C’est une phrase qui avait fait sourire alors qu’on apprenait à peine à le connaître. Après son premier doublé avec le PSG fin octobre, certains s’étaient risqués à demander sa position préférée à Moise Kean. Sa réponse, pleine de malice et de fraîcheur, prêtait à sourire : "Mon poste de prédilection ? Marquer des buts ! Moi je suis prêt à jouer partout. Si le coach me met à gauche, à droite ou au milieu, je donne le meilleur pour l’équipe". Quelques mois plus tard, force est de constater que sa réponse était la plus pertinente possible.

Ce samedi, Moise Kean a été dans son rôle, celui de buteur. Son 10e pion en Ligue 1 a offert trois points ultra-précieux aux Parisiens et a rappelé tout le bien qu’il a pu faire en l’absence de Mauro Icardi. L'Argentin revenu au sommet de sa forme, à l’image de sa jolie passe décisive en extension, le gamin italien ressemblait au grand sacrifié de l’affaire. Pas de place pour deux buteurs aux côtés de Kylian Mbappé, pensait-on.

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13/02/2021 À 19:44

C’était sans compter sur le polymorphe Kean. Utilisé comme ailier droit, poste qu’il a parfois joué à Everton ou avec l’Italie, le gamin a rappelé qu’il avait toute sa place dans un onze dépourvu de Neymar et Angel Di Maria. Tout n’est clairement pas parfait mais le match parisien aura porté son empreinte.

C’est sa temporisation parfaite et son décalage pour Thilo Kehrer qui amènent le premier but parisien (1-0, 22e). C’est son sens du déplacement et sa capacité à croiser sa course avec Icardi qui amènent le second (2-1, 76e). C'est aussi son acharnement dans le travail défensif qu'il convient de préciser.

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S’il collait mieux au Camp Nou ?

Si vous attendez de lui du dribble, du un-contre-un et des caviars depuis l’aile, vous serez déçus. Sa palette est bien plus laborieuse mais pas forcément moins utile : jeu en pivot, prise d’espaces et finition en amélioration. Au vu de ce qui attend le PSG au Camp Nou, à savoir un match où les contres parisiens risquent d’être surexploités car surexploitables face à la transition défensive barcelonaise, son profil peut être déterminant.

"Bien sûr qu'il a fait un bon match, il a marqué, il avait aussi marqué en Coupe, a rappelé Pochettino après coup. On est très content de ses prestations. Il est très versatile. Il peut jouer à tous les postes de l'attaque. On est très content par rapport à tout ce qu'il est en train de faire". Très content aussi de pouvoir s’appuyer sur un joueur en confiance. Tout l'inverse de son adversaire annoncé, le fantôme de Pablo Sarabia.

L’Espagnol, recruté l’été dernier et auteur de débuts prometteurs dans son rôle de douzième homme, est devenu invisible et insipide depuis le début de saison. Alors que son profil créatif aurait dû en faire l’option évidente pour le 4-2-3-1 parisien imaginé (avec un Marco Verratti responsabilisé dans l’animation offensive), l’ancien de Séville n’a plus grand-chose à faire valoir pour sa candidature.

Pablo Sarabia et Kylian Mbappé (PSG)

Crédit: Getty Images

Pochettino et le choix de la physionomie

Son abattage défensif, surtout dans le couloir de Jordi Alba, peut jouer en sa faveur. Mais son manque de personnalité reste une énigme à l’heure où Paris devra jouer serré. Au fond, c’est aussi sur l'option retenue que sera jugé Pochettino. Car du choix de son ailier droit dépendra probablement la physionomie du match.

Avec Kean, l’Argentin assumerait de laisser entièrement le ballon au Barça pour mieux piquer en contre avec trois hommes qui raffolent du but mais surtout avec Mbappé et Kean en fusée à lancer en contre-attaque. Avec Sarabia, c’est la possibilité de s’offrir une certaine maîtrise technique au milieu avec Verratti et Paredes pour mettre un peu le pied sur la gonfle et respirer un peu plutôt que surjouer le jeu de transition.

Sans Neymar ni Di Maria, Pochettino se doit déjà de faire des miracles pour trouver la meilleure alchimie possible. Mais un joueur en confiance est aussi un joueur qui s’adapte plus facilement à tous les terrains…

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