1. Paris doit-il maintenir Thomas Tuchel au poste d'entraîneur ?

Thomas Tuchel a réussi sa saison. Ce n'est pas une mince performance tant l'Allemand était sous pression après la perte des deux coupes nationales et le cataclysme vécu face à Manchester United en Ligue des champions la saison passée. Les dirigeants du PSG lui ont quand même maintenu leur confiance, alors que le retour de Leonardo semblait de nature à le pousser vers la sortie. Et l'entraîneur parisien a su la justifier en faisant main basse sur tous les titres nationaux, et surtout en guidant Paris vers la première finale de la Ligue des champions de son histoire. A un match près, il réalisait la saison parfaite. Et le mérite lui en revient.
Même s'il y a des choses à redire. Paris n'a pas vraiment acquis une identité de jeu sous sa direction et dépend essentiellement du rendement de ses individualités, Neymar et Kylian Mbappé en particulier. La stratégie reste minimaliste et ses limites sont apparues au grand jour face au Bayern, autant que l'incapacité de l'Allemand à trouver une alternative pour corriger le tir et relancer son équipe. La gestion du cas Mauro Icardi, fraîchement recruté pour 50 millions d'euros et resté sur le banc jusqu'au bout de la finale alors que Paris était mené, pose aussi question. Malgré tout, aucun coach n'a fait aussi bien que lui dans l'histoire du club. Le remercier maintenant n'aurait pas de sens.
Ligue des champions
A leurs actes manqués
23/08/2020 À 22:26

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2. Quel est le poste à renforcer en priorité lors du mercato ?

Il y en a un en particulier et la finale en a apporté la preuve. Après avoir fait illusion pendant une bonne partie de la première période, Thilo Kehrer a fini par étaler ses lacunes. L'Allemand n'offre pas les meilleures garanties défensives et Kingsley Coman l'a démontré. Ses limites techniques ont aussi plombé le PSG sur certaines phases offensives. Et confirmé la nécessité de recruter un latéral droit de premier plan. Ce n'est pas un hasard si les trois derniers champions d'Europe possèdent des références mondiales à ce poste (Carvajal au Real, Alexander-Arnold à Liverpool, Kimmich au Bayern). C'est peut-être le rôle le plus sous-estimé dans une équipe. Mais pas le moins essentiel.
Paris avait déjà prévu de recruter un arrière droit après le départ de Thomas Meunier au bout de son contrat. Mais il ne doit pas raisonner d'un point de vue quantitatif. Il n'a pas besoin d'un joueur de complément avec Kehrer et Colin Dagba dans son effectif. C'est bien le qualitatif qu'il doit viser, quitte à consentir un effort financier important. Comme Liverpool l'avait fait en allant chercher Alisson pour plus de 60 millions d'euros après les malheurs de Loris Karius face au Real en finale de la Ligue des champions 2017. La plus-value apportée par le Brésilien sur le titre européen la saison suivante était criante. C'est cette stratégie que Paris doit adopter pour un arrière droit, même si les valeurs sûres à ce poste se font rares.

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3. La question de la succession de Thiago Silva est-elle réglée ?

Le Brésilien a confirmé qu'il avait bel et bien joué son dernier match après neuf années passées au PSG. Son successeur désigné est Marquinhos. Pour le capitanat, cela ne semble pas poser de problèmes. L'ancien Romain est prêt à assumer le leadership du vestiaire, et son influence sur l'équipe parisienne dans ce Final 8, au-delà de ses buts contre l'Atalanta et le RB Leipzig, a envoyé des signes positifs dans cette optique pour la saison à venir. Si un doute persiste sur la gestion de la succession de Thiago Silva, c'est plutôt sur le plan technique et ses conséquences sur l'effectif parisien.
Paris perd probablement son meilleur défenseur central avec le départ du Brésilien. Marquinhos a prouvé sa qualité à ce poste et forme une charnière compétitive avec Presnel Kimpembe. Mais derrière ces deux hommes, il ne reste plus que Kehrer et Abdou Diallo comme centraux de métier. S'il y a le moindre problème avec Marquinhos ou Kimpembe, Paris se retrouvera automatiquement en difficulté, quantitativement et qualitativement, dans un secteur essentiel. Un repositionnement de Marquinhos en défense impacte aussi le milieu de terrain, où il est le plus souvent utilisé par Tuchel. D'une manière ou d'une autre, le départ de Thiago Silva laisse encore un vide qu'il faudra impérativement combler.

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4. Paris doit-il changer de stratégie avec ses jeunes ?

Le message est bien trop assourdissant pour que le PSG ne l'ait pas entendu. Il fallait que ce soit Kingsley Coman, un jeune formé au club de la capitale et parti trouver du temps de jeu ailleurs, qui vienne crucifier Paris pour sa première finale de la Ligue des champions. Le symbole est particulièrement fort au crépuscule d'un été qui aura vu deux des meilleurs espoirs parisiens s'envoler librement vers d'autres cieux : Tanguy Kouassi et Adil Aouchiche. Pour des raisons assez similaires à celles qui avaient poussé Coman à quitter le PSG à l'époque.
A Paris, l'urgence du résultat a toujours pris le pas sur la patience nécessaire pour développer les jeunes et en faire des éléments compétitifs pour l'équipe première. Cette saison, ce constat était moins net pour Aouchiche que pour Kouassi, mais ce dernier a quand même été plus sensible au chant des sirènes du Bayern. L'enjeu du temps de jeu sera déterminant pour l'avenir des espoirs promus dans le groupe pro, Kais Ruiz-Atil, Timothée Pembélé, tous deux sous contrat jusqu'en 2021, et Arnaud Kalimuendo, dont le bail expire en 2022. Le PSG ne peut plus se permettre de voir ses jeunes lui filer entre les doigts. Il doit leur faire de la place, même si elles sont chères dans la capitale.

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5. Faut-il prolonger Neymar et Kylian Mbappé à tout prix ?

C'est le dossier le plus brûlant. Neymar et Kylian Mbappé sont à deux ans de la fin de leur contrat et Paris doit gérer leur cas dans la saison qui vient, sous peine de se retrouver dans une situation impossible l'été prochain. S'ils n'ont pas prolongé, Paris devra vraisemblablement se résoudre à les vendre pour éviter de les voir partir sans indemnité de transfert à la fin de la saison suivante. L'enjeu est énorme. Le Français et le Brésilien ne sont pas seulement les deux figures de proue du projet. Ils ont aussi un impact monumental sur le terrain. Le PSG vit à travers eux. La finale de la Ligue des champions, où ils sont passés totalement à côté de leur sujet, en est finalement la meilleure preuve.
Leur volonté, ou non, de se remettre de cette désillusion avec Paris pour le guider vers le titre européen sera un paramètre important des négociations. Mais il sera surtout question d'argent. A eux deux, ils pèsent plus de 50 millions d'euros par an dans la masse salariale du PSG. Les dirigeants parisiens peuvent difficilement envisager un renouvellement de leur effectif avec une telle somme engloutie par seulement deux joueurs. D'un autre côté, ils ne peuvent pas vraiment s'asseoir sur les retombées économiques générées par Neymar et Mbappé. Il y a un dilemme pour Paris. Et surtout une question. Sont-ils vraiment les hommes de la situation pour mener le PSG à la gloire européenne ? La réponse appartient à la direction du club. Et elle déterminera en grande partie son avenir.

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