Le jeu : Paris, quel finish !

Longtemps, le PSG a donné l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. La stratégie de jouer le contre avait du sens face à une défense assez lourde, mais elle a rapidement pris du plomb dans l'aile avec une erreur défensive payée au prix fort, couplée à un manque de réalisme criant en attaque. On pouvait alors légitimement avoir des doutes sur les capacités de Paris à tenir sur la durée avec son manque de rythme pour renverser la situation. Mais le coaching de Thomas Tuchel a fait la différence. Avec plus de vitesse, de précision, de prises de risque mais surtout d'envie, les Parisiens ont fini par faire reculer l'Atalanta. Avant de la crucifier dans un final de folie avec deux buts dans le money-time.

Ligue des champions
Miraculés !
12/08/2020 À 20:56

Les joueurs : Neymar, tout un symbole

Il a fait un match paradoxal. Brillant dans la construction, Neymar est longtemps resté d'une maladresse assez incroyable dans la finition tant il est habile dans ce domaine. Impliqué sur les deux buts parisiens, il a fini par être décisif et jouer pleinement son rôle d'impact player. Le Brésilien a eu ce mérite, mais il aussi bénéficié d'une aide bienvenue. Marquinhos, en grande difficulté en première période, a su se ressaisir après la pause avant d'inscrire un but égalisateur et libérateur.

Des stats à la Messi mais aussi très imprécis : le paradoxe Neymar

Surtout, l'entrée de Kylian Mbappé a fait un bien fou à Paris. Le Français a provoqué, accéléré, et offert une passe décisive sur le but de la victoire de Choupo-Moting, dont on abordera le cas un peu plus bas. Il a apporté tout ce que Mauro Icardi et Pablo Sarabia n'avaient pas su faire avant lui. Pour l'Atalanta, la sortie de Papu Gomez a été préjudiciable tant l'Argentin a fait souffrir Paris, notamment sur les coups de pied arrêtés. Tout comme la blessure de Freuler, excellent jusque-là mais diminué en fin de match, qui a coïncidé avec le recul très net du bloc italien.

Le facteur X : Choupo, c'est cadeau !

Paris a vraiment bien fait de le prolonger pour deux mois afin qu'il puisse jouer la Ligue des champions. C'est la base de cette incroyable histoire. Eric Choupo-Moting a subi toutes les moqueries et les quolibets. Il ne serait certainement jamais rentré en cours de jeu si le PSG avait été au complet. Thomas Tuchel a eu le nez creux en misant sur lui. A l'origine du premier but et auteur du deuxième, l'attaquant camerounais est devenu le héros du peuple parisien en qualifiant le club de la capitale pour sa première demi-finale de Ligue des champions sous l'ère QSI. Pour les cinquante ans du club, c'est bien Choupo qui s'est chargé du cadeau. Chapeau à lui.

Choupo-Moting : "Je me suis dit 'on ne peut pas rentrer comme ça à Paris'"

La stat : 16

C'est le nombre de dribbles réussis par Neymar face à l'Atalanta. Un total qui n'avait jamais été atteint dans un match de Ligue des champions depuis plus de douze ans. Il s'agissait, ô surprise, de Lionel Messi, lui aussi auteur de 16 dribbles lors d'un match face à Manchester United en avril 2008. Cela rappelle, si besoin en était, à quel point le Brésilien est doué techniquement. Cela traduit, aussi, le manque de créativité dont Paris a longtemps souffert dans cette rencontre où l'ancien Barcelonais a trop souvent semblé seul au monde pour apporter le danger.

Le tweet sans rancune

La décla : Ander Herrera (milieu du PSG), au micro de RMC

Choupo-Moting, il va finir son contrat, il est prêt aider, tout le temps, il fait toujours l'entraînement comme si c'était le dernier de sa vie. C'est ça l'esprit de cette équipe.

La question : Et maintenant, Paris peut-il vraiment rêver plus grand ?

A cinq minutes près, on aurait parlé d'un énième fiasco, d'un anniversaire gâché, d'un club irrémédiablement incapable de se mettre à la hauteur de l'événement. Mais il y a eu ce final de folie. Il signifie tant. Parce que normalement, c'est Paris qui les subit. Il y a eu Chelsea. Il y a eu Barcelone. Il y a eu Manchester United. Cette fois, ça a tourné en faveur du PSG. Et cela n'a rien d'anodin. Déjà parce que cela confirme que Paris peut tenir la distance physiquement. Surtout parce que cela en dit long sur l'état d'esprit de cette équipe. C'est bien grâce à cela qu'elle a fini par vaincre ses doutes.

Les mauvaises langues diront que ce n'est que la face visible de l'iceberg. Elles n'auraient pas vraiment tort. Le PSG s'est trop longtemps fait manger dans ce match par l'Atalanta pour que ces cinq minutes de folie puissent tout effacer. Les défauts chroniques de la formation de Tuchel ont encore éclaté au grand jour. Et le problème de l'animation des côtés, avec des latéraux incapables de donner de la largeur au jeu parisien, est apparu particulièrement criant face à des Bergamasques qui ne se sont pas privés de pilonner les couloirs.

Mais il ne faut pas voir le verre à moitié vide. Car le PSG avait des absences de marque et il a fini par s'imposer. Avec ses qualités et ses défauts, il s'est enfin offert cette place dans le dernier carré de la Ligue des champions. Et si les Parisiens se sont prouvé quelque chose, c'est bien qu'ils sont capables de renverser des situations impossibles. Ils ont franchi ce cap. Il reste désormais la partie la plus dure du chemin. Mais les Parisiens ont déjà eu le mérite de fuir cet implacable destin qui les voyait systématiquement échouer. C'est bien tout ce qui leur manquait pour rêver plus grand.

Neymar et Kylian Mbappé lors de la victoire du PSG sur l'Atalanta Bergame en Ligue des champions

Crédit: Getty Images

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