Le Havre - PSG : Un Paris sans garantie

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Le PSG est entré dans un autre monde. Kylian Mbappé parti au Real Madrid, Paris débute la défense de son titre au Havre sans présenter de méga-star dans son effectif. Le phénomène est rare sous l'ère QSI, mais il s'est déjà produit et cela ne lui avait pas vraiment souri. Le club de la capitale ne présente plus les mêmes garanties sans le Bondynois. Mais sa transition nécessite ce risque.

Luis Enrique, l'entraîneur du PSG

Crédit: Getty Images

C'est un été comme Paris n'en avait jamais connu. Pour sa ville, sortie d'une parenthèse enchantée avec les Jeux Olympiques. Pour son club aussi, mais pour des raisons radicalement différentes. Il y a un an, le PSG vivait au rythme frénétique des rebondissements du feuilleton Mbappé, mis au ban par son club pour des questions contractuelles, puis réintégré au groupe une semaine après le coup d'envoi du championnat. La saga est finie. Le Bondynois parti au Real Madrid, et déjà auréolé d'un premier trophée, un calme inhabituellement plat s'est posé sur Paris. Avant la tempête ?
A priori, il s'y est exposé. Mbappé a trop souvent fait la pluie et le beau temps au PSG ces derniers temps. Paris a perdu une icône du football mondial, le meilleur buteur de l'histoire du club (256 buts), un joueur qui pesait plus de 36 buts de moyenne par saison, toutes compétitions confondues. Compenser sa perte, c'est déjà une histoire de chiffresLes buteurs capables d'afficher de telles statistiques dans le football actuel se comptent sur le doigt d'une main et Paris n'en a plus au sein de son effectif. Le mercato n'est pas terminé et Luis Enrique ne ferme aucune porte. Mais en l'état, c'est une garantie, cruciale, en moins à l'aube d'une nouvelle ère.

Le précédent de 2016-17

Mais Mbappé ne se résumait pas seulement à des chiffres. Il avait ce rayonnement unique que peu de joueurs ont eu à Paris. Zlatan Ibrahimovic et Neymar sont les seuls à vraiment entrer dans cette catégorie. Il y avait justement eu cette saison 2016-2017, entre le départ du Suédois et l'arrivée du Brésilien. Un exercice qui avait vu le PSG subir la plus grande humiliation de son histoire sur la scène européenne à Barcelone (6-1) et abandonner sa suprématie nationale à une fabuleuse équipe de Monaco. Globalement, Paris a difficilement vécu sans méga-star sous l'ère QSI.
Cette garantie lui fera aussi défaut au coup d'envoi de la saison. Comme en 2016-17 ? Les cas sont différents. A l'époque, à défaut d'avoir un élément qui se détachait clairement au niveau mondial, Paris avait beaucoup plus de joueurs largement confirmés au niveau international, de Thiago Silva à Edinson Cavani en passant par Marquinhos, Thiago Motta, Marco Verratti, Blaise Matuidi ou Angel Di Maria. Cela donnait au PSG bien plus de certitudes qu'au regard de son effectif actuel. Ils sont peu à avoir un vécu comparable aux hommes précédemment cités.

La star, maintenant, c'est l'équipe

C'est une raison supplémentaire d'envisager une saison de tous les dangers pour le PSG. Mais c'est sur cette voie que le club de la capitale a choisi de s'engager. Son projet a évolué. Sa direction ne se lance plus dans une quête effrénée de stars. Son vœu, c'est que sa star soit son équipe. Cet été, Paris n'a fait qu'avancer dans le processus déjà lancé il y a un an, misant essentiellement sur des joueurs jeunes à fort potentiel, et au profil clairement identifié, dans une idée collective définie par l'entraîneur Luis Enrique. Avec la volonté de bâtir sur la durée.
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João Neves (PSG)

Crédit: Getty Images

Les signatures enregistrées cet été vont dans cette direction déjà empruntée l'été dernier. João Neves (19 ans), Willian Pacho (22 ans) et Matvey Safonov (25 ans), en attendant probablement Désiré Doué (19 ans) sont venus gonfler un effectif toujours plus axé vers la jeunesse. Cette politique a montré son potentiel et ses limites l'an dernier. Il y a eu des satisfactions comme Bradley Barcola, des déceptions comme Randal Kolo Muani, des impressions mitigées laissées par Manuel Ugarte ou Gonçalo Ramos. Mais chacun a besoin de temps pour exprimer la pleine mesure de son potentiel.

Des vertus collectives retrouvées

Paris semble disposé à faire preuve de cette patience qui lui a tant fait défaut auparavant. Cette première année lui a donné des raisons pour poursuivre dans cette voie. Au-delà des résultats (un doublé Coupe-championnat et une demi-finale de Coupe d'Europe), le PSG a surtout retrouvé des vertus collectives essentielles pour réaffirmer sa compétitivité sur le niveau national et européen. Mbappé parti, il doit désormais se montrer que vivre sans une star vampirisant toute l'attention autour du club est possible. Il n'y a plus d'autre choix que de suivre ce chemin.
Pour arriver au bout, Paris aura quand même besoin de s'appuyer sur des individualités. De nouveaux leaders émergents qui incarnent ce nouveau projet axé sur le collectif. Vitinha, son meilleur joueur la saison passée, ou Warren Zaïre-Emery, l'un des symboles de l'autre monde dans lequel a basculé le PSG, vont avoir un champ de responsabilités encore élargi. Au même titre qu'un cadre établi comme Marquinhos. C'est certainement un pari sans les mêmes garanties que les années passées. Mais ce club qui s'est trop souvent rêvé plus grand qu'il ne l'est finira peut-être par en sortir enfin grandi.
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