Ligue des nations - L'antisèche de France-Espagne (4-5) : Un petit but, mais des gros trous
Par Paul Citron
Mis à jour 06/06/2025 à 08:10 GMT+2
Pas si mal entrée dans sa demi-finale, l'équipe de France a vite laissé craindre le pire jeudi soir à Stuttgart. Elle s'est finalement rebellée pour n'être menée que d'un petit but par l'Espagne au coup de sifflet final (5-4), qui lui a infligé une véritable correction, sans savoir alors que ce serait à peine assez pour contenir l'entrée en jeu de Rayan Cherki à la 63e minute. Notre antisèche.
"Pas le souvenir d'avoir vu l'équipe de France mise en pièce à ce point"
Video credit: Eurosport
Le jeu : la catastrophe, puis la réaction
C'était un véritable calvaire que l'équipe de France traversait ce jeudi soir à Stuttgart, jusqu'au dernier quart d'heure. En début de match, les Bleus semblaient pourtant avoir compris la leçon de la demi-finale de l'Euro 2024, refusant de laisser le contrôle du ballon aux Espagnols dès le coup d'envoi. La première vingtaine de minutes a été assez disputée et cela a donc même paru sévère quand l'Espagne a ouvert le score dès la 22e minute.
À partir de là, en revanche, l'implacable machine rouge a pris confiance et a marqué, marqué, tant marqué que cela est devenu difficile à supporter. Dominée, voire très dominée, l'équipe de France l'a déjà été, pas plus tard que contre cette même Espagne à l'Euro l'an passé d'ailleurs. Mais la voir mise en boîte avec une telle désinvolture par la Roja relevait de l'humiliation. Pourtant, à l'heure des comptes, les Bleus n'accusent qu'un but de retard sur leurs adversaires, grâce à 15 dernières minutes étranges lors desquelles l'Espagne s'est liquéfiée alors qu'elle semblait en capacité de coller une correction historique à ces Bleus. Drôle de match !
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Deschamps : "On n'avait pas toutes nos forces"
Video credit: Eurosport
Les joueurs : kalulu et lenglet en pièces détachées
La gravité du score nuit forcément aux titulaires à l'heure du bilan, notamment sur la ligne arrière. Pierre Kalulu faisait sa grande première, Clément Lenglet son grand retour, et ils ont vécu un cauchemar, dépassés par leurs vis-à-vis Nico Williams et Mikel Oyarzabal. Ibrahima Konaté ne leur a pas non plus porté assistance... Ce naufrage, aussi véritable et profond soit-il, ne doit pas occulter la réaction des Bleus en fin de match qui leur a permis de revenir à un petit but d'écart. Loin d'avoir réalisé un très bon match, Kylian Mbappé a le mérite d'avoir trouvé la faille seul, et Rayan Cherki a montré en une demi-heure tout ce dont il était capable.
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Pierre Kalulu et Nico Williams à Stuttgart, le 5 juin 2025.
Crédit: Getty Images
Le facteur X : Rayan Cherki
C'était sa première à lui aussi et c'est invraisemblable d'avoir remis à flot l'équipe de France comme il l'a fait. Le Lyonnais est entré à la 63e minute, a encaissé le cinquième but sur le terrain quatre minutes plus tard, avant de signer une demi-heure de très haut niveau où tout son potentiel s'est exprimé. Son but est une pure merveille que peu de joueurs sont capables d'inscrire, sa passe pour Malo Gusto sur le troisième but a retourné la défense espagnole comme personne ne l'avait fait avant lui pendant le match, et son centre sur le quatrième est absolument parfait. C'est peu dire qu'on en redemande.
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"Ce que Cherki a apporté, c'est ce qui manque à l'équipe de France depuis des années"
Video credit: Eurosport
La stat’ : 56
Cela faisait 56 ans que la France n'avait plus encaissé cinq buts dans la même rencontre. C'était en 1969, le 12 mars, contre l'Angleterre. Roger Lemerre et Henri Michel étaient sur la pelouse côté bleu à l'époque, pendant que Gordon Banks gardait les cages anglaises...
La décla’ : Kylian Mbappé
"À chaud, je dirais qu'on a bien joué. On a eu des séquences de jeu qu'on n'a pas eues depuis longtemps. On a su garder le ballon, avoir une structure, réussir à se crier pas mal d'opportunités. Mais le problème, c'est qu'on a eu 10 minutes de trou en première période, 10 minutes de trou en deuxième période."
La question : Est-ce la pire prestation defensive de l'ère Deschamps ?
Tête sous l'eau jusqu'en fin de match, l'équipe de France a finalement marqué quatre buts et cela est à mettre à son crédit. Il n'en reste pas moins que lire le match sur l'unique base du minuscule écart au score ressemblerait à une erreur, car l'impression qui s'est dégagée pendant quelques minutes à Stuttgart ce jeudi soir, autour de l'heure de jeu, était celle d'une équipe en perdition absolue.
Il faut le rappeler d'entrée de jeu, l'attelage arrière de ces Bleus était expérimental, et cela s'est vite fait sentir face aux champions d'Europe en titre. Aligné dans le couloir droit, Pierre Kalulu a eu 20 minutes de répit, les 20 premières, avant d'être réduit à peau de chagrin par Nico Williams ; le contexte n'était pas favorable au joueur de la Juve, sa prestation l'est encore moins. Que dire alors de Clément Lenglet, lui-même surpris d'être rappelé en bleu avant le rassemblement... L'arrière central de l'Atlético de Madrid n'a rien pu couper, rien pu endiguer. Mikel Oyarzabal s'est amusé de sa présence et ne s'est pas gêné pour le faire sentir, à l'image du deuxième but espagnol où Lenglet sort à contretemps sur le joueur de la Real Sociedad, pour finalement se faire lober d'une passe qui sera décisive.
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Lamine Yamal marque contre la France, le 5 juin 2025.
Crédit: Getty Images
Les deux joueurs attendus au tournant face à l'une des meilleures sélections actuelles n'ont tout simplement pas répondu présent. Sauf que ce premier quart d'heure de la deuxième mi-temps n'était pas l'affaire de deux joueurs, mais de toute une équipe, dépassée collectivement par ce que la Roja avait à lui proposer. Tout a paru trop facile, bien trop facile pendant quelques minutes pour Lamine Yamal et ses compères, qui se sont baladés dans la surface tricolore comme dans une cour de récréation.
Kylian Mbappé a parlé de "10 minutes d'absence en première période" et de "10 minutes d'absence en seconde", elles coûtent cinq buts et c'est du jamais vu depuis plus d'un demi-siècle. Offensivement, les rouages de cette équipe de France ne sont pas huilés, mais cela ne date pas d'hier ; défensivement, elle n'avait pas dégagé une telle impression d'impuissance depuis des années. En tout cas, pas depuis que Didier Deschamps est aux commandes.
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"Pas le souvenir d'avoir vu l'équipe de France mise en pièce à ce point"
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