OL - Grégory Coupet et le double arrêt du siècle au Camp Nou face au Barça

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LIGUE DES CHAMPIONS - Octobre 2001 : Lyon s’incline au Camp Nou (2-0). Mais, 18 ans plus tard, ce qu’il reste de ce match de poule de C1, c’est un double arrêt exceptionnel de Grégory Coupet. Pour Eurosport.fr, l’ancien portier de l’OL revient sur son exploit.

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Crédit: Eurosport

Lyon n'est pas encore champion de France. Grégory Coupet n'est pas encore le meilleur gardien de son histoire. Mais en ce triste automne 2001 où le monde pleure les attentats de New York, l'histoire personnelle du portier des Gones va basculer. Lyon doit se déplacer à Barcelone vingt-quatre heures après l'attaque des Twin Towers. L'UEFA décidera finalement de reporter la rencontre un mois plus tard. Aucun fidèle de Gerland ou du Groupama Stadium n'a pu oublier ce 10 octobre 2001.
Ne leur demandez pas le score. Au fond, peu importe. Ce qui s'est joué ce soir-là dépasse l'enjeu d'un simple match de poule de Ligue des champions. Dix-huit ans plus tard, la défaite lyonnaise (2-0) reste anecdotique. Car ce soir-là, dans un Camp Nou plein à ras bord, face, déjà, à l'une des plus grosses écuries du continent, c'est un arrêt, ou plutôt un double arrêt lors de la première période et alors que tout reste à faire (0-0), qui éclipsera tout le reste.
Pressé par Rivaldo, Claudio Cacapa envoie un ballon lobé à son gardien. Très avancé, Coupet doit reculer et, pour éviter de concéder un coup franc en prenant le ballon avec ses gants, place un improbable coup de tête qui s'écrase sur la barre. "Bien sûr qu'il faut être un peu fou mais j'étais bon de la tête et, pour moi, ce geste n'était pas risqué", nous confie 18 ans plus tard celui qui n'a absolument rien oublié de ce moment. "Quand je vois le ballon monter, je me dis que c'est mal engagé mais je profite de ma jeunesse et de ma tonicité d'alors. Cet arrêt, c'est la récompense d'heures de gainage. Le plus compliqué, c'est cette course en arrière à grande vitesse et l'appui que je prends pour sauter en reculant."
Le gardien de l'OL atterrit presque dans ses filets alors que Rivaldo, Ballon d'Or 1999, récupère le ballon et place une tête. Mais le portier des Gones pousse fort sur ses jambes et sort une horizontale digne de Gordon Banks pour signer une inoubliable double intervention. La réalisation s'attarde alors sur le banc des Catalans. Reiziger n'en croit pas ses yeux et les remplaçants blaugrana n'en reviennent pas. Ils viennent d'assister à la double parade du siècle. "C'est le plus bel arrêt de ma carrière, le plus athlétique", tranche aujourd'hui Coupet. "On ne peut même pas imaginer faire un arrêt comme ça, ça ne se travaille pas. La particularité de cet arrêt, c'est que c'est à la fois de l'improvisation et un geste extrêmement technique."
Tout est réuni. Coupet brille dans l'un des plus beaux écrins d'Europe alors que Lyon n'est pas encore habitué aux matches de gala en milieu de semaine. Et il s'impose face à l'un des meilleurs joueurs du monde. Rivaldo, finaliste de la Coupe du monde 1998, vainqueur du Ballon d'Or deux ans plus tôt, maître à jouer de la Seleçao, esthète en chef du FC Barcelone. "C'est certain que si j'avais sorti le même geste en Coupe Intertoto, personne n'en parlerait plus", s'amuse l'ancien portier des Gones. "On m'en parle beaucoup particulièrement ces derniers temps avec la disparition de Gordon Banks. Cet arrêt fait partie de certaines sélections des plus beaux arrêts de l'histoire avec celui de Banks. J'ai croisé des fans de foot qui ne me connaissaient pas mais qui avait vu mon arrêt. C'est vrai qu'il a marqué pas mal de monde."
Quelques mois plus tôt, Grégory Coupet a connu sa première sélection, il est déjà bien installé dans le but lyonnais. Mais cette soirée sème les promesses de ce qui se passera ensuite. Les sept titres de champion de France, le meilleur gardien de l'histoire du club, les nombreuses campagnes de Ligues des champions.
"Il y a tout Coupet dans cet arrêt", résume Nicolas Puydebois alors troisième gardien de l'OL. "Il faut être un peu fou pour mettre la tête au lieu de la main. C'est un arrêt hors du commun et peu conventionnel, comme Greg. Le second témoigne de son état d'esprit à part, lui qui ne lâche jamais rien, mais aussi de ses qualités physiques exceptionnelles, de son explosivité." Tout Coupet effectivement. En décembre dernier, au soir d'un tirage au sort qui a désigné le FC Barcelone comme adversaire de l'OL en 8e de finale de la Ligue des champions, Bruno Genesio a expliqué : "Il ne faudra pas un seul exploit, il faudra un double exploit." Comme celui de Coupet en ce soir d'octobre 2001.
(Visuel de Une : Quentin Guichard)
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