"J'ai plus souvent pris les devants pour lui parler" : Dimitri Payet se confie sur sa relation avec Igor Tudor
Publié 10/06/2023 à 12:05 GMT+2
Igor Tudor est parti, Dimitri Payet est toujours là. Le numéro 10 de l'Olympique de Marseille a vécu une saison "très dure moralement" sous les ordres du technicien croate, qu'il a retracée dans une interview fleuve accordée à France Football. Capitaine scotché sur le banc, l'international français a découvert un nouveau rôle. Pas de quoi, pour autant, le pousser à un départ ou même à la retraite.
Igor Tudor avec Dimitri Payet lors du match Marseille-Annecy.
Crédit: Getty Images
"Je ne louperai pas ma sortie." La promesse faite par Dimitri Payet s'affiche au sommet de l'entretien qu'il a accordé à France Football. On le pensait sur le départ ou carrément à la retraite après une saison "très dure moralement" sous les ordres de l'irascible Igor Tudor et une fin d'exercice gâchée par une suspension et à l'issue de laquelle l'Olympique de Marseille "a failli dans tous (nos) objectifs". Que nenni.
Quitter son club sur un échec ? Le n°10 tricolore ne l'entendait pas de cette oreille. Il n'y a jamais songé cette année, même au plus fort de la tempête. "J'ai toujours dit que j'arrêterai quand le corps ne suivra plus. (...) Je viens de prendre une année sabbatique, je suis en pleine forme !" a-t-il plaisanté.
Son horizon s'est éclairci lorsque le départ surprise de Tudor a été annoncé en conférence de presse le 1er juin. S'il a soigneusement choisi ses mots pour décrire son expérience avec le technicien croate, Payet a livré le fond de sa pensée et raconté la relation complexe entre les deux hommes.
Celle-ci s'est créée dès les premiers pas de Tudor à l'OM sur fond d'autoritarisme. Une ambiance diamétralement opposée à celle instaurée par son précédesseur Jorge Sampaoli et qui a rebuté l'effectif professionnel. "Je n'étais pas le porte-parole du groupe, a d'abord réfuté le Réunionnais, rejettant également l'idée de "défiance" au profit d'une "démarche de médiation". On ne le connaissait pas. C'est vrai que sur les premières séances et, notamment, lors du stage en Angleterre fin juillet, on a découvert tout d'un coup quelqu'un de rude et brutal. Dans sa façon d'être, dans ses paroles. Il était autoritaire. C'était complétement différent évidemment de Jorge Sampaoli. On a été un peu choqués. Après, chaque coach arrive avec de nouvelles idées, une nouvelle façon de jouer, mais ça ne doit pas enlever le côté humain. On peut parler tranquillement sans être tout le temps directif. C'est là que le groupe a été surpris car personne n'était habitué à ça. Moi, chacun sait que je suis un affectif, donc j'ai plus besoin avec un coach d'avoir un rapport 'grand frère' ou 'père'."
"Ce n'est pas vraiment un affectif"
Rapport qu'il n'a jamais réussi à établir avec Tudor, un entraîneur pas franchement réputé pour être affectueux : "On avait une relation d'entraîneur à capitaine, mais on va dire que j'ai plus souvent pris les devants pour lui parler. Ce n'est pas quelqu'un qui va naturellement venir vers vous pour discuter d'autre chose que de football, de matches. Ce n'est pas vraiment un affectif."
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Tudor - Payet : à qui la faute ?
Video credit: Eurosport
Sous la coupe de l'ancien défenseur de la Juventus, Payet découvre un nouveau rôle : capitaine d'une équipe dans laquelle il ne joue pas. Ou peu. Même après la blessure d'Azzedine Ounahi en mars. Ses apparitions sur le pré, rares, ne donnent souvent pas satisfaction. Et son faible investissement à l'entraînement dans la dernière ligne droite lui coûte une sélection pour le déplacement à Lille. C'est sans lui que les Olympiens ont finalement atterri à la troisième place du championnat, synonyme de tours préliminaires de Ligue des Champions : "J'ai respecté ses choix toute la saison. Pourtant, il aurait pu m'utiliser un peu plus. En tout cas, sur certains matches un peu fermés. Il avait ses idées, je n'entrais pas dans ses plans, mais j'aurais aimé, parfois qu'il me fasse un peu plus confiance. Je suis sorti frustré de pas mal de matches."
Des projets d'avenir à l'OM... ou ailleurs
Alors, c'est du banc qu'il observe les tribunes du Vélodrome, "un stade de psychopathes", et ses coéquipiers. "J'étais là pour soigner les bobos des joueurs, leur parler quand ça n'allait pas. C'est ce que j'ai dit à ma femme : "Cette saison, je me suis occupé de tout le monde, sauf de moi !" Alors que je n'étais pas très bien non plus. (...) Sans le soutien des supporters, j'aurais peut-être pété un plomb à un moment donné. Ou j'aurais lâché", a avoué Payet.
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Dimitri Payet face à Angers.
Crédit: Getty Images
Le nom du prochain entraîneur de l'OM n'a pas encore filtré, mais l'international français assure qu'il restera sur la Canebière : "Je ne serai pas prêté, je serai là pour ceux qui ont pu en douter. Et encore longtemps, j'espère." Et ce, "malgré "des sollicitations" et une reconversion au sein du club mentionnée dans son contrat. "J'y penserai quand je sentirai que c'est le moment, et ce n'est pas le cas. (...) Cette reconversion était plus un signe de ma part pour m'inscrire dans le long terme avec l'OM. Mais il n'y a rien de défini", a conclu le milieu olympien.
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