L'antisèche de Marseille - PSG : mais comment l'OM a-t-il pu perdre ainsi ?
Par Glenn Ceillier
Publié 01/04/2024 à 00:09 GMT+2
L'Olympique de Marseille s'est incliné sur sa pelouse face au Paris Saint-Germain (0-2), ce dimanche lors de la 27e journée. Pourtant à 11 contre 10 pendant près d'une heure et après une première période pleine d'espoirs, l'équipe phocéenne s'est fait punir comme on pouvait s'y attendre. Et ne peut s'en prendre qu'à elle-même. Notre antisèche.
"Une forme de soumission mentale" : OM-PSG, l'ascendant qui fait mal à la L1
Video credit: Eurosport
Le jeu : un match à deux visages
Il y a eu deux matches ce dimanche soir au Vélodrome. L'un avant l'expulsion de Lucas Beraldo à la 40e. Et l'autre après. Le hic, c'est que ça n'a pas du tout été à l'avantage de l'Olympique de Marseille, qui a pourtant joué à 11 contre 10 pendant plus d'une mi-temps. Bien en place et cohérente, l'équipe phocéenne a d'abord livré une prestation intéressante pour gêner le jeu des Parisiens, qui ont mis de longues minutes à placer leur premier tir cadré (29e) alors qu'ils perdaient trop de ballons. Mais après la pause, le PSG a mis les bons ingrédients pour faire la différence malgré leur infériorité numérique.
Concentrés et sereins, les coéquipiers de Danilo ont su livrer la prestation qu'il fallait une fois à dix. Ils ont été solidaires en défense et ont surtout réussi à se projeter parfaitement pour faire la différence. Une première fois grâce à Vintiha, qui a su profiter d'un contre idéalement mené pour trouver la faille (0-1, 53e). Et une autre fois pour se mettre à l'abri par Gonçalo Ramos (85e). Entre ces deux buts, Marseille a tenté de pousser. En vain. Car Gianluigi Donnarumma, Danilo and co ont tout repoussé.
Les joueurs : les patrons Donnarumma et Danilo
Luis Enrique peut remercier sa défense. Et notamment deux hommes qui se sont sublimés ce dimanche soir : Gianluigi Donnarumma et Danilo. Les deux ont été énormes pour frustrer les attaquants marseillais. Quelques mètres devant eux, Vitinha a aussi livré une jolie copie au cœur du jeu pour offrir des solutions au PSG. Sorti à la 63e, Kylian Mbappé n'a pas vraiment réussi à se mettre en évidence, alors qu'Ousmane Dembélé a été précieux dans l'animation en tant que meneur de jeu tout en péchant cruellement dans le dernier geste et en perdant trop de ballons.
A l'Olympique de Marseille, les joueurs n'ont pas démérité, même si la sortie sur blessure de Chancel Mbemba n'a pas aidé la défense marseillaise. Et si Iliman Ndiaye a été en difficulté, Pierre-Emerick Aubameyang n'a lui pas assez pesé dans la finition, le secteur qui a fait cruellement défaut aux Phocéens.
Le facteur X : le but refusé à Jordan Veretout
Il y a évidemment l'expulsion de Lucas Beraldo qui a tout changé dans le sens que l'on n'attendait pas. Mais une autre décision de monsieur Benoît Bastien a fait tourner le match. A la 59e, l'arbitre de la rencontre a choisi d'annuler un but inscrit par Jordan Veretout, qui avait permis à l'OM d'égaliser (1-1). A ses yeux, Luis Henrique aurait gêné Gianluigi Donnarumma, "par sa grande proximité avec le gardien parisien" selon les dires de l'homme au sifflet sur Prime. Le portier parisien n'a pourtant pas protesté après le but. Mais cette décision a évidemment pesé de tout son poids. Car à 1-1 avec encore plus de 30 minutes à jouer et une équipe phocéenne relancée, ce match aurait pu aller dans un tout autre sens.
L'image : la déception de Mbappé
A 10 contre 11 et alors que le PSG menait 1 à 0, il semblait évident de garder Kylian Mbappé pour profiter de sa force de frappe sur contre-attaque. Mais Luis Enrique a choisi une autre option en sortant son attaquant vedette. Et si l'ancien Monégasque n'a pas caché sa déception à sa sortie avant de rejoindre les vestiaires pour se changer, le résultat du match donne raison au coach espagnol du PSG.
La stat : 461 minutes de disette
Marseille avait une occasion en or de mettre fin à une disette frustrante. Mais même à onze contre dix, l'OM s'est encore une fois cassé les dents sur la défense parisienne. Si Paris a remporté son 50e match contre Marseille toutes compétitions confondues, l'équipe phocéenne n'a plus marqué au Vélodrome face à Paris depuis cinq rencontres en L1, et 461 minutes de jeu. Ça fait long. Le dernier Phocéen buteur à domicile contre le PSG ? Florian Thauvin en octobre 2017 (2-2).
La décla : Luis Enrique sur Prime Video quand il a été interrogé sur la sortie de Mbappé
La question : L'OM a-t-il offert la victoire à Paris sur un plateau ?
Mais comment l'Olympique de Marseille a-t-il pu perdre ce match ? Jean-Louis Gasset risque de se poser la question pendant quelques jours. Alors que son équipe avait idéalement commencé cette rencontre en agressant les Parisiens au milieu pour les gêner dans la construction, l'expulsion de Lucas Beraldo avait ressemblé au facteur X idéal pour l'OM. Les Marseillais semblaient avoir un sérieux coup à réaliser face au leader du championnat. Mais ils se sont finalement fait punir comme on pouvait s'y attendre : sur des contres rondement menés par les Parisiens.
Les Phocéens le savaient forcément. Mais à la 53e puis à la 85e, ils ont payé cash leurs errements sur ces actions de jeu. Sur un ballon intercepté de Vitinha juste après la pause, le PSG a pu aller trop facilement dans la surface marseillaise pour permettre au milieu portugais d'ouvrir le score. Et à la 85e, le constat est identique après un corner des Marseillais, qui n'avaient pas retenu la leçon.
A dix, Paris n'avait presque que ça pour sauver les meubles. Les coéquipiers de Danilo ont finalement trouvé les bonnes ficelles pour passer la vitesse supérieure, et ont idéalement profité des failles laissées par les Marseillais sur ces actions. L'OM, qui n'est pas parvenu à rester solide derrière et à trouver la faille, peut évidemment s'en vouloir. Car à la 40e, pas grand monde n'aurait misé sur ce scénario.
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