Ligue des nations | Pologne - Portugal : Diogo Costa, miraculeux à l'Euro, boudé ensuite

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Diogo Costa est toujours un joueur du FC Porto. Après une saison 2023/2024 réussie, et un Euro tout aussi consistant, le gardien de la sélection portugaise, qui affronte la Pologne ce samedi soir dans le cadre de la Ligue des Nations (20h45), n'a pas obtenu le transfert qui lui semblait promis. Pourtant représenté par Jorge Mendes, le portier de 25 ans a peut-être laissé passer le train.

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Dans un Euro 2024 qui a généré si peu de grands souvenirs, à l'exception du parcours espagnol, lui a sans doute réussi à ancrer un moment. C'était le 1er juillet dernier, en huitième de finale. Ce soir-là, Diogo Costa, le portier portugais avait réussi l'exploit de repousser trois tirs au but slovènes, quelques instants après une parade merveilleuse devant Benjamin Sesko, en prolongation. Ce soir-là, il avait changé de dimension. Pensait-on.
Mais après deux grandes compétitions internationales en tant que titulaire avec la Seleçao, après trois saisons pleines à Porto, Diogo Costa est toujours… à Porto. Et ce n'est pas faire injure, ni à lui ni à son club, que d'affirmer qu'il est une anomalie. En sélection portugaise, les joueurs qui ont son vécu, sa régularité, son âge et son statut ne s'attardent pas au pays. Ils sont, le plus souvent, acheminés vers les plus grands clubs européens via l'autoroute Gestifute, agence du puissant Jorge Mendes.

Doublé par Onana

Le portier de 25 ans est, comme la plupart des joueurs à la disposition de Roberto Martinez, représenté par le célèbre agent portugais. Agent qui, évidemment, n'avait pas attendu le miracle de "São Diogo" face à la Slovénie pour tenter de l'exfiltrer dans son championnat fétiche : la Premier League. L'année dernière, alors que Porto était encore ouvert à toutes les propositions, du moment qu'elles permettaient de renflouer des comptes criblés par les dettes, Mendes avait toqué aux portes de tous les grands clubs européens.
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Manchester United, devenu particulièrement accueillant ces dernières années, avait ouvert. Bonne nouvelle : le joueur apprécie beaucoup les Red Devils. "Pour moi, c'est la plus grande équipe d'Angleterre, admettait-il encore il y a quelques semaines, avant d'affronter l'écurie mancunienne en Ligue Europa. C'est un club spécial, que j'admire depuis que je suis enfant." Bingo ? Presque. Alors que des discussions avaient été entamées, la direction anglaise avait préféré débourser un peu plus de 50 millions d'euros pour s'offrir André Onana, que son entraîneur Erik Ten Hag avait côtoyé, longtemps, à l'Ajax.
La porte s'était alors refermée. Malgré un léger intérêt de Chelsea – qui s'est finalement offert Robert Sanchez - puis du Bayern Munich – pour assurer la succession de Manuel Neuer – Diogo Costa est resté "portista".  Il l'est donc toujours plus d'un an plus tard, malgré un Euro convaincant et quelques performances remarquées au haut niveau européen, notamment face à Arsenal la saison dernière. "Ce que je dis toujours est vrai : si je ne quitte jamais Porto, le club que j'aime et où j'ai appris à jouer au football, je serai un homme heureux, confiait-il en conférence de presse en début de mois. Mais vous savez déjà ce qu'est la vie d'un footballeur."

Une clause à 75 millions d'euros

Problème : sur le mercato, la vie d'un gardien de très haut niveau n'est pas tout à fait celle d'un joueur de champ. A ce poste, pour générer du mouvement, il faut un élément déclencheur. Qu'un grand club décide de renouveler sa cage, et entraîne ainsi un jeu de chaises musicales. En cela, Diogo Costa a sans doute laissé passer le train.
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Dès le début de l'été, André Villas-Boas, devenu président du FC Porto, avait rappelé que son joueur était "l'un des plus grands atouts du FC Porto" et que le club n'avait "aucun intérêt à se débarrasser de lui". Pour l'ancien entraîneur de l'Olympique de Marseille, pas question de dévaloriser ses meilleurs éléments, même pour une écurie exsangue. La direction des Dragons aurait sans doute apprécié qu'un club fasse sauter sa clause libératoire, fixée à 75 millions d'euros, ou qu'il propose un montant sensiblement supérieur à sa valorisation, estimée entre 40 et 45 millions d'euros.
Mais aujourd'hui, après une nette inflation sur le marché des gardiens atteinte avant la pandémie, notamment à cause du transfert record de Kepa Arrizabalaga à Chelsea pour 80 millions d'euros, la tendance est à un peu plus de retenue. Car les grands clubs anglais n'ont plus les mêmes besoins : Chelsea, avec Sanchez, et Arsenal, avec Raya, ont recruté des portiers dans la fleur de l'âge et mieux rodés tactiquement. À Manchester City, Ederson est toujours une référence et loin du déclin, à 31 ans. Tout comme Alisson (32 ans), à Liverpool, bien que sa fragilité physique ait poussé les Reds à recruter Giorgi Mamardashvili. Le Géorgien a, lui aussi, brillé à l'Euro. Mais lui a bien capitalisé dessus.
 
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