Finale de la Ligue des champions PSG - Inter : L’Inter, colosse intermittent du continent

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Samedi à Munich, l’Inter a rendez-vous avec l’histoire et le Paris Saint-Germain. Deux ans après s’être inclinés face à Manchester City (0-1), les Interistes espèrent décrocher une quatrième victoire en C1, ce qui ferait d’eux l’égal de l’Ajax. Malgré une riche histoire, l’autre club de Milan ne jouit pas de la reconnaissance qu’il mérite.

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Si on vous avait prédit, il y a six mois de cela, que la 70e finale de l’histoire de la Ligue des champions mettrait aux prises le Paris Saint-Germain à l’Inter, vous auriez probablement eu un peu de mal à vous départir d’une moue dubitative. Non pas en raison, seulement, de la présence d’un PSG qui claudiquait sérieusement sur la scène européenne. Mais aussi, de l’Internazionale, dont on néglige trop régulièrement le pedigree.
On oublie très souvent les Nerazzurri. Et depuis toujours. La faute à l’Inter, d’abord. Trop intermittente. La faute à la géographie, aussi. Parce que l’un de ses défauts principaux est de cohabiter dans la même ville que l’AC Milan. Les "noir et bleu" contre les "rouge et noir" : voici la rivalité résumée. Trois Ligues des champions et 20 scudetti d'un côté, 7 C1 et 19 titres en championnat de l'autre. Le club créé en 1908 par des dissidents de l'AC Milan fait le match avec son rival rossonero et présente une carte de visite des plus fournies dont se contenteraient volontiers 99% des clubs européens.
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Alors, pourquoi l'Internazionale ne jouit-elle pas d'une reconnaissance à la hauteur de son palmarès ? Ne serait-ce qu'en Ligue des champions ? Le club aujourd'hui dirigé par Simone Inzaghi a pourtant remporté trois fois la C1 (1964, 1965 et 2010). Qui dit mieux ? Pas grand monde. Et que du beau : le Real Madrid, évidemment, l'AC Milan, aussi, le Bayern, Liverpool et le FC Barcelone et l'Ajax Amsterdam, enfin. Ajoutez à cela que l'Inter disputera samedi à Munich sa septième finale, deux ans après la sixième, perdue face à Manchester City (0-1).

Des montagnes russes planquées derrière l’Everest

Si l'on se penche sur les années qui ont suivi le sacre de 2010, sacre historique mais surprise, l'Inter n'a pas réussi à donner le coup de collier qui l'aurait maintenue au sommet du continent. Après 2010 et le départ de Mourinho, et jusqu'à son retour en finale, il y a deux ans à Istanbul, il y eut un quart de Ligue des champions, en 2011. Et plus grand-chose. Voire rien, pendant des années de vaches maigres nationales.
Des creux, l'Inter en a connu quelques autres. Des immenses, même. En Serie A, le plus emblématique est sans doute intervenu de 1989 à 2005. Années sans championnat gagné, à regarder le voisin rossonero puis la Juventus faire main basse sur le calcio, quand le club de la famille Moratti se faisait fort avec les plus faibles, en décrochant trois Coupes de l'UEFA en sept ans. Il fallut le Calciopoli puis la rétrogradation des Bianconeri pour retrouver l'Internazionale au sommet de la Botte. Un championnat 2006 gagné sur tapis vert et des joueurs débarqués en provenance de Turin (Zlatan, Vieira). De la real politik sauce football qui n’a pas beaucoup fait pour la popularité du club lombard.

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L'esultanza di gruppo dell'Inter dopo il gol di Yann Bisseck, Inter-Lazio

Crédit: Getty Images

Au fond, l'histoire de l'Inter est celle d'une montagne russe planquée derrière l'Everest. Les deux premiers succès de 1964 et 1965 en Coupe des Champions n'ont pas laissé la même trace que le doublé de l'AC Milan de 1989 et 1990. Il est vrai que le temps a fait son œuvre et les images de la "Grande Inter" sont rares. Mais au catenaccio révolutionnaire d’Helenio Herrera, Arrigo Sacchi avait répondu par son chef d'œuvre tactique et un football plus ambitieux, salué et qui avait ringardisé l'image d'Epinal véhiculée par l'Italie. Et de l’Inter, par extension. Les Nerazzurri sont rarement parvenus à se faire apprécier à leur juste valeur. Espérons, pour le PSG, que ça continue samedi.
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