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OM – Le plafond de leurs ambitions

Le plafond de leurs ambitions

Le 17/05/2018 à 12:00Mis à jour Le 17/05/2018 à 15:01

LIGUE EUROPA – Face l'Atlético Madrid (0-3), l'Olympique de Marseille a laissé filer une quatrième finale européenne en 27 ans. Au niveau durant une vingtaine de minutes, le club phocéen a pris la marée quand les événements se sont retournés contre lui. Les joueurs marseillais ont touché leurs limites. Pour aller plus haut, l'OM devra grandir et, surtout, aller chercher ce qu'il lui a manqué.

Perdre une finale revêt toujours une forme de cruauté. Qu'importe ce que dit le tableau d’affichage au moment où les guerriers sont appelés à déposer les armes. L'Olympique de Marseille qui, en bientôt trois décennies, a goûté à tous les types de revers sur les hauteurs du Vieux Continent, est parfaitement placé pour en témoigner. De Bari à Lyon, en passant par Moscou et Göteborg, le club phocéen a parfois gâché, ce fut le cas face à l'Etoile Rouge de Belgrade, et souvent plié parce qu'il était moins fort que son adversaire. On savait que Marseille n'était pas du calibre de l'Atlético. Bien avant le coup d'envoi. Les quatre-vingt-dix minutes ont transformé le pronostic en diagnostic.

Mercredi soir dans la capitale des Gaules, l'OM n'a pas eu tout faux. L'OM a juste eu tort de ne pas avoir raison très longtemps. On reviendra souvent sur l'occasion manquée de Valère Germain. Elle le suivra toute sa vie et, quand il essaiera de l'effacer de son logiciel mémoire, certains se chargeront de l'y remettre au cœur. Ça aussi, c'est cruel. Mais c'est la loi du genre : plus on monte, plus on risque de se faire mal en tombant. Zambo Anguissa, aussi, aura du mal à oublier un contrôle qui a poussé son club dans le trou alors que Marseille avait parfaitement joué le coup jusque-là, laissant imaginer qu'il était de taille à regarder l'Atlético Madrid dans le blanc des yeux.

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21 minutes + 600 secondes

A l'issue d'un match qui n'aura finalement duré que 21 minutes, voire 600 secondes de plus si on étire jusqu'à la blessure de Dimitri Payet, les Marseillais ne garderont pas un bon souvenir de leur crochet rhodanien. Pour autant, les acteurs de ce rendez-vous raté avec l'histoire n'avaient pas envie de jeter le bébé avec l'eau du bain, mercredi soir. Jacques-Henri Eyraud en tête. Arrivé le premier en zone mixte, le président olympien a eu ces mots : "Je suis immensément fier de ces garçons, de leurs valeurs, du travail qu'ils ont fourni pendant cette saison tellement longue". Son de cloche équivalent à celui qu'a fait tinter le boss du club, Frank McCourt : "Cette place en finale nous montre que l'OM est capable de grandes choses. Ce n'est que le début. Nous avons de grandes ambitions. Notre but est de construire sur le long terme et de faire de l'OM une équipe capable de remporter des titres chaque année en France et en Europe."

Du constat des deux bâtisseurs du nouvel OM, on retiendra deux choses : leur fierté, évidemment. Parce que, au moment de baisser le rideau sur l'exercice 2017/2018, il ne faudra pas oublier que Rudi Garcia a réussi à maximiser le potentiel d'une équipe que personne n'aurait imaginer jouer une finale européenne cette saison. On gardera aussi dans un coin de la tête ce qu'a dit McCourt au sujet des ambitions et d'une "équipe capable de remporter des titres chaque année", ce que cet Olympique de Marseille n'est pas encore.

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Des bosses sur le crâne

Parce que, l'autre versant de cette lourde défaite face à l'Atlético Madrid est apparu aux yeux de tous sur la pelouse du Groupama Stadium : cette équipe de l'OM a touché du doigt ses limites intrinsèques, mercredi. Collectivement et, surtout, individuellement. Pas faute d'avoir essayé, pourtant de les repousser. Mais à chaque fois que les Olympiens ont essayé de prendre de la hauteur, ils se sont invariablement cogné la tête à un plafond de verre qui a fini par avoir raison d'eux.

De Lucas Ocampos, dont l'envie et les intentions furent remarquables à défaut d'être efficaces, à Florian Thauvin, encore très léger quand l'OM a besoin de déplacer des montagnes, en passant par Valère Germain, qui ne fait pas le poids sur ces hauteurs, ou Jordan Amavi, Maxime Lopez, Zambo Anguissa et compagnie, tous ont fini avec des bosses sur le crâne à forcer de taper dans la toiture.

L'essentiel, voire l'indispensable, pour l'Olympique de Marseille est d'en être conscient. Si certains de ces joueurs sont assez jeunes pour grandir et bientôt porter les ambitions nationales et continentales phocéennes, d'autres ont exposé leurs insuffisances, ce qui appellera, invariablement, les dirigeants olympiens à taper de plus en plus fort sur le marché des transferts. C'est la loi du genre.

On ne va pas à la guerre - surtout face aux armées de Diego Simeone - avec des pistolets à eau, disait il y a quelques mois un entraîneur à gouaille de L1. Il n'avait pas tort. Et même s'il ne parlait pas de l'OM, il a parfaitement résumé l'idée de cette finale. Marseille, qui a connu un coup d'accélérateur autant inattendu que bienvenu en ce printemps, doit désormais briser le plafond dont se sont rapprochées les têtes phocéennes. Seule solution pour grimper à l'étage au-dessus. Et enfin, un jour, briser ce qui va finir par ressembler à une malédiction sur le front européen.

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