C'est l'histoire d’une compétition qui démarre dans l'obscurité la plus totale. A l'ombre des étoiles. La Gantoise, le Celtic, Cluj, la Lazio, Wolfsburg et Oleksandriia : Rennes et Saint-Etienne sont très loin de la grande Europe. La division deux du continent, voilà leur horizon du milieu de semaine mais c'est exactement là où est leur place.
N'y voyez aucune circonstance exceptionnelle, aucun phénomène conjoncturel : les deux clubs français sont structurellement et fondamentalement des clubs de Ligue Europa. Parce que l'un n'a plus joué la C1 depuis que la télévision a oublié le noir et blanc (ou presque) et l'autre n'y a jamais mis les pieds. Mais aussi parce que cet éternel plafond de verre ne les empêche pas de nourrir des ambitions.

Zlatan Ibrahimovic et Kevin Théophile-Catherine lors de Saint-Etienne - Manchester United en Ligue Europa en Ligue 1 le 22 février 2017

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Oui, Saint-Etienne et Rennes ont des ambitions. Des ambitions dans le recrutement, des ambitions que prouvent leurs résultats récents et une trajectoire ascendante. Sans les étoiles du PSG, sans les moyens de Lille, sans l'implacable savoir-faire de l'OL. Les deux clubs tracent leur chemin dans l'ombre en Ligue 1 et dans l'ombre en Europe. Aujourd'hui leur progression passe forcément par la Ligue Europa. Indépendamment de ce qu'ils ont montré depuis le début de saison, Rennais et Stéphanois ne sont pas programmés pour finir sur le podium de Ligue 1. La concurrence (PSG, OM, OL et même Monaco ou bientôt Nice) est, a priori, mieux armée et ne cesse de gonfler les muscles.

Rennes a eu le déclic, Saint-Etienne voit grand

La Ligue Europa ne peut pas être un bonus, pas pour eux. Ce n'est ni un lot de consolation, comme trop souvent, ni une opportunité à saisir. Et cela tombe plutôt bien puisqu'il n'a jamais été question pour eux, au contraire d'autres, de se pincer le nez à l'idée de sillonner l'Europe d'ouest en est le jeudi soir. Saint-Etienne, en habitué des lieux, entame sa sixième campagne en dix ans. Jusqu'ici, les Verts en sont à six défaites en trente matches. Quatre d'entre elles ont été essuyées face au futurs vainqueurs (Manchester United) ou finalistes (Dnipropetrovsk, Werder Brême) de l'édition. Les Verts n'ont jamais abordé une campagne européenne avec un effectif aussi riche. Tous les postes sont doublés et le recrutement (Bouanga, Boudebouz, Moukoudi, Cabaye, Aholou, Kolodziejczak, Trauco) matérialise les ambitions.

Clément Grenier et Rennes toujours dans le coup en Ligue Europa

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Les Bretons, eux, replongent avec l'idée que, désormais, tout est possible. Et ça change tout. La saison passée a durement éprouvé la thèse selon laquelle la lose colle aux basques des Rouge et Noir quoiqu'il se passe. Il y a d'abord eu l'épopée européenne et cet espoir insensé face à Arsenal. Et surtout cette victoire en Coupe de France qui a agi comme un ticket d'entrée pour la Ligue Europa mais surtout comme un immense déclic. Avec Julien Stephan, Rennes se redécouvre et ne se fixe plus de limites. Les investissements suivent et les Bretons ont signé la plus grosse recrue de leur histoire cet été (Raphinha).
A l'heure de démarrer leur campagne, les deux clubs français n'ont pas franchement d'autres horizons qu'une qualification dans des groupes tout à fait abordables. Saint-Etienne et Rennes ont l'occasion de grandir. De sortir de l'obscurité. S'offrir une petite virée dans le tableau final. Il en faudra plus pour s'inviter dans le grand bain. Mais pour l'instant, ils ne peuvent pas faire autrement que de s'en contenter.
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