La Ligue des champions n’est pas destinée aux poètes et autres doux rêveurs. Elle ne l’a jamais vraiment été, au fond. Et la Juventus Turin, d’une précision clinique qui n’a d’égale que sa maitrise absolue des débats, est brutalement venue le rappeler à l’Association Sportive de Monaco au terme d’une soirée qu’il ne faudra surtout pas oublier. Parce qu’il y a une manche retour et que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir même face à cette Vieille Dame qui recule éternellement l’âge de sa retraite. Parce qu’il y aura aussi un après 20016/2017 et que cette ASM, à défaut d’avoir tout la vie devant elle, a un avenir, à condition que les vautours du mercato ne viennent pas se servir dans ses rangs dès cet été.
On aurait aimé vous dire que Monaco n’a pas mérité ça, qu’il n’a pas manqué grand-chose aux hommes de Leonardo Jardim. Vraiment. Mais malheureusement, à cette heure, c’est un océan qui sépare Monaco de Turin. Et pas seulement un brin de réussite ou d’efficacité. Tout ce que l’on craignait avant le coup d’envoi s’est matérialisé durant l’heure et demie de débat passionné à Louis-II. L’ASM a eu quelques temps forts. A chaque fois, Mbappé et Falcao ont buté sur qui vous savez. Celui qui fait cauchemarder les attaquants de la planète depuis plus de deux décennies. Et quand Monaco a baissé de pied, la Vieille Dame a remis son dentier et vigoureusement mordu les mollets azuréens. Les deux fois par Gonzalo Higuain.

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L’ASM a du chemin

Finalement, on n’a rien appris qu’on ne savait pas déjà, mercredi soir. La Juventus avait l’expérience pour elle. Elle l’a fait parler. Au coup d’envoi, le onze monégasque culminait à 25 ans de moyenne d’âge. Soit un peu plus de cinq ans de moins que les Turinois. Une différence abyssale. Et ça s’est vu. Aucun des héros rouge et blanc, de Falcao à Glik, n’avait disputé de demie de Ligue des champions de leur vie. Vous savez quoi ? Je vous le donne en mille : ça s’est vu, aussi.
C’est vrai, il arrive que la jeunesse et l’inexpérience triomphent. L’Ajax Amsterdam l’a prouvé en d’autres temps. Avec deux bonnes décennies de recul et au vu des carrières de chacun de ses membres, on sait pourquoi cette équipe a terrassé l’AC Milan en 1995, armée de bébés et de deux nounous nommées Danny Blind et Frank Rijkaard. L’Association Sportive de Monaco, aussi exaltante et emballante soit-elle, n’en est pas là. Désormais, elle le sait.

2017, Leonardo Bonucci, Monaco-Juventus

Crédit: Getty Images

L’audace d’Allegri

Leonardo Jardim a sans doute beaucoup appris, lui aussi, face à Massimiliano Allegri. Le Portugais retiendra de cette soirée que son alter ego italien lui a joué un mauvais tour en sortant la Juventus Turin de sa zone de confort, plongeant illico presto Monaco dans l’inconfort. Pourtant sûr de la force de son 4-2-3-1 dont l’efficacité n’est plus à démontrer, Allegri a ressorti de sa poche le 3-5-2 cher à son prédécesseur. Sur les côtés, Dani Alves et Alex Sandro ont étiré l’aire de jeu de Louis-II comme pas permis et fait perdre leurs repères aux Azuréens.
Comment Allegri a-t-il procédé ? On ne peut pas dire qu’il a joué sur la profondeur de son effectif et tout bouleversé. Il a simplement aligné un joueur que l’on n’imaginait pas voir sur le pré mercredi soir : Andrea Barzagli. Une forme d’audace. Celle-là même dont Monaco, une fois n’est pas coutume, a manqué mercredi. Du haut de ses 35 ans, Barzagli n’a pas dépareillé avec la paire Chiellini - Bonnucci qu’il connait par cœur. Et, lui aussi, a donné la leçon à la jeunesse monégasque dont on espère qu’elle aura beaucoup appris. Si le succès ravit les hommes, la défaite les fait grandir.

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