Ligue des Nations - Lucas et Théo Hernandez enfin réunis en Bleu : "Jouer ensemble, ce serait très beau"

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LIGUE DES NATIONS - L'un est champion du monde avec les Bleus. L'autre est l'un des meilleurs joueurs du monde à son poste. Pourtant, Lucas et Théo Hernandez fêtent seulement leur première sélection commune en équipe de France. Se retrouveront-ils, aussi, sur le terrain ? Ils l'espèrent. Même s'ils sont prêts pour tous les scénarios.

Theo et Lucas Hernandez (France)

Crédit: Eurosport

À les écouter, on devine que l'un attendait ce moment avec un peu plus de fébrilité que l'autre. Jeudi dernier, sur les coups de 14 heures, Lucas et Théo Hernandez n'ont pas tout à fait vécu leur première convocation commune en équipe de France de la même manière. L'un, 28 sélections, champion du monde et cadre de Didier Deschamps, profitait de sa journée de repos pour s'offrir une partie de pêche, avec tout de même un œil sur le smartphone diffusant la conférence de presse du sélectionneur. L'autre, appelé pour la première fois en Bleu il y a tout juste un mois, patientait devant la télévision.
"Ma mère et mon grand-père m'ont appelé en pleurant, a raconté Théo Hernandez, ce mardi en conférence de presse. J'ai appelé Lucas, il était en train de ferrer un poisson..." Compte-tenu de son statut en équipe de France et de la régularité des performances de son frère avec l'AC Milan, Lucas Hernandez ne s'était pas affolé ; il savait que, tôt ou tard, il finirait par partager le vestiaire des Bleus avec son cadet. Mais le plus tôt serait le mieux. "En suivant la liste, j'ai vu mon nom parmi les défenseurs et pas celui de mon frère, a expliqué le joueur du Bayern Munich. Je me suis dit : 'C'est pour une autre fois.' Puis j'ai vu le nom de Théo apparaître parmi les milieux et j'ai été soulagé."

Concurrents ou titulaires ?

Pas besoin de les observer plus longtemps que la vingtaine de minutes qu'ils ont passée ensemble, ce mardi, en conférence de presse, pour déceler quelques-uns de leurs points communs et de leurs différences. Lucas, l'aîné et le plus expérimenté, est aussi le plus protecteur. "J'ai appelé Théo, je lui ai dit de faire attention à lui, de ne pas se blesser, a-t-il révélé, répondant à chaque fois en premier lorsque les questions des journalistes s'adressaient à la fratrie. Aujourd'hui, je suis là pour qu'il s'intègre pleinement et le plus rapidement possible."
Un peu plus réservé et moins loquace que son aîné, Théo partage en revanche le même état d'esprit. "Moi non plus, je n'aime pas perdre et comme Lucas, je ne suis pas bien quand je perds, a affirmé le Milanais. Tous les joueurs sont comme ça. Même si Lucas, c'est parfois un peu trop...". Lui ne manque pas une occasion de taquiner son frère. Qui le lui rend bien : "J'ai raté sa première convocation [il était blessé, NDLR], j'étais un peu déçu. Mais j'ai vu sa chanson [de son bizutage, NDLR] et ce n'était pas terrible."
En septembre dernier, déjà, le cadet avait chambré le plus âgé, lui passant un coup de fil pour le prévenir qu'il allait "lui enlever le poste". Finalement, un passage au 3-4-3 pourrait permettre à Didier Deschamps d'aligner les deux hommes. En club, Lucas a régulièrement occupé l'axe de la défense. "Ce sont les choix du coach, a rappelé le champion du monde. Je suis un compétiteur. S'il a besoin de moi comme latéral, je me donnerai à 100%. Et ce sera pareil en tant que défenseur central."
Habitués à la concurrence depuis leurs jeunes années à l'Atlético de Madrid, où ils ont été formés, les deux frères ne comptent pas se faire de cadeau sur le pré. "Sur le terrain, il n'y a pas d'amis", a martelé Théo. "On est frères mais sur le terrain, on est coéquipiers, a renchéri Lucas. Pour nous comme pour les autres joueurs, le plus important c'est la gagne. On est là pour tout donner. On ne sait pas qui va débuter mais rien ne nous empêchera d'être soudés et de se donner des conseils."
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Avec le 3-4-3, Deschamps a-t-il enfin trouvé son système ?

Video credit: Eurosport

C'est ce qu'ils ont toujours fait, d'une enfance difficile où ils ont exclusivement été élevés par leur mère, après que leur père a décidé de disparaître alors qu'ils avaient 6 et 8 ans, jusqu'à leur explosion au plus haut niveau, où la trajectoire de l'aîné fut bien plus linéaire. "On n'a pas eu une enfance facile, a admis Lucas. Mais c'est ce qui nous a fait lutter et continuer à travailler pour atteindre notre but." "On doit remercier notre mère car elle a toujours été là, s'est souvenu Théo. C'est elle qui nous emmenait à l'entraînement. On a dû bosser, chacun a fait sa vie. Et grâce à tout ça, on est ici ensemble."
La boucle est bouclée. Ou presque. "Étant petits, on rêvait de devenir pro, a glissé le Munichois. Mais atteindre les Bleus, c'était inimaginable. C'est exceptionnel." Mais pas encore une fin en soi. "Maintenant, il faut encore travailler pour jouer ensemble, a abondé Théo. Ce serait très beau aussi." Soulever un premier trophée ensemble avec le maillot bleu le serait encore plus. Ils ont deux matches pour y parvenir.
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