Heureusement, le ridicule ne tue pas. Sans quoi le Paris Saint-Germain serait déjà mort. Et pas qu'une fois. Il semblait pourtant avoir touché le fond à Barcelone il y a deux ans. Faire pire paraissait totalement impossible. Mais ce mot n'a pas sa place dans la capitale. Avec cette élimination face à Manchester United, le PSG n'a fait que confirmer son incroyable capacité à aller toujours plus loin dans le risible.
La culture de l'échec, c'est désormais sa spécialité. Face à Manchester United, cela ressemblait même à de l'art. Il n'y avait pas le gigantisme du Camp Nou pour allumer cette flamme de la peur si prompte à jaillir dans les rangs parisiens. Il n'y avait pas le pressing barcelonais, Neymar, Messi et Suarez pour l'attiser. Paris était chez lui face à des Red Devils privés quasiment de la moitié de leur effectif, contraints de jouer dans leur camp et incapables de presser. Pour sombrer, le PSG devait forcément y mettre du sien. Dans son style, il y a mis la manière.
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Bien sûr, il fallait le VAR pour que le tableau soit complet. Ce penalty extrêmement sévère de dernière minute qui change tout, deux ans après l'arbitrage surréaliste de Barcelone. La perche de l'injustice était trop bien tendue pour que le PSG se prive de la saisir. Et la brandir au moment d'expliquer l'inexplicable par la voix de Nasser Al-Khelaifi. C'est toujours plus facile que de faire profil bas. Mais cela ne fait que ternir encore davantage l'image du club de la capitale.

Moqueries et quolibets

Elle n'a jamais été aussi écornée. Cette élimination surréaliste renforce encore l'impression d'un club destiné inéluctablement à échouer sur la scène européenne. Année après année, Paris clame haut et fort ses rêves de grandeur. Quitte à donner la nette impression de manquer d'humilité. Cela le rend impopulaire. Encore davantage avec sa politique de folies dépensières. Et quand le couperet finit par tomber, il collectionne invariablement les moqueries et les quolibets au lieu de récolter les titres.

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C'est tout l'inverse de ce que cherche QSI. Si les dirigeants qataris ont investi massivement dans le PSG, c'est surtout pour en faire une vitrine dans l'optique de l'organisation de la Coupe du monde 2022. Il est question de business, mais aussi d'image. De ce point de vue, l'élimination face à Manchester United est catastrophique. Même avec une petite équipe, Manchester United reste un grand club. Tout le contraire du PSG. Quand il semble sur point de franchir le cap pour rejoindre les plus grands, c'est juste pour couler plus profondément au prochain coup de vent.
C'est ce reflet que renvoie Paris. Quoi que fasse QSI. Ils avaient réagi de manière spectaculaire à la débâcle barcelonaise. Avec les 400 millions déboursés pour le duo Neymar-Mbappé. Avec l'arrivée de leaders expérimentés comme Dani Alves et Gianluigi Buffon. Ils étaient tous censés incarner le renouveau du PSG vers sa quête de grandeur. Ils symbolisent aujourd'hui l'incapacité de ce club à s'élever à la hauteur de ses ambitions.
L'échec est cuisant. Il ne sera certainement pas sans conséquence. Les semaines qui viennent promettent d'être très agitées entre le Qatar et la direction du Paris Saint-Germain. Des têtes sont susceptibles de tomber. Car QSI a employé des moyens colossaux pour voir le club de la capitale régner sur l'Europe. Mais rien n'a changé. Si le PSG est roi aujourd'hui, c'est seulement pour amuser la galerie.
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