C'est un glissement naturel. En douceur mais qui a pris de l'ampleur à mesure que l'échéance approchait. Alors que l'espoir d'une qualification s'était sérieusement amenuisé après la très faible prestation du Real au Parc des Princes le 15 février dernier (1-0), la confiance a nettement regagné les rangs madrilènes et on peine à croire que Madrid démarre la manche retour avec un handicap. Car il flotte dans l'air à Madrid comme un parfum de remontada. Et pas seulement parce que le PSG a l'habitude de flancher dès lors qu'il a bien négocié son premier virage, en témoignent, au-delà de sa faillite à Barcelone en 2017, ses grosses sueurs froides face au Barça et au Bayern l'an passé après un aller maîtrisé.
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Madrid n'a pas besoin de convoquer les fantômes de 2017 pour être confiant : "Non, ce n'est pas une référence qu'on a utilisée ici, témoigne Pablo Polo, journaliste en charge du Real Madrid depuis 2006 à Marca. Par contre, l'idée que Paris est une équipe sans grande histoire ni grande expérience européenne joue beaucoup. Mais les deux principaux arguments de la confiance retrouvée sont d'abord Santiago Bernabeu et ensuite la dynamique des deux équipes."
Sur l'état de forme, l'argument ne fonctionne que pour le Real. Auteur de l'un de ses meilleurs matches de l'année samedi face à la Real Sociedad, le solide leader du championnat d'Espagne a retrouvé sa marche en avant dans les pas d'un Karim Benzema de nouveau à 100%. Pour le PSG, la portée des défaites à Nantes (3-1) et Nice (1-0) est à pondérer par le degré d'implication toujours relatif des Parisiens dans une Ligue 1 qu'ils surdominent. Et il faut se souvenir des doutes qui les escortaient avant un match aller pourtant outrageusement dominé.

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Au Real, on convoque la légende

Quant à Santiago Bernabeu, voilà qui pourrait en revanche tout faire basculer. Même défiguré par des grues et un chantier titanesque qui l'abîme aujourd'hui, le stade du Real affichera complet pour la première fois depuis deux ans (62 000 spectateurs), et si l'extérieur est méconnaissable, le charme opère toujours derrière les murs. C'est ce qu'on appelle à Madrid, les "noches magicas", les nuits magiques selon l'expression popularisée par Jorge Valdano, l'ancien attaquant du Real, et reprise mardi dans la presse madrilène : "C'était surprenant parce que le public croyait en l'équipe d'une manière folle et le Bernabeu était l'instrument pour intimider le rival." Un instrument de panique qui a terrassé dans les années 1980 Anderlecht, l'Inter et le Borussia Mönchengladbach après de folles remontadas.
As parle de son côté d'"el miedo escenico" ("le trac des comédiens") comme pour imager la paralysie que pourraient ressentir les Parisiens face à un Bernabeu en fusion. Alors que Thomas Roncero, l'éditorialiste de la désormais iconique émission El Chiringuito prophétise : "Tout le monde veut son ticket pour le match car ceux qui ont la chance d’y être le raconteront à leurs enfants et à leurs petits enfants. C’est le Bernabeu qui marquera le premier but."

Real Madrid Stade Santiago Bernabeu

Crédit: Panoramic

Depuis ce temps-là, le Real s'est construit une légende à domicile qu'il convoque quand les circonstances le demandent. Et voilà bien longtemps que le club aux 13 C1 n'a plus connu pareille situation, à savoir renverser la sentence de l'aller chez lui. Depuis six ans exactement et un quart de finale aller en avril 2016 perdu à Wolfsburg (2-0). Au retour, Madrid avait connu une "nocha magica" portée par un Cristiano Ronaldo stratosphérique. Le Portugais n'est plus là, le Real ne gagne plus de Ligue des champions et doit se construire un nouveau récit, sans lui. Ce match retour, face à la nouvelle terreur de l'Europe et à l'ancien ennemi juré, Lionel Messi, tombe à pic.

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Crédit: Imago

Bernabeu sevré de grandes émotions européennes

Car depuis 2016, Bernabeu a surtout connu une nuit noire en 8e de finale en 2019 face à l'Ajax où l'impensable (perdre l'avantage de l'aller sur ses terres) s'est produit. Madrid attend patiemment le retour du grand soir. Revigorés samedi par le scénario d'une victoire appliquée mais mal embarquée (Madrid était mené par la Real Sociedad), les coéquipiers de Karim Benzema s'avancent conquérants comme à leurs plus grandes heures.
Le calme de Carlo Ancelotti, à la veille d'une rencontre qui peut lui couper la tête, tranchait ainsi avec l'agacement certain de Mauricio Pochettino à la veille du choc : "Notre équipe est motivée et sereine et je suis sûr qu'on va faire un grand match demain, assure le coach des Merengues. Mon équipe a de l'orgueil (...). Je sais exactement comment est le Bernabeu et nous sommes encore plus motivés. Nous savons parfaitement que nous ne jouons pas ce match tout seuls car tout le madridismo est derrière nous, nous fait avancer, et cela nous rend plus forts."

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"On doute tout le temps et on parle que du négatif alors que le Real est dans le positif", s'énervait quant à lui Pochettino après des questions de journalistes pas vraiment à son goût. Et pourtant, ne vous y trompez pas, c'est bien le PSG qui mène encore les débats au moins jusqu'à mercredi 21h. Mais c'est comme si cet avant-match échappait au rationnel et aux conclusions du match aller. Madrid navigue sur un sentiment diffus et sur son histoire, bien concrète celle-ci, pour oublier le Parc des Princes et promettre l'enfer de Bernabeu.
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