Ligue des champions - Dans la douleur, Lille remporte son barrage face au Slavia Prague et se qualifie

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Le paradis au bout du calvaire. Que la nuit fut longue pour Lille, battu par le Slavia à l’Eden Arena de Prague mercredi mais qualifié au cumul des scores (1-2, 3-2 au total) pour le tableau principal de la Ligue des champions. Les Nordistes n’ont presque pas existé dans une rencontre à sens unique, où ils sont passés tout proches d’être poussés en prolongation. Soulagés, le LOSC peut savourer.

Les joueurs lillois peuvent être soulagés, ils sont qualifiés pour la Ligue des champions.

Crédit: Getty Images

Lille est revenu de l’enfer. Un chemin de ronces tracé autour d’un rectangle vert baptisé Eden Arena, comme un signe. Maîtres des lieux, les joueurs du Slavia Prague ont assemblé tous les ingrédients pour faire craquer les Dogues (1-2, 3-2 au cumulé). Même sonnés, même menés, les Lillois ont tenu bon, comme dans la fournaise du Fenerbahçe, pour valider sa présence dans le tableau principal de la Ligue des champions, aux côtés du Paris Saint-Germain, de l’AS Monaco et du Stade brestois.
Le LOSC s’attendait à vivre un barrage retour mouvementé, battu par des vents violents, mais sans doute pas dans ces proportions. Agressés dans leur camp dès le coup d’envoi donné, les Lillois ont vécu un premier acte irrespirable, où chaque touche de balle semblait brûler les pieds nordistes. La formule était simple pour le Slavia Prague : exercer une pression énorme sur les visiteurs, avec l’aide d’un public aux accents rageurs, transcendé par l’enjeu.
Sonné, Lille a été cueilli d’entrée. Deux fautes grossières pour donner le ton, et le Slavia a asphyxié des Nordistes déboussolés, à l’image d’un Lucas Chevalier en grande difficulté sur ses dégagements au pied. Justement, moins de cinq minutes après le coup d’envoi, Lille a encaissé l’ouverture du score, à la suite d’un mauvais renvoi du portier des Dogues. Trop faciles, les Tchèques ont produit une action collective de haut vol, en une touche, au milieu de Lillois dépassés, trop loin du cuir.
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Hakon Arnar Haraldsson (Lille) and Christos Zafeiris (Slavia) in action during the UEFA Champions League

Crédit: Imago

A la finition, un Christos Zafeiris dans un grand soir, dynamique sur chacune de ses prises de balle, et véritable poison pour l’arrière-garde lilloise. Il manquera de peu le doublé, son coup-franc heurtant la barre peu avant la pause (40e), comme cette frappe enroulée à la 88e. "En première mi-temps, on a refusé de jouer, a regretté Thomas Meunier au micro de Canal +, une fois la qualification acquise. Je trouvais qu’on ne construisait pas par l’arrière, il y avait un manque de mouvement, d’agressivité. En face, une belle atmosphère, une équipe du Slavia qui a tout donné avec énormément de taille et d’impact physique. Ce n’était pas forcément facile à gérer. Je les ai trouvés beaucoup plus affutés qu’au match aller. Mais à 0-2, c’était à nous de gérer le match, et là on était un peu comme une victime consentante."

Souffrance et soulagement

Au-dessus sur le plan athlétique, quitte à flirter avec la ligne jaune, les joueurs du Slavia étaient animés d’intentions tranchantes. Survoltés, euphoriques, les Tchèques n’ont rien laissé, si ce n’est des miettes, aux Lillois, qui n’ont pas non plus brillé en transition. Il a fallu une action, une seule, pour sortir l’espace de quelques minutes de la torpeur ambiante. Des mouvements coordonnés, enfin, et un talent, celui d’Edon Zhegrova, qui s’exprime (77e). "Sur la seule action construite du match, on est parvenu à faire la différence, rappelle Meunier, à l’origine du but. Tout n’était pas mauvais mais c’était loin d’être un bon match de notre part."
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Lille se qualifie pour la Ligue des champions face au Slavia Prague

Crédit: Getty Images

Loin, très loin du visage affiché à l’aller, Lille a encaissé un deuxième but quelques minutes plus tard, avant de subir un siège étouffant devant sa surface, passant tout proche par deux fois du couperet de la prolongation. L’entreprise de démolition des Tchèques a échoué d’un rien, ce fil tendu qui a tenu pour la première fois en huit ans à ce stade pour un club français en Ligue des champions (depuis l’AS Monaco en 2016). Lille a survécu à un été agité, aux enceintes telluriques, à la moiteur assommante de Prague et sonne les cent clochers en regardant les étoiles. "C’est pas glorieux, il faut dire ce qui est, admet Meunier à Canal +. C’est même plutôt terrible. On va retenir la qualification. On va tout donner, j’espère un peu plus dans le vestiaire (pour la célébration) que sur le terrain." Si elle est à la hauteur de la souffrance endurée, la fête promet d’être belle.
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