Ligue des Champions : A Valence, le PSG doit s'assumer

Eurosport sur Google

Le PSG favori? Vu de Valence, ça ne fait pas de doute. Et en dépit du manque de vécu du club parisien, ce n'est pas injustifié. Même si Paris s'en défend.

Eurosport

Crédit: Eurosport

C'est un petit jeu traditionnel, un peu infantile, aussi, d'avant-match. A toi, à moi. Telle une patate chaude, les deux camps se plaisent souvent à se rejeter le statut de favori. Comme s'il s'agissait d'un envahissant boulet. Lundi, à Valence, ça n'a pas loupé. Du côté espagnol, on s'est fait un plaisir de tailler au Paris Saint-Germain un costard d'équipe à battre. "Ils font désormais partie des gros d’Europe. C’est vraiment une équipe qu’il faut respecter", a jugé Ernesto Valverde, l'entraîneur valencian. Mais dans son esprit, si le PSG est favori, c'est d'abord en raison de sa force de frappe économique: "Ils ont acheté beaucoup de monde. Le PSG a dépensé 40 millions d'euros pour Lucas cet hiver et ils ont fini premiers de leur groupe, donc ils sont favoris. Ça ne me pose pas de problème."
Bien sûr, Carlo Ancelotti a poliment mais fermement refusé d'endosser ce rôle. Il n'en éprouve ni envie ni intérêt. "Pour moi, a-t-il pris soin de souligner, il n’y a pas de favori, la qualification est ouverte, le match est très ouvert entre deux équipes habiles, compactes et qui ont des qualités techniques". On pourrait aussi rétorquer à Ernesto Valverde que le raisonnement est un peu court. Qu'on ne désigne pas forcément le favori d'un duel à la hauteur du compte en banque de chacun. Pas uniquement, en tout cas. On pourrait mais on ne le fera pas car, au fond, il a raison: le PSG doit afficher son ambition et celle-ci doit le porter au-delà de ce huitième de finale. Malgré son inexpérience à ce niveau de la compétition, le leader de la Ligue 1 est bien là pour se qualifier.
Valence a progressé depuis décembre... Paris aussi
Savoir qui est le favori n'a en réalité pas grande importance. C'est de la pure querelle sémantique. Une affaire de supporters et de journalistes. Posons le problème autrement: une élimination du PSG serait vécue comme une déception. Un échec? D'une certaine manière, oui. Perdre en quarts contre le Barça ou le Bayern, ce serait autre chose. De par ses moyens, son ambition, son potentiel, ses individualités comme son expression collective du moment, le PSG a les capacités de franchir l'obstacle.
Au mois de décembre, le sentiment général était que, si le PSG avait été mieux tombé, il aurait aussi pu hériter d'un tirage au sort pire que celui-là. Le Real Madrid pouvait être au menu de ces huitièmes pour Paris, et le raisonnement ne serait pas le même aujourd'hui. Alors, oui, Valence va beaucoup mieux qu'il y a deux mois. Sous Valverde, l'équipe a retrouvé cohérence et confiance, passant de la douzième à la cinquième place en Liga. Mais on peut aussi avancer que le PSG a lui aussi beaucoup évolué ces dernières semaines. Cela ne veut pas dire que la tâche sera simple et encore moins que les Parisiens sont à l'abri d'une déconvenue. Cela veut simplement dire qu'elle serait à considérer comme telle.
L'expérience a un nom: Ancelotti
D'autant que, s'il est incontestable que la culture des grands matches européens est davantage ancrée à Valence qu'à Paris, le différentiel en matière d'expérience est à relativiser. Oui, le PSG manque de vécu, mais dans les rangs espagnols, ils ne sont pas nombreux parmi les joueurs majeurs de l'équipe à posséder un énorme bagage continental. Sans parler du passé incomparable de Carlo Ancelotti, qui va s'asseoir pour la 114e fois sur un banc en Ligue des champions, quand son confrère Valverde ne va vivre mardi que son septième match à ce niveau.
Si le PSG a donc des raisons de se méfier du FC Valence, il aurait tort d'être frileux. Il ne faut surtout pas voir l'équipe d'Ancelotti plus belle et plus grande qu'elle n'est. Il y a probablement encore loin du PSG au Barça. Mais après tout, derrière... "Pour moi en C1, il n’y a qu’une seule équipe à un autre niveau : le FC Barcelone. Derrière, il y a petit groupe d’équipes avec notamment le PSG." Ainsi s'exprimait le Mister Carletto fin décembre dans le Corriere dello Sport. Dans ce groupe restreint, il plaçait Paris, la Juve, le Bayern, Manchester ou le Real, mais pas Valence. Pourquoi le contredire aujourd'hui?
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité