Un trou noir. Et une analyse aussi compliquée qu'hasardeuse. La seconde période du PSG à Monaco, ponctuée par une défaite qui fait tache (3-2) vendredi, coche toutes les cases du paranormal du point de vue parisien. "Faute professionnelle", "inadmissible", "catastrophique" : face à leurs manquements, les Parisiens n’ont pas cherché à se ménager. Pourtant, à tête reposée, il aura suffi de trois mots pour résumer la situation parisienne depuis la finale de Ligue des champions : manque de maîtrise.
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Si le début de saison comptable des Parisiens est loin d’être alarmant, le contenu, lui, ressemble de plus en plus à un match de boxe où Paris ne ressort plus si souverain que par le passé. Face à Leipzig ce mardi, pour une "finale" comme l’a qualifiée Thomas Tuchel, le PSG devra à tout prix maîtriser le tempo du match, sous peine de se retrouver dans les cordes face à une équipe allemande qui se régale dans les transitions rapides.
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Les penalties concédés, mal parisien

Cette perte de contrôle s’illustre d’abord par une tradition que Paris aimerait bien effacer en Europe : les penalties concédés. Dans cette édition de C1, la troupe de Thomas Tuchel a déjà été sanctionnée à deux reprises de fautes dans la surface, face à Manchester United et face à Leipzig. Une habitude à ce niveau : selon le décompte Opta, le PSG est l’équipe qui a concédé le plus de penalties depuis 2012-2013 (19). Conséquence logique, c’est aussi la formation à en encaisser le plus (14).
Rédhibitoire à l’heure de vouloir conquérir les étoiles, surtout quand on se souvient que Paris n’en a concédé aucun lors d’un Final 8 probant défensivement. D’autant que le mal parisien se prolonge désormais aussi sur la scène hexagonale avec déjà cinq penalties concédés en Ligue 1 après onze journées, soit seulement trois de moins que la saison passée (8 en 27 matches).

Emil Forsberg (Leipzig) face au PSG

Crédit: Getty Images

Comment expliquer cette soudaine évolution ? Le départ de Thiago Silva, exceptionnel dans l’anticipation et donc dans la limitation des risques, est un facteur à souligner. Mais tout ne repose pas sur le talent du Brésilien, si grand soit-il. Si les défenseurs parisiens sont en difficulté, c’est aussi parce qu’ils sont moins bien protégés.
Sans Verratti, Paris a perdu un relais technique primordial au milieu pour mieux contrer le pressing adverse et instaurer son propre tempo. Sans lui, c’est presque foot en folie avec un Neymar qui décroche énormément pour prendre le jeu à son compte et tout miser sur la verticalité. Offensivement, Tuchel et les siens y trouvent leur compte avec les joueurs à leur disposition. Défensivement, en revanche….

Un problème physique... et mental

Par leur profils respectifs, Danilo Pereira, Rafinha, Marco Verratti, Ander Herrera ou Leandro Paredes ont des carences de vitesse qui exposent bien plus Paris aux contres adverses. Quand ils ont le ballon, pas de problème. Dès qu’ils courent après… Face aux attaquants adverses lancés, les défenseurs parisiens sont donc sur le reculoir. Et concèdent théoriquement plus de fautes. Alors quand les erreurs individuelles, comme celle de Diallo à Monaco, s’ajoutent au compteur, l’addition grimpe.

Abdou Diallo au duel avec Anthony Martial

Crédit: Getty Images

Aux yeux de Marquinhos, l'absence d'une véritable préparation d'avant-saison a également son importance. "On sait qu’une bonne préparation et une saison qui démarre plus lentement, c’est essentiel pour avoir de bonnes performances pendant toute l'année, a reconnu le capitaine parisien devant la presse. C'est important et cela n’a pas été le cas cette fois. Mais il ne faut pas dire tout le temps que l’on n’a pas eu la préparation ou que l’on perd à cause de ça."
L’autre souci majeur n’a rien à voir avec les jambes mais se joue bien dans les têtes. Quand Paris déjoue, Paris implose. La maxime s’était régulièrement vérifiée ces dernières saisons en Ligue des champions, avec un manque de caractère évident collectivement dans les moments critiques et une incapacité à dépasser sa fonction pour soulager ses troupes. "Je ne sais pas pourquoi des matchs tournent complètement, s'est interrogé Thomas Tuchel en conférence de presse. Contre Manchester, Leipzig et Monaco, on a perdu notre concentration en seconde période."

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Nerfs à vif

Puis, le déclic Dortmund est arrivé. Même moins bien, Paris avait su surmonter ses peurs pour enfin réagir en équipe et se sublimer lors du Final 8, au moins dans l’attitude. Quelques semaines plus tard, les doutes ont rejailli, à l’image d’un OM-PSG très loin d’être maîtrisé. Et Paris a recommencé à dégoupiller.
Cette saison, les Parisiens ont déjà subi cinq expulsions en Ligue 1 (plus haut total avec Montpellier) mais également 25 cartons jaunes. Au point d’être actuellement dernier de Ligue 1 au classement du fair-play. A Leipzig, ce sont deux cartons rouges que les Parisiens avaient récoltés. Preuve d’un manque de maîtrise mentale, plus que tactique cette fois.
Autrement dit, le tableau est loin d’être idyllique avant son match couperet face à Leipzig. Dos au mur mais sûr de sa force offensive, Paris a les armes pour renverser la tendance. A condition de garder la tête froide et retrouver des jambes. Pas une mince affaire.

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