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L'antisèche : Pire que la "remontada"

L'antisèche : Pire que la "remontada"

Le 07/03/2019 à 00:43Mis à jour Le 07/03/2019 à 07:24

LIGUE DES CHAMPIONS - Renversé par Manchester United mercredi au Parc (1-3), le PSG est devenu la première équipe à se faire sortir dans un tour à élimination directe après une victoire par deux buts d'écart à l'aller à l'extérieur. Deux ans après la "remontada", Paris a encore repoussé les limites de l'incroyable. Si le scénario est cruel, c'est bien la formation de Thomas Tuchel qui l'a écrit.

Le jeu : Paris a servi les Red Devils sur un plateau

Il y a bien sûr ce penalty controversé que l'on abordera un peu plus bas. Mais avant, le PSG s'était compliqué la vie tout seul. Il a offert deux buts aux Mancuniens sur deux erreurs individuelles impardonnables à ce niveau. Si les hommes de Thomas Tuchel ont eu le mérite de se relever immédiatement après le premier but, ils n'ont en revanche jamais digéré le deuxième. Paris a perdu la maîtrise de son sujet à partir de ce moment-là.

La nervosité a gagné les Parisiens, incapables de reprendre le cours de leur jeu et de concrétiser une domination très nette dans le jeu, mais stérile en occasions. Le plus incroyable, c'est que Manchester United, très diminué, s'est contenté de défendre. Les Red Devils n'ont quasiment jamais été dangereux. Mais sur quatre incursions dans le camp parisien, ils ont inscrit trois buts. Et obtenu une qualification aussi surréaliste qu'inespérée.

Les joueurs : Kehrer et Buffon ont tout plombé

Une passe en retrait mal assurée pour l'un, une faute de main pour l'autre et deux buts littéralement donnés à Romelu Lukaku : Thilo Kehrer et Gianluigi Buffon ont été les principaux acteurs de la soirée cauchemardesque du PSG. Mais ils ne sont pas seuls. Malgré sa passe décisive, Kylian Mbappé est resté maladroit et inefficace au moment où il pouvait relancer Paris vers la qualification. Julian Draxler a lui aussi déçu, jouant à l'envers jusqu'à sa sortie sur blessure.

Kylian Mbappé

Kylian MbappéGetty Images

A Manchester, Romelu Lukaku a été parfait d'efficacité mais il a aussi été précieux dans les sorties de balle. Diogo Dalot a signé une entrée remarquable après la blessure d'un Eric Bailly catastrophique, permettant à MU de contrôler un côté droit qui prenait l'eau jusque-là. Fred a lui aussi signé une grande prestation à la récupération. La paire Smalling-Lindelöf n'a pas vraiment eu de difficultés à maîtriser les centres parisiens. Enfin, Marcus Rashford, pas vraiment à son avantage, restera le héros de la soirée avec son penalty transformé dans les arrêts de jeu.

Le facteur X : Le VAR

Le penalty qui offre la victoire à Manchester United, accordé après l'appel au VAR, restera controversé. C'est impossible de juger que la main de Presnel Kimpembe puisse être intentionnelle, puisque le défenseur parisien est dos au ballon au moment où il contre la frappe de Dalot, qui ne semblait pas vraiment prendre la direction du cadre. L'intervention de l'international français, positionné légèrement à l'intérieur de la surface, n'était pas totalement maîtrisée non plus puisque son bras n'était pas le long du corps. Le penalty n'en semble pas moins sévère. Et il restera lourd de conséquences.

Presnel Kimpembe fait main face à Manchester United

Presnel Kimpembe fait main face à Manchester UnitedGetty Images

La stat : 1

Paris collectionne les premières dont il faut impérativement se passer quand on veut jouer dans la cour des grands. Il y a deux ans, le PSG était devenu le premier club à se faire éliminer après une victoire 4-0 à l'aller lors de la fameuse "remontada" de Barcelone (6-1). Il restera aussi le premier à avoir été sorti dans un tour à élimination directe de Ligue des champions après une victoire à l'extérieur par deux buts d'écart à l'aller. Oui, ce club sait définitivement repousser les limites de l'impossible. Mais jamais dans le bon sens.

Le tweet qui a du sens

La décla : Nasser Al-Khelaifi (président du PSG)

" Si vous analysez le match 10.000 fois, on ne le perd pas 3-1... "

La question : Est-ce encore pire que la "remontada" de Barcelone ?

Le scénario de Barcelone restera unique en son genre. Quelque part, il demeurera inégalable tant il était surréaliste. Pourtant, cette élimination face à Manchester United paraît encore plus improbable. Ce ne sont plus les Red Devils de Sir Alex Ferguson. Ce temps paraît bien loin, et cela s'est particulièrement senti dans un match aller totalement maîtrisé par les Parisiens à Old Trafford. Au Parc, malgré tout le respect qui doit être dû au mythique club anglais, cela devait être une simple formalité.

Parce que Paris jouait devant son public. Parce qu'il affrontait une équipe anglaise privée de dix joueurs majeurs, amputée de tous ses milieux de terrains et notamment de son meilleur joueur, Paul Pogba. Ole Gunnar Solskjaer a dû faire appel à des joueurs de son académie pour compléter son groupe. Ils sont même entrés en fin de match, alors que le PSG était encore virtuellement qualifié. MU est un grand d'Europe, mais il était loin d'avoir une grande équipe. Cela s'est d'ailleurs vu sur le terrain.

Mais Paris n'a pas été bien meilleur. C'est peut-être le plus improbable. L'équipe de Thomas Tuchel semblait avoir franchi un cap. Dans la maîtrise, dans le caractère, dans la discipline tactique, dans la solidarité, elle était sortie d'Old Trafford avec des certitudes. Plus encore qu'après sa victoire au Parc face au Barça, teintée de réussite, il y a deux ans. Il y a encore eu un fait de jeu qui fera couler beaucoup d'encre. Mais il y a surtout cette impression que Paris ne peut s'en prendre qu'à lui-même pour avoir tout gâché. Ce n'est pas la première fois. Donc c'est encore plus dur à avaler.

Vidéo - Est-ce le plus gros échec du PSG version QSI ?

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