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Real Madrid - PSG (3-1) - La sentinelle, ce très cher et éternel problème

La sentinelle, ce très cher et éternel problème

Le 15/02/2018 à 11:55

LIGUE DES CHAMPIONS - Pour ne pas avoir su attirer une vraie référence du poste l'été dernier, le PSG a aligné un jeune inexpérimenté, Giovani Lo Celso, devant la défense face à Madrid (3-1). Son naufrage a précipité la défaite parisienne et sanctionné les échecs de la cellule de recrutement.

Comment le PSG a-t-il pu en arriver là ? Comment un club si ambitieux a-t-il pu aligner en 8e de finale de la Ligue des champions à Santiago Bernabeu un joueur sans expérience, Giovani Lo Celso, et à son mauvais poste, en sentinelle ? Comment une formation qui a dépensé plus de 400 millions d'euros sur le marché des transferts l'été dernier a-t-elle pu se trouver aussi dépourvue à un poste aussi sensible et dans une rencontre aussi cruciale ? La situation est ubuesque et pourrait presque prêter à sourire si la prestation catastrophique de l'Argentin n'avait pas largement hypothéqué les chances de qualification du PSG.

Chaque grand club européen, ou qui prétend l'être, dispose d'au moins deux solutions fiables à chaque poste. Paris n'en a même pas une à celui de sentinelle. Quand il n'est pas blessé, Thiago Motta est laissé de côté par son coach, Adrien Rabiot ne veut plus entendre parler du poste (et semble avoir obtenu gain de cause) et Lassana Diarra, arrivé cet hiver à court de compétition, ressemble à une solution par défaut pour un PSG qui ne pouvait pas se permettre des folies cet hiver. Unai Emery avait donc le choix entre un Lo Celso trop tendre, un Diarra trop juste et un Motta trop fatigué.

Lo Celso (PSG) en difficulté à Madrid

Lo Celso (PSG) en difficulté à MadridGetty Images

Inconscience

Le voilà donc obligé de bricoler et de faire confiance à un frêle gamin de 21 ans, milieu relayeur de formation, plus soyeux que soutier, pour montrer les dents et les muscles face à Modric, Kroos et Casemiro. Voilà qui relève de l'inconscience d'autant que Lo Celso s'était déjà noyé à Lyon (2-1) pour l'un des rares matches à très haute intensité qu'il avait disputé.

A Madrid, ce fut pire. Il a joué trop haut, laissant Modric se régaler dans son dos, et il a également multiplié les fautes et les gestes trop risqués devant sa surface. Dépassé dans l'engagement, souvent en retard, le natif de Rosario a précipité le retour de flamme du Real en provoquant un penalty. Diarra aurait-il fait mieux ? Difficile d'imaginer pire. Mais l'ancien Marseillais n'avait plus disputé de match de Ligue des champions depuis 2012 et ses dernières sorties avec Paris n'avaient pas franchement diffusé beaucoup de sérénité.

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Principal obstacle aux ambitions parisiennes

Voilà des mois que le PSG cherche un successeur à un Thiago Motta vieillissant. Sa puissance de frappe financière aurait dû lui permettre de se mettre à l'abri d'une telle mésaventure en misant sur un spécialiste du poste. Un homme capable de répondre aux défis physiques madrilènes tout en assurant la première relance. Fabinho, ciblé l'été dernier, semble avoir les épaules. A défaut, Danilo Pereira (FC Porto) et Seri (Nice), visés cet été, n'auraient pas fait tâche. Mais non, Paris a démarré la saison avec une seule sentinelle sur la jante, Thiago Motta. Cette défaite à Madrid sanctionne ce choix.

Le problème se reposera naturellement au match retour et sans doute jusqu'à la fin de saison. Parce qu'aucune tête ne dépasse. Parce que s'il a été identifié depuis des mois, ce problème n'a jamais été résolu. Voilà comment Paris en est arrivé là. C'est à peine croyable pour un club qui vise une victoire en Ligue des champions. Et c'est bien ce qui pourrait l'empêcher d'assouvir cette ambition.

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