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Sébastien Haller, la progression constante
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Publié 02/05/2019 à 01:02 GMT+2
Sébastien Haller s'apprête à affronter Chelsea en demi-finale aller de la Ligue Europa, jeudi soir, avec l'Eintracht Francfort. L'attaquant français, formé à Auxerre, avait choisi l'exil aux Pays-Bas il y a quatre ans pour booster sa carrière. Un choix, avec le recul, qui s'est avéré judicieux.
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Le mois de mai pourrait être fantastique pour l'Eintracht Francfort et son attaquant Sébastien Haller. Le club allemand, actuellement quatrième de Bundesliga, est, à trois journées de la fin, virtuellement qualifié pour la phase de groupe de la Ligue des champions 2019-2020. Et il pourrait aussi accéder à la finale de la Ligue Europa, à condition d'éliminer Chelsea, considéré comme le favori de la C3. Dans les deux cas, l'attaquant français aura pris une part (très) active des Aigles, déjà vainqueurs de la Coupe d'Allemagne il y a un an : il a déjà inscrit quatorze buts en championnat et cinq en Ligue Europa.
Peu utilisé à Auxerre
Il y a un peu plus de quatre ans, pourtant, Haller (24 ans), né à Ris-Orangis d'un père français et d'une mère ivoirienne, était encore un joueur de Ligue 2 au quotidien maussade et à l'avenir incertain. Son club formateur, l'AJ Auxerre, ne lui accordait en effet qu'une confiance toute relative. "Les entraîneurs qui l'ont dirigé (Jean-Guy Wallemme, Bernard Casoni et Jean-Luc Vannuchi, ndlr) ne lui accordaient pas un gros temps de jeu. Il jouait souvent des bouts de match. Une situation à laquelle il n'était pas habitué", se souvient Thomas Monconduit, le milieu de terrain d'Amiens et qui fût son coéquipier dans l'Yonne. "Dans les équipes de jeunes, il était souvent surclassé. Et avec l'équipe réserve, c'était un joueur efficace. Mais je crois que la situation de l'AJA n'était pas forcément favorable aux jeunes joueurs. Le club était en Ligue 2, il y avait une attente des supporters qui voulaient retrouver la L1, et les dirigeants de l'époque, avec cette pression, misaient moins sur les jeunes."
A Auxerre, où il était arrivé à l'âge de 13 ans en provenance de Brétigny Foot, Haller, passé professionnel en 2011, dispute au total une cinquantaine de matches de L2 et inscrit six buts. Insuffisant, à ses yeux, au moment où une offre de prêt, formulée par le FC Utrecht (Pays-Bas) atterrit sur le bureau des dirigeants bourguignons. "Quand je l'ai appris, je ne savais pas trop quoi penser du choix de Sébastien d'aller aux Pays-Bas. Partir dans un championnat étranger, à 20 ans, c'est un risque. Mais le championnat néerlandais est réputé pour être tourné vers le jeu offensif. Et Seb, c'est un attaquant puissant, bon techniquement alors qu'il est grand et costaud. De plus, Utrecht est un bon club, et avec le recul, on comprend qu'il a pris la bonne décision. Car s'il était resté à Auxerre, il serait peut-être encore aujourd'hui un joueur de L2", ajoute Monconduit.
A Utrecht avec ten Hag
A Utrecht, qui lève rapidement l'option d'achat, Haller s'acclimate vite et marque 11 buts lors de ses six premiers mois au Plat pays. "Il a rapidement joué, car l'entraîneur de l'époque (Rob Alflen, ndlr) lui a tout de suite fait confiance", intervient le milieu de terrain français Edouard Duplan, qui a évolué avec son compatriote à Utrecht, avant de partir pour ADO La Haye. "Sébastien était à l'aise dans ce championnat. Puis le club a changé de coach, en faisant venir Erik ten Hag, et le jeu qu'il a imposé convenait parfaitement à Haller", poursuit l'actuel joueur du Sparta Rotterdam. Le futur entraîneur de l'Ajax Amsterdam, revenu du Bayern Munich, où il dirigeant l'équipe réserve, fait d'Utrecht une des équipes les plus offensives de l'Eredivisie. Ten Hag demande à ses joueurs de presser haut, de récupérer vite le ballon et à ses attaquants de se sentir toujours plus concernés par le jeu. Avec lui, Haller franchit un cap et ses statistiques (17 buts en championnat en 2015-2016) s'en ressentent. La saison suivante, le Français marque moins (13 buts), alors que son entraîneur a rejoint l'Ajax en décembre 2017, pour un remplacer un Marcel Keizern éreinté par les critiques.
Francfort, un cap supplémentaire
Les quarante-et-un buts qu'il a inscrits en trente mois en Eredivisie attirent l'attention de l'Eintracht Francfort. Les Allemands n'hésitent pas à débourser 6 M€ pour attirer l'ancien Auxerrois sur les rives du Main. "Un choix de carrière encore une fois intelligent", intervient Ludovic Batelli, l'ancien sélectionneur des moins de 20 ans français et qui avait plusieurs fois convoqué Haller. "Les Pays-Bas d'abord, où il a eu du temps de jeu, où il a marqué des buts, l'Allemagne ensuite, dans un bon club, où il confirme : il continue de progresser, alors qu'il a encore une marge. Haller, c'est un attaquant qui présente plusieurs caractéristiques intéressantes : il est très attiré par le but, n'a pas besoin de beaucoup d'occasions pour marquer, c'est un bon point d'appui et comme il est athlétique, il pèse sur les défenses."
L'Equipe de France, son objectif
Son exposition dans le championnat allemand, et la réussite qui escorte ses prestations, font d'Haller un attaquant forcément convoité. "Il marque des buts en Bundesliga (9 en 2017-2018, 14 cette saison), en Ligue Europa, et à mes yeux, il est un candidat à une sélection en Equipe de France", reprend Thomas Monconduit. Approché il y a plusieurs mois par la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Haller a donné sa préférence aux Bleus, lui qui a fréquenté toutes les sélections françaises de jeunes (moins de 17, 18, 19, 20 ans et Espoirs). "Il y a la concurrence, et notamment celle d'Olivier Giroud (meilleur buteur de la Ligue Europa avec 10 buts sous les couleurs de Chelsea, ndlr), qui présente un peu le même profil que lui, mais son heure viendra, j'en suis certain", poursuit l'Amiénois. La rencontre à distance de jeudi soir entre les deux français sera forcément observée dans l'Hexagone…
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