Le jeu : De la rigueur, peu d'occasions

Dans une opposition de défenses à trois centraux, c'est l'OM qui a d'abord donné la meilleure impression, en positionnant son bloc très haut et en tuant les transitions anglaises dans l'œuf. Les Phocéens, plus qu'au niveau dans l'engagement, ont remporté une grande majorité des duels en première période, à défaut de se montrer dangereux. Le plan a fonctionné… jusqu'à la 47e minute, et l'exclusion de Chancel Mbemba.
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Igor Tudor a alors lancé Leonardo Balerdi à la place de Gerson, et Matteo Guendouzi est redescendu d'un cran dans l'entrejeu. L'OM s'est mis à défendre en 5-3-1, a naturellement reculé et a joué les vingt dernières minutes sans le moindre attaquant sur la pelouse. En face, Tottenham a livré une prestation globalement pauvre offensivement, échouant dans ses transitions à 11 contre 11 et tardant à se montrer dangereux en supériorité numérique. Mais les Spurs, plus incisifs après l'entrée de Dejan Kulusevski, ont fait mouche sur leurs deux seules occasions du second acte : deux têtes de Richarlison (76e, 81e). Clinique.

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Les joueurs : Heureusement, il y avait Richarlison

Si Luis Suarez n'a pas existé offensivement, tout le monde a longtemps parfaitement fait son travail défensif du côté de l'OM. Valentin Rongier et Matteo Guendouzi ont notamment affiché une grosse activité. Puis Chancel Mbemba a vu rouge, avant qu'Eric Bailly puis Samuel Gigot ne soient chacun à leur tour trop laxistes dans les airs. Chacun son erreur, en somme. Heureusement que les Spurs ont pu compter sur la redoutable efficacité de Richarlison, car Harry Kane et Heung-min Son ont peu pesé sur les débats… mais ont amené l'exclusion.

Richarlison a signé un doublé face à l'OM, mercredi 7 septembre 2022. / Ligue des champions

Crédit: Getty Images

Le facteur X : Un rouge qui change tout

47e minute de jeu. Les deux équipes sont à peine revenues des vestiaires quand Harry Kane lance Heung-min Son en profondeur. Nettement en retard sur Mbemba, le Sud-Coréen le domine à la course et le pousse à la faute, alors qu'il pouvait partir au but. Un carton rouge indiscutable qui a évidemment changé la physionomie de la rencontre. Car à onze contre onze, l'OM faisait mieux que jeu égal.

La stat : 2

Deux buts pour… deux tirs cadrés. Tottenham a fait preuve d'un réalisme niveau Ligue des champions mercredi. Hormis un contre dans le premier acte, les Spurs n'avaient jamais inquiété Pau Lopez avant ces deux coups de casque de l'ancien d'Everton. Avec un peu plus de rigueur au marquage, le club phocéen aurait tenu un précieux point.

La décla : Valentin Rongier (milieu de terrain de l'OM)

On est frustrés car on a vu qu'à onze contre onze on faisait jeu égal, si ce n'est mieux. On n'a pas su rester suffisamment concentrés pour ne pas encaisser de buts

La question : A onze, l'OM pouvait-il réaliser l'exploit ?

L'expulsion de Chancel Mbemba restera indiscutablement comme le grand tournant de cette rencontre. Marseille n'a pas tant souffert que cela en infériorité numérique, avant ce doublé de Richarlison dans le dernier quart d'heure. Mais à un de moins, les Phocéens sont logiquement devenus plus vulnérables, pouvant difficilement continuer d'appliquer le même plan qu'en première période, ce qui était déjà risqué à 11 contre 11 face à cet adversaire.
Risqué… mais payant. Car dans le premier acte, l'OM a fait mieux que rivaliser. On ne s'attendait pas à voir Matteo Guendouzi et Gerson aller presser si haut sur Cristian Romero et Clément Lenglet, ni Valentin Rongier suivre à ce point Pierre-Emile Hojbjerg. Au risque de se répéter, Kane et Son n'ont presque pas existé à domicile. Ce n'est pas rien.
Reste donc cette interrogation : à onze, l'OM aurait-t-il pu tenir ce rythme sur toute la rencontre ? Créer l'exploit de s'imposer en Angleterre ? Il est loin d'être interdit de le croire. Physiquement et dans les attitudes, les Olympiens étaient au point. Mais il y a toutefois une grosse réserve : si Tottenham a longtemps été muet offensivement, les Olympiens l'ont été tout autant. Hormis une frappe lointaine de Guendouzi (45e+1) et un centre de Sead Kolasinac sur lequel Amine Harit aurait pu se montrer plus incisif (74e), Hugo Lloris n'a pas eu de coup de chaud.
Il a manqué cette étincelle, cette part de créativité ou, mieux, de génie. Ce qu'est capable d'apporter Alexis Sanchez, suspendu mercredi. Ou Dimitri Payet, resté sur le banc. Tenir jusque dans le dernier quart d'heure, puis lancer un "artiste" en fin de match pour tenter l'exploit, tel était peut-être le plan de Tudor. On ne le saura pas. Le onze aligné à domicile face à Francfort, mardi prochain, en dira long sur les intentions du Croate. Mais ne mettre "que" Guendouzi et Gerson en soutien de Luis Suarez, ce mercredi et en Ligue 1, donne déjà une partie de la réponse.
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