Ce n'est pas un adversaire comme les autres. Ce jeudi en Ligue Europa, le Stade Rennais dispute une confrontation très symbolique contre le Dynamo Kiev. Et évidemment, le contexte terrible qui touche l'Ukraine est au cœur de toutes les pensées. Alors que l'invasion par la Russie débutée fin février se poursuit, affronter le club la capitale ukrainienne n'a rien d'anodin. Et interroge sur l'état de la formation de Kiev avant ce rendez-vous.
Le Dynamo a progressivement retrouvé son quotidien avec le redémarrage de son championnat national. En plus de sa campagne dans les qualifications pour la Ligue des champions et ses deux sorties en Ligue Europa (ndlr : deux revers), la formation de Mircea Lucescu a joué quatre matches de championnat. Car la Premier Liga ukrainienne parvient pour le moment à se dérouler. "La majorité des matches se sont disputés sans aucun incident", nous raconte Andrew Todos, fondateur du site spécialisé Zorya Londons sur le football ukrainien.
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Des sirènes en raison de raids aériens avant et pendant le match
Cependant, la guerre rend évidemment cet opus du championnat domestique singulier. La menace n'étant jamais bien loin. "Lors du match entre Rukh et Metalist à Lviv pour le compte de la première journée, il y a eu quatre fois des sirènes en raison de raids aériens avant et pendant le match, nous explique le journaliste spécialisé sur le football en Ukraine. Il a donc fallu 4h30 pour que le match se termine, toutes les équipes et les médias devant se rendre dans les abris anti-aériens chaque fois qu'une sirène se déclenchait. Quelques autres matches ont également été interrompus temporairement ou les coups d'envoi ont été retardés. Cependant, aucune attaque ou frappe de missiles n'a heureusement eu lieu à proximité des stades".
Dans cette atmosphère pesante, le Dynamo Kiev tente de faire au mieux. Mais son début de saison est poussif si on se limite au domaine sportif. Sur la scène européenne où le club a perdu ses deux premiers matches de Ligue Europa mais aussi en championnat avec deux revers en quatre rencontres. Et ce n'est pas forcément lié au fait que le Dynamo a perdu des éléments alors que la FIFA a donné la possibilité pour les joueurs et entraîneurs étrangers évoluant en Ukraine et en Russie, de signer des contrats ailleurs jusqu'au 30 juin 2023. "Kiev a vu quelques joueurs étrangers s'en aller comme Benjamin Verbic, Carlos De Pena, Eric Ramirez ou encore Vitinho, constate Andrew Todos. Cependant, on ne peut pas vraiment qualifier ces pertes de préjudiciables. La majorité de l'effectif était déjà ukrainien et le Dynamo a pu en conserver son noyau dur." Contrairement par exemple au Shakhtar Donetsk, qui est méconnaissable sans ses Brésiliens.
Moins d'intérêt pour le football de club étant donné le contexte actuel
Pour Mircea Lucescu, ce début de saison compliqué s'explique en fait plus par le contexte. Et les contraintes imposées au Dynamo, obligé de se déplacer en Ukraine mais aussi hors d'Ukraine tous les trois jours. A ses yeux, cela a un impact sur le plan psychologique et physique de ses protégés alors que la formation du Dynamo doit disputer ces rencontres "à domicile" sur la scène européenne en Pologne en raison de la guerre. "Le mois dernier, le Dynamo a perdu deux joueurs clefs, Mykola Shaparenko et Georgiy Bushchan, qui se sont blessés. Or, Shaparenko est sans doute le meilleur joueur de l'équipe, grâce à son impact sur la création du jeu, sur la gestion du tempo et le contrôle du ballon. Sans lui, le Dynamo manque d'inspiration", remarque de son côté le fondateur de Zorya Londons.
Alors que les deux clubs s'étaient croisés dans la même compétition en 2018-2019 - avec à la clef deux victoires du Dynamo (3-1 et 2-1) -, le Stade Rennais va donc retrouver des Ukrainiens diminués. Mais à l'image du geste fait par le club breton qui a offert 200 places à des réfugiés ukrainiens pour ce match selon L'Equipe, cette rencontre ne peut pas être résumée à un enjeu uniquement sportif.
Même si cette campagne européenne du club de la capitale ukrainienne ne déchaîne pas les passions. "Le Dynamo Kiev reste l'un des clubs les plus populaires d'Ukraine, sinon le plus populaire. Cependant, comparé à l'équipe nationale par exemple, il y a beaucoup moins d'intérêt pour le football de club dans son ensemble étant donné le contexte actuel de guerre, nous confirme Andrew Todos. Et comme les résultats ne sont pas au rendez-vous, on peut dire que ses performances ont été légèrement moins inspirantes que celles du Shakhtar par exemple."
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