Comme souvent, l'Angleterre est en désaccord avec l'Europe. La Perfide Albion ne comprend toujours pas pourquoi l'UEFA n'a pas décidé de délocaliser la finale de la Ligue des Champions. Une hérésie pour les Anglais qui auraient bien aimé fêter leur domination totale sur le Vieux Continent du côté de Wembley. Programmé de longue date à Moscou, le feu d'artifice final de la C1 sera finalement tiré du stade Luzhniki. Dommage pour les supporters de Manchester United et de Chelsea qui devront traverser l'Europe d'ouest en est. Mais le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Et Roman Abramovich est à ranger dans la catégorie des gens heureux.
Le patron de Chelsea est en effet à deux doigts de son rêve : remporter la Ligue des Champions. Depuis qu'il a racheté le club des quartiers chics de la capitale anglaise, le milliardaire ne vit que pour la coupe aux grandes oreilles. Et n'a jamais été aussi proche du sacre ultime. Un sacre qui pourrait intervenir dans son pays natal. Là où le self made man s'est fait. Dans des conditions qui laisseront sans doute songeurs mais dont les nouveaux riches de la Russie post-soviétique ont profité en masse.
Ligue des champions
Un duel fratricide
20/05/2008 À 01:48
Même s'il est devenu ultra-médiatique depuis sa prise de pouvoir à Chelsea, l'homme reste une énigme. On sait qu'il a perdu sa mère à sa naissance et son père à quatre ans. Agé de 41 ans, l'homme s'est construit seul et a profité, comme bon nombre de futurs oligarques, de la chute du mur de Berlin et de la fin de l'URSS pour devenir celui qu'il est aujourd'hui. De la commercialisation de canards en plastique, Roman Abramovich est progressivement passé au pétrole. Un temps allié à Boris Berezovsky, il a monté un empire qui le classe cette année à la 15e place des hommes les plus riches du monde (ndlr : Selon Forbes, sa fortune est estimée à 23,5 milliards de dollars).
"L'homme le plus important de l'histoire du club"
Gouverneur de Tchoukotka depuis 2000, Roman Abramovich a pris les rênes d'un Chelsea exsangue en 2003. Il en a fait un club de premier plan européen. Si les années 90 avaient été douces pour les Blues et marquées par quelques succès dont beaucoup se contenteraient (notamment une Coupe des Coupes en 1998), le "Chelski" d'aujourd'hui n'a plus rien à voir. S'il resté tourné vers l'international, le club d'Abramovich est avant tout devenu une machine à gagner et l'exemple accompli du football business. A ceci près que le club n'est toujours pas rentable.
Pour information, Chelsea a annoncé des pertes de 74,8 millions de livres (environ 99 millions d'euros) pour la saison 2006/2007. Un déficit en baisse et qui n'empêche pas Abramovich de dormir. Au contraire de beaucoup de propriétaires, le Russe ne vise que les titres et le plaisir ultime. Fortune oblige, l'argent est secondaire. Depuis sa prise de pouvoir, ce passionné de ballon rond a dépensé environ un milliard d'euros pour les Blues en "frais divers" (rachat, paiement de la dette, transferts, nouveau centre d'entrainement). Et n'a pas envie de s'arrêter là. Chelsea est sa danseuse. Et rien n'est trop beau pour elle. Pas même Didier Drogba, Andreï Shevchenko ou encore Michael Ballack et Nicolas Anelka. Et évidemment, il n'aime pas qu'elle soit maltraitée.
José Mourinho en a fait les frais l'automne dernier. Les Blues ne jouaient plus assez bien et, accessoirement, Roman en avait assez du "Special One". A la place du flamboyant Portugais qui a remporté deux titres en Premier League (2005, 2006), une Coupe d'Angleterre (2007) et deux Coupes de la Ligue (2005, 2007) aux commandes de Chelsea, Abramovich a promu Avram Grant. Avec la réussite que l'on sait. Mercredi, Chelsea disputera sa première finale de Ligue des Champions. A coups de millions, le milliardaire russe n'est plus très loin de son rêve ultime. Et qu'importe si la manière et l'opacité qui règne autour du personnage et de ses fonds en incommode certains. "Monsieur Abramovich fait ce qu'il veut de son argent, juge John Obi Mikel. Je ne comprends pas pourquoi les gens le critiquent. Il a de l'argent à dépenser. Alors..." A Chelsea, personne ne critique. Bien au contraire. "Chelsea sans Roman Abramovich ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui, assure Avram Grant. C'est l'homme le plus important de l'histoire du club." Tout simplement.
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