Qu'Hugo Lloris devienne le gardien et capitaine de l'équipe de France n'était pas écrit : fils aîné d'une famille "tennis" installée sur les hauteurs bourgeoises de Nice, d'un père banquier à Monaco et d'une mère avocate trop tôt disparue, il a d'abord tapé la petite balle jaune. Clin d'oeil du destin, il a usé ses premières raquettes non loin d'un célèbre fabricant de vignettes de footballeurs, du siège de l'OGC Nice et du futur Allianz Riviera où la France joue contre l'Italie vendredi soir, en match de préparation à la Coupe du monde.
"Je l'ai vu dans le groupe des débutants une fois par semaine et le week-end, il accompagnait ses parents et jouait avec les autres gamins, notamment au foot. Il avait des qualités, de l'adresse et une grosse envie de progresser", se rappelle le tennisman Bruno Rafaitin qui l'a retrouvé "toujours très sympa et patient avec les fans", l'été passé, lors d'une partie à la fraîche. Les prestations enfantines du futur gardien de Tottenham, dans des petites cages au Tennis Club des Combes, ne sont pas passées inaperçues.
"Un ami qui tenait le club-house m'en a parlé. Un jour, je l'ai vu arriver sur le terrain annexe du Ray (l'ancien stade de Nice). Habillé en gardien de but, les gants à la main : 'bonjour M. Régis Bruneton, je m'appelle Hugo Lloris, je viens jouer dans le but'. Au bout d'un quart d'heure de test, mon collègue m'a dit: 'ce petit est un phénomène, il a des réflexes incroyables'', raconte Régis Bruneton, ancien milieu de terrain de l'OGC Nice, l'OM et du TFC, reconverti dans la préformation au CEDAC Cimiez, le petit club amateur où Lloris a démarré.
Matches amicaux
Un choc, quand même
31/05/2018 À 20:56

Lloris, sous les couleurs de l'OGCN, en 2006/2007

Crédit: Imago

Un petit côté tête brûlée

"Il a pris une licence ce jour-là et a joué chez nous, des débutants aux benjamins. Sur le stabilisé, il plongeait sans se préoccuper de ses coudes râpés. Un jour à l'entraînement, il a heurté le montant. Il m'a dit : 'tu vois, je me suis ouvert l'arcade, mais tu n'as pas marqué'. Une saison, il avait même inscrit cinq ou six buts. Il s'accrochait toujours", poursuit Bruneton, en évoquant un "gamin poli, reconnaissant et doué."
Alain Wathelet, désormais patron du centre de formation des Aiglons, se souvient de la saison 2003-2004. Celle qui a vu l'équipe des moins de 18 ans, dont Lloris faisait partie, remporter le championnat. "Hugo n'a concédé que 11 buts en 28 journées de championnat. Une seule explication lui suffisait. Il était parfois un peu têtu sur certains trucs mais c'était l'expression d'une force de caractère. On ne l'entendait pas dans le vestiaire mais, quand il parlait, sa génération l'écoutait. Il y avait pourtant de sacrées personnalités dans ce groupe".
Bac S en poche, Lloris a poursuivi son ascension avec sa première titularisation en Ligue 1, à Nice en 2006, sous les ordres de Frédéric Antonetti. Puis il y a eu Lyon et Tottenham, mais sans jamais oublier son passé.
On parle quand même d'un joueur qui se rapproche des 100 sélections, et qui va renforcer encore plus sa position, comme un dinosaure, au poste et en sélection nationale
En 2010, après le naufrage de Knysna au Mondial en Afrique du Sud, il avait fait don de sa prime (100.000 euros) au CEDAC Cimiez pour que son club d'enfance transforme un parking en terrain de foot et qu'il habille tous ses footballeurs en herbe. Lors d'un de ses passages sur la Côte d'Azur, Lloris avait inauguré l'aire de jeu et rencontré la grosse centaine de ses possibles successeurs dans les rangs du club amateur.
A Nice, des courts de tennis des Combes à son ancien lycée Thierry Maulnier, on le décrit encore comme un "pitchoun" du coin, un garçon "gentil, dynamique, adroit, parfois têtu, doué et volontaire". Chez les Bleus, l'entraîneur des gardiens, Franck Raviot, décrit Lloris comme l'un des "tout meilleurs gardiens mondiaux. On parle quand même d'un joueur qui se rapproche des 100 sélections, et qui va renforcer encore plus sa position, comme un dinosaure, au poste et en sélection nationale".
Face à l'Italie, le capitaine français s'attend bien sûr à jouer devant "sa famille et ses amis" au stade. "C'est toujours un moment important sur le plan personnel de revenir à Nice, d'autant plus que j'ai moins l'occasion d'y revenir depuis que je suis en Angleterre".

La joie d'Hugo Lloris contre Manchester United.

Crédit: Getty Images

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