Marco Verratti devrait rater la Coupe du monde 2014 malgré son statut au PSG

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Indiscutable au PSG, qualifié en Ligue des champions contrairement aux clubs italiens, Marco Verratti ne fait pas partie des priorités de Cesare Prandelli.

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Voici un sujet qui commence à faire débat en Italie. Etincelant avec le PSG, avec qui il a un pied en demi-finale de la Ligue des champions, Marco Verratti n'est pourtant pas certain de figurer dans la liste des 23 Italiens pour aller à la prochaine Coupe du monde. La question de sa présence dans la Nazionale a été longtemps mise de côté car en Italie on y a tendance à se concentrer uniquement sur la Serie A. Mais cela fait quelques semaines que la presse transalpine relève ce paradoxe car il est maintenant impossible de négliger les performances de haut vol de Marco Verratti. Il est un des seuls joueurs italiens (avec ses coéquipiers parisiens assurés d'aller à la Coupe du monde) à évoluer dans un top club encore engagé en Ligue des champions, et même capable de la gagner, ne soyons pas hypocrites. Cependant, il se situe loin dans la hiérarchie des milieux de terrain de l’équipe d'Italie et devra attendre jusqu'à la dernière minute pour être certain d'aller au Brésil.

La concurrence fait rage

Verratti souffre avant tout d'une concurrence aguerrie en sélection. C'est que l'Italie possède l'un des meilleurs milieux de terrain du monde avec des joueurs dans la force de l’âge, installés dans le groupe depuis plusieurs années déjà. Visez un peu : Andrea Pirlo, Daniele De Rossi, Claudio Marchisio, Riccardo Montolivo et Thiago Motta. Trente-et-un ans de moyenne d’âge et 319 sélections à eux cinq. Ce quinté-là est bel et bien assuré d'aller au Brésil, quoi qu'il arrive, et peu importe leur forme du moment. Verratti se dispute donc la sixième et dernière place avec d'autres prétendants. Joint par nos soins, Simone Rovera (envoyé de Tuttosport à Paris), estime que "Prandelli a sa hiérarchie et donc Verratti ne peut pas être dans les cinq premiers milieux". "Je pourrais même comprendre qu'il choisisse d'emmener un Parolo (joueur de Parma, ndlr) plus physique avec une grosse frappe et meilleur défensivement, mais selon moi le Parisien mérite plus la Nazionale qu'un des cinq qui ont déjà leur place garantie", poursuit-il.
Il est vrai que Montolivo n'a jamais montré grand-chose en 57 sélections avec l'Italie et que Marchisio vit une saison compliquée. Alessandro Grandesso, qui suit le PSG pour La Gazzetta dello Sport, a justement mis en relief ce débat avec une interview de Verratti qui a fait la une du journal rose samedi dernier. Voici ce qu’il en pense : "Il faut respecter l’équilibre du groupe. Verratti se juxtapose à des milieux qui satisfont Prandelli depuis quelques temps déjà. Tout chambouler peut avoir des conséquences dans le groupe." Même si pour lui "la situation a évolué ces derniers temps, le staff de la Nazionale prend en considération l'hypothèse Verratti". Le petit Marco a effectivement marqué des points grâce à ses excellentes performances sur la scène européenne.

Quatre petites sélections au compteur...

Rappelons que Verratti a fait sa première apparition dans le groupe italien il y a déjà deux ans. Il n'avait que 19 printemps et venait tout juste d'être promu en Serie A avec Pescara. Prandelli l'avait convoqué dans la pré-liste pour l'Euro 2012. Il était pressenti pour intégrer le prochain cycle de la Nazionale (2012-2014). Il aura surtout brillé par son absence. Verratti ne compte que quatre petites caps sur les 25 rencontres disputées par la Squadra Azzurra lors de cette période (il a loupé quelques convocations sur blessure). Toutes lors de matches amicaux, ce qui est tout à fait significatif. Cela dit, il s'agissait de vrais tests puisqu'il a affronté l'Angleterre, la France, les Pays-Bas (où il a marqué) et l'Argentine, pour l'une de ses deux seules titularisations. Ce match, disputé en août dernier, aurait d'ailleurs déçu le sélectionneur italien, définitivement convaincu du manque de maturité de Verratti. Mais n'est-ce pas là justement l'erreur du staff de la Nazionale ? Ce sont bien les techniciens italiens qui ont décidé de le laisser à la disposition des U21 en juin dernier pour disputer l'Euro de la catégorie plutôt que de l'emmener au Brésil pour la Coupe des confédérations. Un voyage qui lui aurait permis de se faire sa place dans le groupe azzurro aussi bien d'un point de vue tactique que relationnel. Le relationnel justement… La rumeur veut que le comportement de Verratti n'ait pas toujours été apprécié au sein de l'équipe, mais il ne s'agit que d'une rumeur et on n'en sait guère plus.

Copier-coller le duo Thiago Motta-Verratti ?

Plus que Verratti, c'est le duo qu'il forme avec Thiago Motta qui est alléchant et qui pourrait être aligné en équipe d'Italie. Cela s'annonce compliqué avec la présence de Pirlo et des quelques autres indéboulonnables précédemment cités, mais pas impossible selon nos deux spécialistes italo-parisiens Simone Rovera : "Mon seul doute serait le positionnement de Motta, qu'il faudrait alors déplacer sur le centre-gauche où joue Matuidi au PSG, c'est un rôle qu'il occupait à l'Inter et il n'arrivait pas à s’y exprimer parfaitement. Mais si j'étais Prandelli, j’essayerais ce duo sans hésiter. Le milieu Thiago Motta-Pirlo-Verratti pourrait même être le meilleur du Mondial". Alessandro Grandesso voit les choses différemment : "Il peut être une alternative à Pirlo car la Nazionale a été construite sur lui. On a besoin de remplaçants de qualité dans une longue compétition comme la Coupe du monde." Pirlo a pris part au débat dimanche : "Verratti peut jouer avec moi comme il le fait avec Thiago Motta au PSG, tactiquement ça ne changerait rien du tout."
Impossible de savoir ce que cela donne concrètement car ils n'ont jamais été alignés ensemble une seule minute. Pis, Verratti a pour le moment un statut de remplaçant du remplaçant de Pirlo puisque lors du dernier amical contre l'Espagne, c'est Thiago Motta qui a été essayé devant la défense. Et c'est là que le bât blesse, on a beau retourner la question dans tous les sens, on a l'impression que Verratti est plus un problème qu'une solution pour Prandelli, lequel affirme même à demi-mot que le Parisien devrait plutôt changer sa façon de jouer pour faire son trou. Une suggestion assez incroyable pour une sélection en manque de jeunes talents affirmés, et qui pense régulièrement à rappeler un Totti, allant sur ses 38 ans. Il serait finalement temps que l'Italie apprenne de ses erreurs, car cette situation n'est pas sans rappeler un antécédent du même type. Il y a quatre ans, Marcello Lippi avait décidé de ne pas emmener un jeune et étincelant Giuseppe Rossi en Afrique du Sud. Le technicien champion du monde ne cesse de rappeler que c'est une des plus grosses erreurs de sa carrière.
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