Ce sera le premier des trois rounds qui détermineront la saison de l'OL. Où Catarina Macario peut marquer un grand coup pour lancer son aventure lyonnaise. Ce mercredi (18h), en terre parisienne, Lyon et le PSG, les deux mastodontes du football féminin français, se retrouvent en quart de finale aller de la Ligue des champions (match retour prévu le 31 mars). Une compétition sur laquelle les Fenottes marchent depuis une décennie, puisqu'elles ont remporté, depuis 2011, 7 titres, dont les 5 dernières éditions.

L'OL habitué à tourmenter le PSG en C1

L'affrontement est loin d'être inédit, les deux clubs, dont les confrontations en championnat de France rythment déjà l'année, se retrouvant très souvent sur la scène continentale. C'est arrivé 4 fois rien qu'entre 2014 et 2020, avec un bilan largement à l'avantage des Rhodaniennes : si Paris a éliminé Lyon en 2014 au stade des 8es, l'OL s'est imposé en finale en 2017, et en demie en 2016 et l'an passé. Bien que favorites, les partenaires de Wendie Renard ont, en plus d'une suprématie à conserver, un ascendant à prendre sur Paris en vue d'un match de championnat crucial dans la course au titre. Prévu mi-mars, celui-ci a été reporté à la dernière minute après des cas de Covid-19 détectés au sein de l'effectif parisien, et devrait se jouer après la double confrontation en C1.
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28/03/2015 À 21:47
Macario, elle, comptait sur ce rendez-vous pour vivre son premier gros duel en terre européenne. Elle a donc dû patienter 11 jours de plus. Arrivée en grandes pompes à la mi-janvier, l’Américaine de seulement 21 ans, dont le transfert a été présenté par le président Jean-Michel Aulas comme "l’opération la plus significative de l’histoire de l’OL féminin", devrait avoir son mot à dire dans ces matches décisifs. Son statut de pépite et future très grande joueuse mondiale en fait en tout cas une actrice attendue sur de tels rendez-vous. Même si, comme le rappelle Camille Abily, l’adjointe de Jean-Luc Vasseur, "il faut être patient, ne pas attendre d’elle qu’elle nous fasse gagner tous les matches en arrivant".
Arrachée par l’OL à son club de Stanford, où elle disputait depuis 2017 le championnat universitaire, au nez et à la barbe des franchises américaines et de tous les plus grands clubs européens (Real Madrid, Bayern Munich), dont le PSG, la milieu offensive, polyvalente, est en tout cas appelée à jouer un rôle majeur à Lyon ces prochaines saisons.
Il faut vivre dans une grotte pour ne pas connaître l’OL
Bien sûr, c’est l’aura du club, et notamment ses prestations historiques en Ligue des champions, qui lui ont permis ce recrutement décisif : "il faut vraiment vivre dans une grotte pour ne pas connaître l'OL", a-t-elle ainsi déclaré lors de sa présentation à la presse. Et c’est justement pour préserver la grandeur de l’institution que ce coup s’avère crucial. L’OL, actuellement deuxième avec un point de retard sur Paris, chancelle en championnat, mais le mal semble plus profond, puisque son jeu donne l’impression de s’essouffler depuis quelques mois, comme le souligne le parcours tortueux des partenaires d'Eugénie Le Sommer cette saison en C1.
Elles s'étaient ainsi fait peur dès leur entrée en lice, en 16e de finale, face à la Juventus, l'emportant sur le gong à l'aller (2-3), avant de faire la différence au retour (3-0). Rebelote en 8e face à la modeste équipe de Brondby où, après une victoire 2-0 avec un but de Malard au bout du temps additionnel à l'aller, les joueuses de l'OL ont été menées lors du match retour avant de renverser logiquement la partie (1-3). Lyon, qui a également recruté cet hiver l’Espagnole Damaris Egurrola, veut ainsi retrouver un second souffle. Et préparer l’avenir alors que plusieurs cadres (Henry, M'Bock, Kumagai entre autres) sont en fin de contrat cet été : "On est obligé d’anticiper les 3-4 ans à venir, parce que nos tops joueuses actuelles ne vont pas être éternelles non plus", explique ainsi Abily.

A la poursuite du "Rêve américain"

Qui de mieux pour ce faire que la meilleure jeune joueuse américaine du moment, déjà comparée à la légende américaine Mia Hamm ? Elle qui, à deux reprises, a reçu le trophée Mac Hermann, soit "la plus prestigieuse récompense individuelle du football universitaire", comme le précise son coach à Stanford, Paul Ratcliffe, n’arrive pas sur la pointe des pieds sur le Vieux Continent. Mais bien avec l’envie de poursuivre une ascension fulgurante, qui pourrait lui permettre d’atteindre dans quelques années la notoriété d’une Megan Rapinoe ou d’une Alex Morgan. Deux Américaines, double-championnes du monde, elles aussi passées par l’OL.
Née au Brésil, Macario rallie le pays de l’Oncle Sam à l’adolescence avec une partie de sa famille pour y réaliser, comme elle l’a écrit il y a peu, le "rêve américain". Pour pouvoir pratiquer, surtout, sa passion dans de bien meilleures conditions. D’abord à San Diego, en Californie où Paul Ratcliffe la repère et réussit à l’attirer du côté de Stanford, en 2017. "Ce qui m’a le plus marqué quand je l’ai vue la première fois, c’était ses capacités de finition et de passe, raconte Ratcliffe. Elle a une technique exceptionnelle et un super Q.I football".
Elle a une qualité rare : elle est aimée par tout le monde
Il n’a jamais eu à regretter ce choix, puisque dès sa première saison avec les "Cardinals", Macario, avec le statut de "Freshman" (étudiante en première année), ébahit le championnat (17 buts et 13 passes décisives en 23 matches), délivrant deux passes décisives lors de la finale du championnat universitaire remportée par les siennes. Nommée joueuse de l’année par ESPN dans la foulée, elle acquiert une renommée nationale et attire déjà tous les regards.
La première pierre d’un édifice qui va continuer à s’étoffer les saisons qui suivent, avec un nouveau titre de champion universitaire en 2019. "C’est une personne merveilleuse sur et hors du terrain, l’encense Paul Ratcliffe. Elle se soucie beaucoup de ses coéquipières, elle est altruiste. Elle a autant de satisfaction à marquer ou être à la dernière passe. Elle a une qualité rare : elle est aimée par tout le monde", ajoute le coach de Stanford.
Heureux d’avoir vu Catarina Macario devenir la "meilleure joueuse universitaire aux États-Unis" en trois saisons, Ratcliffe décrypte : "Là où elle a le plus progressé, c’est dans sa vitesse d’exécution et dans ses mouvements sans le ballon". Son apprentissage, Macario compte bien le parfaire à Lyon, où le staff lyonnais a déjà dégagé un axe important de progression : "Elle a l’aspect américain côté athlétique, avec la puissance, la répétition des efforts, la tonicité. Et elle a sa touche brésilienne côté technique. Maintenant j’espère qu’on va la faire progresser d’un point de vue tactique, en lui faisant gagner en maturité dans ses choix de jeu", précise Abily.

Une joueuse offensive et polyvalente

Cela lui sera indispensable pour s’imposer, soit au poste de numéro 10, soit comme numéro 9, là où elle était souvent le plus utilisé aux États-Unis, comme à Lyon lors de ses trois premières apparitions. "Elle peut réussir aux deux postes, pense Paul Ratcliffe. Cela dépend des joueuses qui l’entourent, même si, en définitive, je pense que son positionnement idéal est celui de numéro 10". "C’est une joueuse qui est capable de jouer à tous les postes offensifs, complète Camille Abily. Elle nous disait ne pas avoir de préférence pour un poste en particulier. Cette polyvalence, c’est une de ses forces".
C’est surtout ses qualités de buteuse qui ont émergé lorsqu'elle représentait les "Cardinals", dont une saison extrêmement prolifique en 2019 (32 buts, sans oublier ses 23 passes décisives). Longtemps, pourtant, l’équipe nationale n’a pu profiter de son talent car Macario n’a obtenu la citoyenneté américaine qu’en octobre dernier.

Catarina Macario avec le maillot de l'équipe nationale américaine, lors de la SheBelieves Cup - Février 2021

Crédit: Getty Images

En janvier, dans la foulée de sa signature à Lyon, elle a inscrit son premier but avec la sélection aux 4 titres de champion du monde pour sa première titularisation, seulement 3 minutes après le coup d’envoi, face à la Colombie. La confirmation que rien ne l’effraie, surtout pas la concurrence dans un club aussi bondé de talents que l’OL (Hergerberg, Parris et Le Sommer rien que pour le poste de numéro 9), le tout sur un autre continent : "C’est un grand changement, acquiesce Paul Ratcliffe. Mais je suis certain qu’une fois que Catarina se sera installée et se sentira chez elle, elle commencera à grandir sur le terrain. Elle gère très bien la pression et aime jouer sur la plus grande des scènes".
Elle est à l'écoute et très respectueuse
Avec seulement quelques semaines d’entraînement dans les jambes, difficile pour Macario de prendre ses marques, et cela explique pourquoi, jusqu’ici, ses apparitions sur le terrain ont peu fait vibrer. "C’est une transition difficile à réaliser", avoue Abily qui, au cours de son immense carrière, a fait la navette inverse, en jouant en 2009 et 2010 pour Los Angeles et le FC Gold Pride. "On en a parlé avec Catarina, qui n’était pas satisfaite entièrement de ses prestations avec les USA !Mais je lui ai dit, "tu passes de l’universitaire à l’équipe nationale, forcément il va falloir un temps d’adaptation". Moi je me rappelle, quand je suis partie aux Etats-Unis, j’ai connu ça, il m’a fallu un mois voire un mois et demi".

Catarina Macario, le 10 mars 2021, lors du match de Ligue des champions de l'OL à Brondby (1-3)

Crédit: Getty Images

Mais l’ancienne internationale tricolore et adjointe de Jean-Luc Vasseur ne se fait pas de soucis pour Macario : "Ce que j’apprécie chez elle, c’est que c’est quelqu’un de très à l’écoute, très respectueux. Elle n’est pas arrivée en star, alors qu’aux Etats-Unis on l’a beaucoup portée aux nues. Elle sait qu’elle est dans un groupe avec énormément de grandes joueuses, elle a de nombreux exemples devant elle, c’est là où elle peut aller loin. Elle fait partie des grands espoirs et elle a envie de travailler pour faire partie des meilleures joueuses". Voilà qui ne devrait pas déplaire à Jean-Michel Aulas.
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