Ligue 1 | PSG - Reims | Khvicha Kvaratskhelia, l'amour du dribble

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Alors qu'il pourrait jouer ses premières minutes sous le maillot du PSG ce samedi face à Reims (21h05), Khvicha Kvaratskhelia risque de devenir le nouveau casse-tête des défenses de Ligue 1. Tout comme Ousmane Dembélé, son pendant sur le côté droit, l'international géorgien est un dribbleur né, capable d’effacer ses adversaires avec une facilité déconcertante. Attention, Paris est armé.

"C’est peut-être l’acte de naissance du nouveau Paris Saint-Germain"

Video credit: Eurosport

Il n'a pas fallu bien longtemps pour les supporters napolitains tombent amoureux de Khvicha Kvaratskhelia. Méconnu du grand public à son arrivée à l'été 2022, le Géorgien a rapidement fait chavirer tous ceux qui sont venus admirer ses mouvements depuis les tribunes du Stadio Diego Armando Maradona. Au point que très rapidement, un surnom lui a été donné. Et pas n'importe lequel : "Kvaradona". Un blasphème envers la légende argentine ? Pas vraiment. Du moins pas pour eux. Car avec lui, entre autres, le Napoli a totalement survolé l'exercice 2022-23, raflant un titre bien mérité. Le premier depuis 1990. Et "Kvara", auteur dès son premier match d'un but et d'une passe décisive, a logiquement été élu MVP de la saison, avec notamment 12 buts et 13 passes décisives en 33 matches. Mais au-delà des statistiques, c'est bien ses dribbles qui ont fait perdre la tête à tout le monde. De ses adversaires à ses observateurs.
À l'époque, le numéro 77 pouvait vanter une efficacité technique estimée à 94,8%, un record lors des six derniers exercices de Serie A. On notait également sa capacité à réaliser les bons choix (K-Solution 94,8%) et son influence sur le jeu napolitain, avec une agressivité offensive établie à 95,3%. Le tout grâce à une condition physique presque parfaite (17 matches avec 95% d'efficacité physique). Plus globalement, depuis son arrivée en Italie (selon Opta) : 1er au classement des dribbles réussis (196), 1er pour les ballons touchés dans la surface adverse (491), 2e du côté des occasions créées (145), 2e plus grand frappeur (263) et 3e pour les frappes cadrées (94). Bref, du très haut niveau. "Le PSG a recruté un joueur avec une grande fantaisie, confie Pierpaolo Matrone, journaliste au sein de la télévision locale Telecapri. Le dribble est sa plus grande force. Mais c'est un dribble particulier. Pas vraiment le même qu'Ousmane Dembélé, qui sera son pendant à droite."
Car en recrutant Kvaratskhelia en cette fenêtre hivernale, moyennant pas moins de 70 millions d'euros, Paris s'est en effet attaché un profil singulier. Outre que gagner en imprévisibilité. Pour la légende italienne Gianfranco Zola, celui qui a été formé au Dinamo Tbilissi, le club le plus réputé et titré du football géorgien, avant de se révéler en Russie (Lokomotiv Moscou puis Rubin Kazan), est carrément "une sorte de nouveau George Best". Rapide, élégant, capable de jouer ailier comme avant-centre, altruiste, le Géorgien donne le tournis aux défenses adverses avec ses dribbles déroutants.
On cherche les qualités innées du joueur pour les améliorer
"C'est un joueur qui est très fort sur ses premiers pas, poursuit notre collègue transalpin. Il n'est pas taillé comme d'autres dribbleurs, qui ont leur centre d'attraction assez bas. Il n'est pas aussi rapide que Dembélé ou Barcola. Kvara est plus carré et plus épais, que ce soit au niveau de la taille que de la stature. Il est assez musclé. Alors il utilise également sa capacité physique pour effacer son adversaire sur ses premiers pas. Il arrive à dribbler son adversaire en le dominant physiquement. C'est un dribbleur insaisissable et sinueux, pas forcément électrique : il part, feinte, change de direction. Il efface son adversaire en le déséquilibrant sans arrêt." "On pourrait également parler de sa frappe, souligne Vincenzo Credendino, un autre journaliste napolitain. Quand il tire, le bruit de l'impact sur le ballon n'est pas le même que celui des autres joueurs. Il n'a pas que le dribble à son arc. En plus, c'est un joueur capable de faire du jeu et de servir de liant entre ses coéquipiers. Kvaratskhelia, c'est du très haut niveau."
Si son pourcentage de dribbles réussis a considérablement baissé depuis un an et demi, chutant à 26% cette saison (19/72), en faisant le pire joueur - avec au moins 15 dribbles tentés - du championnat italien, Kvaratskhelia demeure une arme létale pour Luis Enrique. "Ses caractéristiques sont adaptables à notre style de jeu. On cherche les qualités innées du joueur pour les améliorer. Être le plus souvent possible devant le but, être dans une situation de tirs mais aussi se connecter avec tel joueur et créer des synergies. Je pense que ce qu’il va apporter à l’équipe est positif", a assuré le technicien parisien vendredi en conférence de presse.
Un peu plus tôt dans la semaine, il parlait d'un joueur "différent des autres" au micro de Sky Italia. "C'est un jeune joueur, mais qui a déjà de l'expérience et de grandes qualités. On le suivait depuis déjà quatre ou cinq ans. Il répond à notre volonté de recruter des jeunes joueurs pour les faire grandir avec nous", ajoutait-il. Ce transfert pourrait d'ailleurs lui faire du bien, alors que les défenses italiennes ont fini par le cerner après deux ans et demi. Moins d'espaces, plus de coups et une équipe qui a doucement changé de centre de gravité : la vie n'a pas toujours été un long fleuve tranquille pour "Kvaradona", redevenu soudainement humain depuis la quête du quatrième titre napolitain. Le contexte autour de lui avait changé.
Il correspond à notre idée du football
"Mais le PSG s'est assuré un sacré frappeur en plus de dribbleur, rétorque Pierpaolo Matrone. Il suffit de regarder les vidéos qui circulent. Il a marqué beaucoup de buts de l'extérieur de la surface, même du pied gauche. Kvaratskhelia sait aussi frapper les corners, en plus de rester lucide en phase offensive malgré ses efforts défensifs. Et tactiquement, il a beaucoup appris en Italie depuis deux ans et demi... Autour de lui, il lui faut toutefois un contexte tactique qui fonctionne." Ce qui relève du travail de Luis Enrique, forcément.
"Je crois que nous connaissons tous Kvara. C'est un joueur qui a démontré à Naples et avec la Géorgie son niveau, a dit le coach du PSG. Il est parfaitement adaptable à notre idée de jeu. Il a la capacité de jouer en un-contre-un, il peut aussi jouer à l'intérieur, et même en 9, comme il l'a montré en sélection. Il est polyvalent, il peut déborder, et il a aussi une grande capacité à défendre, ce qui est essentiel parce que nous avons besoin de défendre à onze et d'attaquer à onze. Il correspond à notre idée du football", répétait ce dernier en début de semaine, n'excluant pas de l'employer, si besoin, dans un rôle de faux neuf. Ce que "Kvara" n'a quasiment jamais fait avec Naples. Là-bas, sa zone de prédilection a toujours été le couloir gauche, avec possibilité de rentrer dans l'axe à son bon vouloir.
"Il faut qu'il soit le plus souvent possible devant le but pour être en situation de tir, mais aussi connecté aux autres joueurs", a d'ores et déjà prévenu Luis Enrique, persuadé que sa nouvelle recrue peut frapper fort dès la première partie de saison. Va-t-il le lancer dans l'arène dès samedi face à Reims (21h05) ? "Physiquement, il est très bien, on l'a vu lors des entraînements, il est bien adapté, c'est un joueur du PSG, tout va bien, il est prêt", a-t-il annoncé en conférence de presse vendredi au Campus PSG de Poissy (Yvelines). Que le spectacle commence.
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