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Le débat : Chelsea doit-il se débarrasser de Mourinho ?

Le débat : Chelsea doit-il se débarrasser de Mourinho ?
Par Eurosport

Le 03/11/2015 à 18:22Mis à jour Le 04/11/2015 à 14:31

Le bateau tangue comme jamais à Chelsea, mal en point en Premier League et en ballottage défavorable en Ligue des champions. Le symbole de cette descente aux enfers : José Mourinho. Le Portugais cristallise toutes les critiques. Mais les Blues doivent-ils pour autant virer leur manager ? Le débat fait rage à Eurosport.fr entre Geoffrey Steines et Maxime Dupuis.

Oui, Mourinho n'est pas fait pour durer

Par Geoffrey Steines

José Mourinho n'est plus l'homme de la situation. Semaine après semaine, cela ne fait que se confirmer et il serait temps pour Chelsea de passer à autre chose si tant est que Roman Abramovich ait les moyens de lui signer un gros chèque. Mais ce n'est pas vraiment le propos. Avant que la Ligue des champions ne soit plus qu'un souvenir et qu'y revenir la saison prochaine ne soit plus qu'une utopie, il faut trancher dans le vif. Même si le mal est certainement déjà fait, avec six défaites en championnat et dix points de retard sur le 4e. Sauf que le plus inquiétant n'est pas là.

L'apathie de l'équipe, qui semble déjà à court de carburant, saute aux yeux. Un comble pour un groupe dirigé par Mourinho, qui ne sait plus quels ressorts utiliser. A force de crier au loup à chaque décision arbitrale litigieuse, il n'est plus intelligible. Le manager portugais était initialement revenu chez les Blues en 2013 pour relever un challenge inédit dans sa carrière : celui de construire dans la durée. Force est de constater qu'il ne semble pas fait pour ça. Abramovich a surtout fait plaisir aux supporters en rapatriant Mourinho, qui a toujours bénéficié d'une cote d'amour inégalable à Stamford Bridge et cela s'est encore entendu samedi.

Son effectif n'est pas Mourinho-compatible

Mais le propriétaire de Chelsea s'est fait plaisir à lui-même sur le marché des transferts et n'a pas fourni les munitions adéquates au "Special One", qui a besoin de joueurs de devoir, prêts à se sacrifier pour lui en toutes circonstances. Cesc Fabregas ou Pedro ne sont pas de cette trempe-là. Ce n'est pas un hasard s'ils sont en première ligne dans la mutinerie qui secouerait actuellement le vestiaire. Réelle ou pas, il n'y a pas de fumée sans feu. Mourinho parait plus isolé que jamais, il n'a plus de relais dans un vestiaire qui a perdu en expérience et en culture de la victoire.

Depuis 2013 qu'il est revenu, il a vu partir (ou laissé partir, c'est selon) Petr Cech, Didier Drogba, Frank Lampard, David Luiz. John Terry est toujours là, mais il n'est plus que l'ombre de lui-même et sa perte de légitimité sur le terrain lui confère moins de poids en interne. L'ancien coach de l'Inter s'est toujours appuyé sur des lieutenants infaillibles. Aujourd'hui, il a sous la main un effectif qui n'est pas Mourinho-compatible, pas sur la durée. L'illusion a duré lors des six premiers mois de la saison passée. Elle s'est dissipée depuis. Et une fois que le charme est rompu, il est bien difficile de raviver la flamme. L'amour dure trois ans, parait-il. Avec Mourinho, c'est encore moins que ça.

Non, Mourinho reste le meilleur argument de Chelsea

Par Maxime Dupuis

José Mourinho ne peut pas avoir raison contre le monde entier. Mais cela ne signifie pas pour autant que The Special One a complètement tort alors qu'il traverse une tempête inédite dans sa carrière. Jamais il ne s'était retrouvé aussi bas. Faut-il pour autant le brûler ou le mettre à la porte manu militari ? Roman Abramovich n'a pas appuyé sur le bouton jusqu'ici. Parce que cela coûterait excessivement cher aux Blues. Mais pas seulement. José Mourinho reste José Mourinho. Avec ses défauts. Et ses qualités.

Ses défauts, on les connait. L'ancien entraîneur de Porto est intransigeant, têtu et parfois cassant, et pas qu'envers la presse. En gros, Mourinho a une fâcheuse tendance à auto-alimenter les crises. C'est plus fort que lui. Il marche à l'adversité et fait fonctionner ses équipes ainsi. Ses qualités ? Elles peuvent se résumer par son palmarès et les deux C1 qu'il a glanées avec deux équipes qui n'étaient pas destinées à s'asseoir sur le toit de l'Europe. On peut aussi rappeler que José Mourinho a réinstallé Chelsea sur le trône d'Angleterre plus que vite qu'on ne l'imaginait. Et ceci avec une équipe jeune, qu'il a façonnée en quelques mois seulement.

Le mythe de la troisième saison

Aujourd'hui, il se retrouve dans ce qui ressemble à une impasse. Mais le brillant entraîneur qu'il fut au printemps est-il devenu un moins que rien après onze journées de Premier League ? Soyons sérieux. Le problème vient peut-être aussi de son vestiaire, moins disposé ou plus capable (hello John Terry…) de faire les efforts que l'exigeant football du Portugais demande. La troisième saison est toujours celle de trop pour Mourinho, a-t-on coutume de dire. Argument qui n'a pas de sens. Parce qu'il a quitté Porto et l'Inter après deux années. A Chelsea, elle avait débouché sur une 2e place et deux coupes nationales. Au Real ? L'argument est largement recevable, mais dans un contexte exacerbé que seules l'Espagne et la rivalité Barça - Real peuvent offrir en Europe.

Si le management de Mourinho est harassant et usant, pour ses joueurs comme ses dirigeants, et que personne ne peut avancer le contraire, il n'en reste pas moins que le Portugais est encore la meilleure garantie, avec quelques happy few comme Guardiola, de toucher les étoiles et de garnir un palmarès. Sans lui, Chelsea n'aurait pas repris le pouvoir en Angleterre. Pour faire simple : il est dur de travailler avec ou sous les ordres de Mourinho mais ça en vaut la peine. Roman Abramovich le sait désormais. Les joueurs qui le lâchent (ou seraient disposés à le faire) seraient bien inspirés de s'en souvenir.

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