qui ont construit la légende de la cocotte-minute des Verts.
Owen, Platini, Rocheteau et Perrin ont écrit des chapitres inoubliables de l'histoire de Geoffroy-Guichard
Crédit: Eurosport
Quand il achète au printemps 1930 une parcelle de 40 000 m2 pour y installer un stade multisports, Geoffroy Guichard, le fondateur des magasins Casino, ne se doute sûrement pas que son nom traversera les âges et les générations pour entrer dans la grande histoire du football français. Même 90 ans plus tard, Saint-Etienne et la Ligue 1 ne s'envisagent pas sans Geoffroy-Guichard. Le Chaudron a inscrit dans le patrimoine des instants qui ont forgé sa réputation. A l'occasion de ses 90 ans, qu'il a fêté cette semaine, retour sur neuf soirées iconiques. Une par décennie.
Années 30 : ASSE – FAC Nice, la toute première
Jusqu'en 1933, Geoffroy-Guichard est un stade multisports et il faut attendre le 10 septembre 1933 pour qu'il accouche du premier match officiel des Verts, alors en deuxième division et qui viennent d'obtenir leur statut professionnel. Saint-Etienne reçoit alors le Football Athlétic Club de Nice devant 2 000 spectateurs. Cette grande première à Geoffroy-Guichard porte déjà en elle ce qui constituera la légende du stade. Menés 0-2, les Verts au prix d'un premier retournement de situation finiront par s'imposer (3-2). L'histoire est en marche.
Années 40 : ASSE-OM, naissance d'une rivalité
Champion de France de la zone libre, l'OM débarque, ce 1er mars 1942, à Geoffroy-Guichard. Les deux clubs, qui deviendront les deux plus grands clubs français du siècle, commencent à peser sur la scène hexagonale. A l'aller, les Phocéens avaient avalé de pauvres Verts (8-3). Devant 7 500 supporters, Saint-Etienne goûte sa revanche (4-3) au terme d'un match fou. L'ASSE s'installe petit à petit dans le paysage hexagonal et cette victoire pèse lourd pour faire naître sa réputation. Peu à peu, la ville s'entiche de son équipe et son stade devient le point de ralliement du week-end.
Années 50 : ASSE – Rangers, l'éveil à l'Europe
C'est sous un cagnard terrible, en plein milieu de l'après-midi, que Saint-Etienne s'arrête une première fois de vivre pour l'Europe quelques mois après son premier titre de champion de France. En ce 27 septembre 1957, les usines ferment et tout le peuple stéphanois se donne rendez-vous au stade pour un 16e de finale retour de la Coupe des Clubs champions face aux Glasgow Rangers. Pourtant, le scénario de l'aller (défaite 3-1) aurait pu étouffer l'enthousiasme. Mais ce sont, pour la première fois, 30 000 supporters qui envahissent les travées du stade. Pas d'exploit, pas encore, mais déjà un frémissement (victoire 2-1). Geoffroy-Guichard donne rendez-vous et pose les jalons de ses épopées.
Années 60 : ASSE-Bayern, premier exploit
Triple championne de France, l'ASSE ne pèse rien en Europe jusqu'à ce mois d'octobre 1969. C'est alors que débarque dans la Loire la valeur montante du Vieux Continent. Vainqueur de la Coupe des Coupes et champion d'Allemagne, le Bayern Munich et sa triplette Beckenbauer – Müller – Maier effraient l'Europe. A l'aller, le rouleau-compresseur allemand dynamite les champions de France (2-0). Sauf qu'au retour, dans son Chaudron, l'ASSE démolit le Bayern. Un doublé d'Hervé Revelli et un but du génial Salif Keita scellent le premier exploit européen de ceux qui feront chavirer la France durant une décennie.
Années 70 : ASSE – Dynamo Kiev, la légende des légendes
S'il ne fallait en retenir qu'un, ce serait celui-ci. En 1976, le Dynamo est un monstre avec le nouveau Cruyff, Oleg Blokhine, Ballon d'Or 1975, et Valeri Lobanovski, cerveau d'un Dynamo champion d'URSS et lauréat de la Coupe des Coupes 1975. A l'aller de ce quart de finale de Coupe des Clubs champions (2-0), les Verts n'existent pas. Et puis tout bascule dans l'une de ces soirées où Geoffroy-Guichard perd la raison. A la 64e minute précisément, le score est alors de 0-0. Blokhine grille Janvion et Lopez. Il se présente seul face à Curkovic, et, sur sa droite, Onitchenko attend le ballon pour tuer le match. Par pêché d'orgueil, Blokhine tente un dernier crochet sur Lopez, revenu de l'enfer.
Le crochet de trop. Sur le contre, les Verts ouvrent le score. Un coup franc de Larqué permet à Saint-Etienne d'arracher la prolongation durant laquelle Rocheteau, blessé et perclus de crampes au mollet, demande à sortir mais, dans un Geoffroy-Guichard assourdissant, Herbin ne l'entend pas. Il sera le dernier buteur d'un match dingue (3-0). Les Verts s'offrent un souvenir et une épopée. S'en suivront Glasgow et les poteaux carrés, moment fondateur du football français. Et tout a démarré un soir de mars 1976 dans le Chaudron.
Années 80 : France – Yougoslavie, le chef d'œuvre de Platoche
Deux ans après être parti de Saint-Etienne, Michel Platini retrouve Geoffroy-Guichard sous le maillot des Bleus à l'Euro 1984. Si la France est déjà qualifiée avant d'affronter la Yougoslavie, elle veut absolument terminer première de son groupe pour jouer sa demi-finale à Marseille. Alors, Platoche va s'occuper de tout. En un quart d'heure (59e, 61e, 76e), il signe le coup du chapeau parfait : pied droit, pied gauche et tête. Le numéro 10 des Bleus, sur la route d'un deuxième Ballon d'Or, est au sommet de son art. Saint-Etienne est témoin, une dernière fois, de son génie le temps d'une soirée forte en symboles où il chipera le titre de meilleur buteur de l'histoire des Bleus à Just Fontaine.
Années 90 : Angleterre-Argentine, l'ange Owen et le démon Beckham
Le plus palpitant match de la Coupe du monde 1998 s'est déroulé à Saint-Etienne. Vingt-deux ans après un quart de finale amer pour des Anglais qui n'ont toujours pas digéré la main de Dieu de Maradona, ils retrouvent l'Argentine en 8e cette fois-ci. Ce jour-là, c'est Michael Owen qui se prend pour le Pibe de Oro au terme d'une chevauchée fantastique et d'un but légendaire qui font découvrir au monde entier cette gueule d'ange de 18 ans. Après 45 premières minutes d'une folle intensité et marquées par 4 buts (2-2), la rencontre redémarre avec le coup de sang de David Beckham et son coup de pied vicieux sur Diego Simeone. La Three Lions perd sa superstar dès la 47e minute. Mais elle tiendra jusqu'à la séance de tirs au but, finalement fatale. L'Angleterre ne s'est pas vengé.
Années 2000 : ASSE-Sochaux, la demie qui réanime le Chaudron
En Ligue 2 depuis trois ans, Saint-Etienne se meurt. Les vertes années n'ont jamais semblé aussi loin. Mais en cet hiver 2004, il se passe quelque chose. Sous les ordres de Frédéric Antonetti, les Verts retrouvent des couleurs et l'ASSE est aux portes du Stade de France. Ce 4 février 2004, elle reçoit Sochaux en demi-finale de Coupe de la Ligue. Après vingt ans sans titre, l'espoir revient. Un tifo d'un cœur géant accompagné d'une banderole "Faites-le vibrer jusqu'à Paris" lance un match bouillant. Le peuple vert expulse sa frustration dans la soirée la plus chaude des trente dernières années. Les Verts mènent très vite (2-0) grâce à Carteron (18e) et Compan (22e). Mais cette fois, le retournement de situation va être fatal à l'ASSE (2-3). Qu'importe, le Chaudron a prouvé que même rouillé, il continuait de rugir.
Années 2010 : Un derby, enfin…
Vingt ans… Voilà vingt ans que l'ASSE n'a plus remporté le moindre derby sur ses terres. Une éternité qui marque autant la domination de l'OL, septuple champion de France dans l'intervalle, que la décrépitude stéphanoise. Sauf que Christophe Galtier a réinstallé les Verts en Europe et permis de rafler leur premier titre depuis 30 ans (Coupe de la Ligue 2013). Alors, en ce mois de novembre 2014, Geoffroy-Guichard se remet à y croire. Un coup de casque de Sall, une réalisation de l'improbable Van Wolfswinkel et une boulette de Tolisso exploitée par Cohade font voler en éclat le voisin (3-0). Pour le Kop Nord et le Kop Sud, il n'y a rien de plus beau qu'une victoire dans un derby. Et ce soir-là, toute une génération de supporters des Verts vit sa première victoire à Geoffroy-Guichard sur les Lyonnais.
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