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Patience et intelligence, comment Klopp a construit son Liverpool

Patience et intelligence, comment Klopp a construit son Liverpool

Le 02/06/2019 à 23:52Mis à jour Le 03/06/2019 à 11:35

LIGUE DES CHAMPIONS – En quatre ans, Jürgen Klopp a façonné une équipe à son image. Il a pris en main le destin d'une équipe qui courait derrière sa légende et l'a remise, à force de patience, à la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter.

Quatre ans. Jürgen Klopp s'était donné quatre ans pour décrocher un trophée avec Liverpool lors de sa signature en octobre 2015. Il s'en est fallu de peu mais le technicien allemand a ramené le plus beau d'entre eux. Une Ligue des champions comme une récompense d'un travail de fond mené depuis quatre ans donc avec intelligence. Beaucoup d'intelligence. Ce Liverpool ne s'est pas fait en un claquement de doigt. Il est passé par des impasses, des désillusions cruelles, des coups de génie et des coups de bambou. Pour finalement conquérir l'Europe.

Jürgen Klopp und der FC Liverpool gewinnen die Champions League

Jürgen Klopp und der FC Liverpool gewinnen die Champions LeagueGetty Images

Quand Klopp prend en main le destin des Reds, Liverpool est lessivé par trois saisons très moyennes sous les ordres de Brendan Rogers. Depuis 2010, la bande à Steven Gerard cherche le grand frisson. Hormis un exercice 2013/2014 qui lui file entre les doigts sur une glissade de leur emblématique capitaine face à Chelsea, les Reds naviguent entre le moyen et le médiocre. Ils ne passent jamais la phase de poules de Ligue des champions lors de leurs rares participations. Lors des six saisons qui précédent l'arrivée de Klopp, leur classement moyen en Premier League (6e) donne l'image d'un club rentré dans le rang qui coure derrière sa légende.

Big Four enterré et Gerrard exilé

Le Big Four (Chelsea, Arsenal, Manchester United, Liverpool) connaît son apogée dans les années 2000 mais se fissure dans la décennie suivante pour deux raisons : l'émergence de Manchester City et Tottenham et l'écroulement progressif de Liverpool (puis Manchester United et Arsenal). Trois mois avant son arrivée, Liverpool s'est séparé de sa figure emblématique, de son capitaine iconique et de son meilleur joueur au XXIe siècle : Steven Gerrard. Autant dire que le chantier est vaste et le challenge immense.

April 27, 2014: Steven Gerrard of Liverpool looks dejected during the Barclays Premier League match between Liverpool and Chelsea

April 27, 2014: Steven Gerrard of Liverpool looks dejected during the Barclays Premier League match between Liverpool and ChelseaGetty Images

La force de ce Liverpool est de n'avoir jamais couru derrière les stars. De n'avoir jamais cherché à remplacer Steven Gerrard. En cinq ans, Liverpool a vendu ses plus beaux bijoux (Raheem Sterling, Steven Gerrard, Philippe Coutinho) et leur départ a toujours su faire grandir l'équipe. Avec Jürgen Klopp, Liverpool a acquis une qualité absolument essentielle : savoir apprendre de ses erreurs. Les départs de Fernando Torres (2011) ou Luis Suarez (été 2014) avaient complètement déréglé la machine. Celui de Coutinho va être géré d'une main de maître.

Construction patiente et intelligente

Ce départ a permis de replacer le curseur. Avant le départ de Coutinho, les Scousers présentaient une formation plutôt joueuse mais extrêmement poreuse. L'argent dégagé par le départ de Coutinho a été investi dans le secteur défensif avec un nouveau patron en charnière, Virgil van Dijk, élu meilleur joueur de Premier League par ses pairs cette saison, un latéral de haut niveau à bas coût avec Andrew Robertson, un milieu box-to-box, Naby Keita, et, enfin (!), un gardien digne des ambitions de Liverpool, Alisson. Les erreurs de Loris Karius avait coûté la victoire en Ligue des champions l'an passé. Son remplaçant, Alisson, a contenu la menace des Spurs samedi. Liverpool a appris de ses erreurs. On y revient.

Roberto Firmino, Mohamed Salah and Sadio Mane at Melwood Training Ground on May 14, 2019 in Liverpool, England.

Roberto Firmino, Mohamed Salah and Sadio Mane at Melwood Training Ground on May 14, 2019 in Liverpool, England.Getty Images

Torres et Suarez avaient été remplacés par Andy Carroll et Mario Balotelli, deux immenses flops. Klopp et les Reds ont construit leur réussite sur un recrutement malin et complémentaire. Loin des plus grosses fortunes qui s'écharpent pour récupérer la crème de la crème, Liverpool fait dans l'entre-deux, fuit les recrutements à trois chiffres. Les Scousers fabriquent les stars mais ne les recrutent pas. Lorsqu'il s'agit de montrer les muscles, ils le font (84 millions d'euros sur van Dijk) pour combler une carence majeure dans leur effectif.

Avec toutes les pièces du puzzle, Klopp, qui a bénéficié d'une carte blanche sur le recrutement, a pu mettre en place les bases du succès à venir : pressing haut et attaques fulgurantes autour d'un trio de feu devant et d'une défense hermétique. L'œuvre est achevée. Quatre ans après, l'Europe est conquise. Klopp a tenu sa promesse.

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