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Bundesliga et première place du groupe : Leipzig n'hésite plus à rêver tout haut

Bundesliga et première place du groupe : Leipzig n'hésite plus à rêver tout haut

Le 01/10/2019 à 23:50Mis à jour Le 02/10/2019 à 00:38

BUNDESLIGA - Après quelques saisons d'apprentissage du haut niveau national et continental, le RB Leipzig ne se cache plus : il joue le titre cette saison en Bundesliga. Une euphorie qui ruisselle jusqu'en Ligue des champions, où il est le favori, malgré lui, d'un groupe relevé avant d'accueillir l'OL ce mercredi.

Ce jour-là, le vestiaire a tremblé. "On a remarqué que ce n'était pas le genre de type à aimer perdre...", a lâché après coup le capitaine Willy Orban à propos de son entraîneur Julian Nagelsmann. C'était le week-end dernier, et le RB Leipzig, défait pour la première fois de la saison (1-3 à domicile contre Schalke 04), cédait du même coup sa place de leader de la Bundesliga au FC Bayern.

Pas de quoi, cependant, faire perdre au coach son sens de l'humour. Sanctionné d'un carton jaune pour s'être emporté, en fin de match, à l'encontre de l'arbitre, Nagelsmann va en parallèle devoir s'acquitter d'une amende interne à son club pour avoir jeté son pardessus au sol à plusieurs reprises. "Pour payer tout cela, je vais avoir besoin d'un job d'appoint", a-t-il soufflé. "Le directeur sportif m'attend dehors avec un cochon-tirelire, il va falloir que je mette quelques billets dedans..."

À Leipzig, l'apport de Nagelsmann, arrivé cet été, est tout sauf anecdotique. Il constitue, en somme, le couronnement d'une structure minutieusement consolidée depuis une décennie. Talent, innovation, créativité, ambition, dynamisme, combativité, tout ce que le jeune trentenaire sublime dans la Saxe le précède en germe. Dresser son profil revient à dresser celui du RB, même s'il a son propre style : affirmé, persuasif, authentique, sans concession, doté d'une mentalité de gagneur. Avant Nagelsmann, le club aux taureaux rouges cherchait à s'établir dans le haut du panier. Avec Nagelsmann, il va chercher à crever un nouveau plafond : devancer le Bayern sur la scène nationale.

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L'entraîneur apporte deux choses essentielles à la compétitivité au plus haut niveau : il fédère un groupe - en l'occurrence, le plus cher et le plus fourni de l'histoire du club - et offre à son équipe une flexibilité tactique qui la rend plus difficile à contrer. Jamais depuis sa création le RB n'avait aussi bien réussi un début de saison, toutes divisions confondues. Et ce, alors que les préceptes de Nagelsmann sont censées mettre du temps à être assimilés. "Les idées de Julian pénètrent lentement, on remarque semaine après semaine l'évolution de l'équipe et ce qu'il souhaite en faire", avance le directeur sportif Markus Krösche, lui-même titulaire du diplôme d'entraîneur. "C'est le coach le plus intéressant du pays", renchérit avec aplomb le patron Oliver Mintzlaff.

Julian Nagelsmann, RB Leipzig

Julian Nagelsmann, RB LeipzigGetty Images

" Semaine après semaine, les gars absorbent"

Les faits lui donnent raison : les joueurs sont pendus aux lèvres de leur entraîneur, tant sur le pré quand il donne ses consignes qu'à l'intérieur à l'occasion des séances vidéo ou de ces causeries au cœur desquelles il anticipe le scénario des matches. "Semaine après semaine, les gars absorbent de plus en plus de choses et les digèrent pour comprendre ce que le coach demande", explique Willy Orban. "Si nous mettons en œuvre sur le terrain ce qu'il veut, nous produirons régulièrement de très bons matches", prophétise le milieu offensif Marcel Sabitzer, meilleur que jamais et l'un des joueurs les plus en vue en ce début de saison.

La mission que Nagelsmann poursuit n'est pas simple : conserver les qualités de pressing et de jeu de contre affirmées ces dernières années tout en développant les phases de possession, y compris sous la pression adverse. Concrètement, les fidèles du RB ont constaté un changement flagrant : leur équipe ne part plus systématiquement tout droit à l'assaut du but adverse une fois le ballon récupéré mais peut faire preuve d'une patience inédite pour chercher la faille. Et pour couronner le tout, Leipzig fait partie des équipes qui convertissent le plus d'occasions, y compris sur coup de pied arrêté.

Question d'appétit, notamment. Une qualité qui jaillit de tous les étages du club, où beaucoup de responsables ont en commun de devoir encore écrire leur propre histoire : "RB a toujours été un exemple pour moi", explique notamment le jeune Markus Krösche (38 ans) qui, à peine arrivé de Paderborn, a traité d'égal à égal avec Leonardo, cet été, pour la venue de Christopher Nkunku du Paris Saint-Germain, ou encore convaincu Timo Werner de prolonger jusqu'en 2023. "Nous sommes un club attractif. Nous disposons d'une équipe extrêmement forte, avec un potentiel énorme, un super entraîneur, une super infrastructure, et le tout dans une belle ville où la qualité de vie est élevée", égrène Krösche. Qui conclut, en toute logique : "Je veux gagner des titres, et tout le monde ici est sur la même longueur d'onde. C'est aussi pour cela que j'ai opté pour Leipzig".

La joie des joueurs de Leipzig

La joie des joueurs de LeipzigGetty Images

Cohorte d'internationaux

Le scepticisme que pouvait charrier la jeunesse de l'effectif jusqu'à présent ne tient plus guère, tant les internationaux sont légion dans l'effectif. Les Hongrois Orban et Gulacsi, les deux latéraux de la Mannschaft, les Autrichiens du milieu, tous les attaquants du Danois Poulsen au Suédois Forsberg en passant évidemment par Werner, l'atout de l'expérience est, de fait, partout. Quant à la fougue des plus jeunes, Nagelsmann n'a pas son pareil pour la polir et la transformer en qualité de footballeur tout court. Et si jamais la machine, portée par la promptitude des médias à transformer un leader du championnat en champion au printemps, devait s'emballer, des éléments comme Diego Demme, 200 matches avec son club, recruté 350000 € de Paderborn en janvier 2014 alors que le RB était en 3e division, sauront faire office de garde-fou. "C'est typique du monde médiatique de faire du club qui mène le championnat un candidat au titre", sourit le milieu de 27 ans dans une interview au bi-hebdomadaire Kicker. "La saison est encore très longue, en particulier avec le fait d'être engagés dans trois compétitions différentes. Ce sera très dur. Mais il est clair que nous n'avons à nous écraser devant personne."

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Le Benfica, grand d'Europe, l'a appris à ses dépends à l'occasion de la première journée de la phase de poule de la Ligue des champions (défait 1-2 à la Luz). Aux Portugais la frustration, aux Saxons la maturité. "Nous avons utilisé l'expérience que nous avons accumulée ensemble", juge par exemple le gardien Peter Gulacsi. De fait, 8 des 11 titulaires de la rencontre étaient déjà sur le terrain, il y a deux ans, à l'occasion des débuts du RB en Ligue des champions contre l'AS Monaco (1-1).

"Nous sommes tous un peu plus vieux, avec davantage de matches à haut niveau", constate dans la même veine Timo Werner. Ce qui vaut aussi pour son entraîneur et son expérience de la Ligue des champions avec Hoffenheim. Le TSG avait produit du jeu et du spectacle au détriment du résultat ; le RB est désormais plus tourné vers ce dernier. Au point qu'à demi-mots, la première place du groupe soit évoquée. Où s'arrêtera Leipzig ?

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