À chaque fois qu'il est invité à s'exprimer sur Neymar et Kylian Mbappé, les deux superstars de son effectif, l'entraîneur du PSG Thomas Tuchel a systématiquement le même réflexe : celui de constamment casser cette image de duo magique pour le transformer en trio infernal avec Angel Di Maria. Certes, les qualités de l'Argentin ne sont pas aussi impressionnantes et tape-à-l'oeil que les accélérations brutales du Français ou que les dribbles géniaux du Brésilien, mais son influence, elle, est au moins aussi grande.

Mardi soir, en demi-finale de la Ligue des Champions, il a même complètement éclipsé ses deux camarades, en étant impliqué sur les trois buts de son équipe. Leipzig n'a pu que constater l'ampleur des dégâts (0-3) pendant que Paris savourait le retour d'un homme primordial, suspendu face à l'Alatanta.

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D'une galette magique distribuée sur un coup franc excentré, il a d'abord offert à son futur capitaine Marquinhos le but de l'ouverture du score, grâce à son pied gauche de velours (0-1, 13e). Derrière, il s'est chargé lui-même du break, en ajustant Peter Gulacsi avec tout le sang froid que lui permettent ses 81 matches de C1 (0-2, 42e). Il clôturait enfin son festival par une nouvelle passe décisive pour Juan Bernat, qui lui non plus ne se manque jamais dans les grandes soirées parisiennes (0-3, 56e). "Je suis tellement heureux, commentait l'Argentin après la rencontre. On est en train de faire l'histoire du PSG, et c'est pour ça que je suis venu. Dimanche, on a l'occasion d'aller plus loin encore".

La meilleure campagne européenne de sa carrière ?

Avec ces deux nouvelles passes décisives qui portent son total à vingt-sept en Ligue des Champions, Angel Di Maria a profité de l'occasion pour dépasser la légende Andres Iniesta dans l'exercice en C1. Mieux, depuis ses débuts dans la compétition, personne n'a fait mieux que lui, en dehors du duo d'extra-terrestre composé de Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Avec trois buts et six passes décisives, il signe même actuellement la meilleure campagne européenne de sa carrière, d'un point de vue statistique.

Mais résumer l'Argentin a des chiffres reviendrait simplement à ne rien comprendre aux subtilités de son influence. "El Fideo" déçoit tellement rarement que c'est bien souvent en son absence qu'on mesure combien il est indispensable à cette équipe. Il suffit de voir à quel point le PSG a galéré face à l'Atalanta en quart, sur le plan de la créativité, pour se rendre compte que les clés du jeu parisien ne sont finalement pas que dans les seuls pieds de Neymar, aussi soyeux soient-ils. Quand il est là, il supplée et déleste "Ney" de ce rôle de chef d'orchestre unique, pour lui offrir la liberté nécessaire à son équilibre et à son rendement.

Angel Di Maria, homme du match face à Leipzig

Crédit: Getty Images

Quand Di Maria va, Paris va mieux...

Di Maria est un anti-héros. Ses performances, sous le prétexte erroné de l'habitude, sont rarement appréciées à leurs justes valeurs. Avant la demi-finale, on ne parlait d'ailleurs que du retour de Kylian Mbappé dans le onze parisien, sans réellement mentionner celui d'Angel Di Maria. Comme si ce n'était qu'un détail. À l'arrivée, et finalement sans surprise, c'est encore l'Argentin qui a fait les différences.

Dimanche, face à Lyon ou contre le Bayern, il aura l'occasion d'écrire une nouvelle page de l'histoire d'un club qu'il a appris à profondément aimer, et dans un stade qui lui a tant réussi. C'est à la Luz qu'il s'est révélé sous la tunique du Benfica et surtout là-bas qu'il est allé décrocher sa première Ligue des Champions avec le Real Madrid en 2014. Dimanche, le natif de Rosario sera un petit peu dans son jardin. Et quand c'est le cas, c'est tout Paris qui se sent comme à la maison.

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