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Lille, une leçon d'italien
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Publié 19/10/2011 à 03:41 GMT+2
Battu à domicile par l'Inter Milan (0-1), mardi, Lille a vérifié à ses dépens la légende des clubs transalpins. Dominateurs, les hommes de Rudi Garcia racontent leur expérience du réalisme italien et du catenaccio. Une leçon de plus dans le difficile apprentissage du LOSC en Ligue des Champions.
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"On apprend encore". Le constat est signé Rudi Garcia. Mardi, après le russe face au CSKA Moscou (2-2) et le turc à Trabzonspor (1-1), le LOSC a pris un cours d'italien à l'occasion de la réception de l'Inter Milan. Un condensé de réalisme et de catenaccio qui laisse des regrets. Encore une fois... Preuve que même s'il occupe la 17e place en Serie A, l'Inter reste l'Inter. Et "les grandes équipes marquent avec peu d'occasions", note Florent Balmont. Pour les Nerazzurri, il n'en a même fallu qu'une. "C'est un match à l'italienne quoi", résume Obraniak. Pour Mavuba, son équipe "a pris une leçon de réalisme, on peut dire ça comme ça". Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit une surprise. "Ca n'était pas un piège car on savait très bien comment ils allaient jouer", admet Pedretti. Les Lillois ne sont pas les premiers à tomber dans le panneau. A domicile, le PSG (contre le Milan AC en 1995, 0-1), l'OM (contre la Lazio en 1999, 0-2 et Milan en 2009, 1-2), Lyon (contre l'AS Rome en 2007, 0-2), Bordeaux (toujours contre l'AS Rome en 2008, 1-3) ou dernièrement Auxerre (contre Milan en 2010, 0-2) avaient déjà chuté.
Alors est-ce plus une défaite de Lille ou une victoire de l'Inter ? Sans doute un peu des deux. En début de match, on a eu du mal à reconnaître le LOSC flamboyant du championnat. On l'a presque trouvé timide, loin du jeu fluide auquel il nous avait habitués. "Je n'ai pas trouvé qu'il y avait un complexe d'infériorité, assure pourtant Obraniak, remplaçant au coup d'envoi. Il y avait du respect pour cette équipe mais pas plus que ça. Ils ne nous ont pas vraiment impressionnés". Sur le terrain, c'est une autre histoire. "On les a trop respecté", disent au contraire Garcia et Chedjou, ce dernier mettant en avant "le fait que certains découvrent la compétition cette année" à Lille. Eden Hazard, pour sa part, évoque "un peu de stress". "On n'était peut-être pas libérés à 100 %. Peut-être à cause de l'enjeu", avance également Debuchy qui regrette l'absence de "grain de folie". Et Obraniak finit par avouer : "On aurait pu se lâcher un peu plus".
"Les stats sont en notre faveur mais..."
Mais si Lille a déjoué, notamment en première période, l'Inter n'y est pas étrangère."Ils ont été assez intelligents pour imposer le rythme qu'ils avaient décidé de mettre", note l'international polonais. "On a l'impression qu'ils ont géré leur match tranquillement, qu'ils ont installé un faux rythme, poursuit-il. Ils ont fait beaucoup de fautes, ils sont restés au sol. Un peu à l'italienne... L'arbitre n'a pas non plus laissé beaucoup jouer". "Ils ont bien réussi à casser le rythme", souligne de son côté Garcia. Le LOSC a finalement su relever la tête après l'ouverture du score. Mais, face à des Italiens, c'est déjà trop tard. Le rideau de fer était dressé. "Ils réussissaient toujours à garder le ballon ou à gagner du temps. Tous les vices qu'on peut connaître", explique Pedretti. Pour les Dogues, les statistiques sont cruelles : 59% de possession, 16 tirs (dont 7 cadrés) contre 5 (2 cadrés), 12 corners contre 3... "Les stats sont en notre faveur mais, au tableau d'affichage, il y a 1-0 pour eux", est bien obligé de constater le milieu de terrain lillois.
Pourtant, Rudi Garcia "connaissait les clés tactiques de ce match". "Par son système, c'est une équipe qui ouvre beaucoup les côtés. On savait qu'on aurait beaucoup de centres", avait analysé l'entraîneur. Au total, ils en ont effectué 39 centres, un record cette saison sur un match de C1. "Mais seul Moussa Sow était présent à la finition", regrette-t-il. Un défaut corrigé après la pause avec un changement de système et l'entrée d'un quatrième attaquant (Payet). Insuffisant toutefois. En revanche, il ne s'étonne pas de l'inefficacité de son équipe sur corner "parce qu'on ne peut pas faire grandir nos joueurs de 30 centimètres". Sur les conseils de son adjoint Frédéric Bompard, comme toujours présent en tribune en première période, il aurait néanmoins aimer voir son équipe "combiner sur les corners ou les coups de pied arrêts au lieu de centrer directement car cette équipe de l'Inter est très forte dans ce domaine". "On n'a pas réussi à dribbler dans les 30 derniers mètres ou à jouer à une touche de balle pour les déstabiliser", déplore également Pedretti.
Garcia avait un plan, Ranieri aussi
Mais là aussi, il faut donner du crédit à la défense de l'Inter, pourtant la plus perméable de Serie A (13 buts encaissés en six matches). "Ils ont bien défendu, avoue Obraniak. Ils ne sont pas sortis. Ils nous ont laissé le ballon au milieu de terrain et ils se sont mis à 30 mètres de leur but. Ils ne nous ont pas laissé non plus beaucoup plus de profondeur". Les quelques fois où elle a été prise en défaut, la défense intériste a pu compter sur Julio Cesar, "l'un des meilleurs gardiens du monde", dixit Garcia. Avec les entrées d'Obi et de Stankovic à la place de Zarate et Sneijder, dès l'heure de jeu, c'était quasiment mission impossible. L'inter a volontairement subi, sans plier. "Ils nous ont bien attendus. Ils nous libérés les côtés mais, dans l'axe, il y avait du monde", explique encore Debuchy. Hazard, comme les autres, a bien retenu sa première leçon de catenaccio : "Chez eux, ils vont jouer. Il y aura des espaces. Que ce soit en contre ou en développant notre jeu habituel, je pense qu'il y a aura moyen de marquer un but. Après, pourquoi pas essayer de faire comme eux et tenir le score".
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